Selon un expert, seulement de 1 à2 % des quelque 46 milliards de barils présents dans l'île sont récupérables.

Pétrole à Anticosti: le maire fait confiance au gouvernement

Ravi de l'intention du gouvernement du Québec d'investir 115 millions $ pour l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, le maire de l'endroit est convaincu que Québec déposera une loi visant à encadrer l'exploration des hydrocarbures.
«C'est quelque chose qu'on demandait, qu'il y ait un encadrement très strict par rapport à l'exploration et, éventuellement à l'exploitation, souligne Jean-François Boudreault. Ce que je trouve intéressant dans l'annonce, c'est qu'on va encadrer, j'ose croire, les normes en matière d'eau potable, d'aquifères et autres. Même si on a donné notre appui à l'exploration, on veut pas polluer notre environnement. On veut développer sainement, même si c'est une industrie lourde.»
Pour l'élu, c'est une bonne nouvelle pour Anticosti. «Le gouvernement reprend possession de ses richesses naturelles», estime-t-il.
Par contre, le groupe Non au pétrole au Québec considère cette annonce comme étant «une catastrophe monumentale». «C'est un danger pour l'île, s'insurge la porte-parole du groupe, Marie-Hélène Parant. La géologie de l'île est très fragile, très friable. Le saumon est sur le point d'être en voie de disparition.»
Selon l'écologiste, trois puits ont été installés en 2010 par Pétrolia sur l'île, tout près de la rivière. «Ils ont été laissés à découvert pendant des années, déplore Mme Parant. Ça a débordé au printemps et l'eau qui a été analysée contenait des métaux lourds et de la radioactivité. Il y avait des fuites de gaz. On voyait des bulles. Il y a suffisamment d'études aux États-Unis pour démontrer combien c'est nocif pour la santé. Le gouvernement veut faire l'indépendance du Québec sur le dos de la mort?»
En 2011, le groupe a déposé, devant l'Assemblée nationale, une pétition contenant 128 000 signatures s'opposant au pétrole et au gaz au Québec. Une autre visant spécifiquement à sauver Anticosti de l'exploration et de l'exploitation pétrolières est toujours active. Jeudi soir, à peine quatre heures après l'annonce du gouvernement Marois, elle avait fait un bond de 1000 signatures, pour passer à 27 227 noms.