Parmi les arguments en faveur de la reconnaissance du fjord par l'Unesco, le document cite son caractère unique - en raison de sa longueur - et historique.

Patrimoine mondial de l'Unesco: le fjord du Saguenay en lice

Une première étape a été franchie mercredi afin de faire inscrire le fjord du Saguenay sur la prestigieuse liste du Patrimoine mondial de l'Unesco.
Une étude réalisée par un professeur émérite de l'Université du Québec à Chicoutimi, le docteur Jules Dufour, et dévoilée mercredi révèle que le fjord du Saguenay a le potentiel requis pour être inscrit aux côtés des Pyramides d'Égypte, du Taj Mahal en Inde ou de la Grande Barrière d'Australie sur la liste du Patrimoine mondial de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).
C'est le député bloquiste de Chicoutimi-Le Fjord, Robert Bouchard, qui avait demandé la réalisation de ce rapport. «L'étude conclut qu'il y a beaucoup d'arguments qui militent pour que le fjord du Saguenay devienne un site reconnu par l'Unesco», s'est réjoui M. Bouchard, qui a présenté le document aux côtés du député bloquiste de Montmorency - Charlevoix - Haute-Côte-Nord, Michel Guimond.
Cette reconnaissance symbolique apporterait des retombées positives non seulement dans la région du Saguenay, mais également dans celle de Charlevoix, ont souligné les députés bloquistes. Ils y voient notamment une occasion de développement économique.
«Cela amènerait une reconnaissance mondiale et on sait qu'au point de vue touristique, il y a beaucoup de gens sur la planète qui courent ces sites reconnus par l'Unesco», a expliqué M. Bouchard, qui n'avait cependant pas encore chiffré l'impact économique potentiel sur sa région.
Cela susciterait également un sentiment de fierté et d'appartenance chez les habitants de ces régions qui les inciterait à protéger davantage leur environnement, croient les deux députés.
Parmi les arguments en faveur de la reconnaissance du fjord par l'Unesco, le document cite son caractère unique - en raison de sa longueur - et historique. «Une civilisation a navigué sur le fjord il y a plus de 5000 ans. Et de manière plus contemporaine, dans les années 1600, il y a eu cette rencontre entre les Européens et les Améridiens», a rappelé M. Bouchard, soulignant qu'un traité y aurait même été signé.
En plus d'être reconnu comme site unique et protégé par Ottawa et Québec, «la rencontre entre l'eau douce et l'eau salée produit des particularités au niveau de la faune et de la flore exceptionnelles à l'échelle planétaire», a vanté Robert Bouchard.
Finalement, selon le rapport, cela permettrait à la province de Québec d'être représentée sur la liste indicative canadienne du Patrimoine mondial, à laquelle elle ne figure pas depuis 2004. Cette liste ne sera revisitée qu'en 2014 par Parcs Canada, qui soumettra à son tour ses élus à l'organisme des Nations unies.
Sept ans auraient été nécessaires pour que le Parc national de Miguasha, en Gaspésie, soit désigné patrimoine mondial de l'Unesco.