La contribution du logiciel du Québécois Greg Sadetsky a été cruciale dans la coordination des efforts de la Garde côtière américaine pour évacuer des centaines de victimes de l'ouragan Harvey.

Ouragan Harvey: coup de main québécois pour la Garde côtière américaine

Pour avoir développé de façon bénévole un programme de cartographie Web qui a permis de secourir 1700 victimes de l'ouragan Harvey, au Texas, un diplômé en biophotonique de l'Université Laval, Greg Sadetsky, a reçu cette semaine les remerciements de la Garde côtière américaine.
Le commandant James Spitler de la base aérienne de Houston a en effet salué dans une lettre la «contribution incroyable» de M. Sadetsky aux efforts de la Garde côtière américaine après le passage de l'ouragan Harvey.
«Le logiciel sur mesure que vous avez développé a été utilisé pour coordonner plus de 700 sorties d'aéronefs qui ont permis l'évacuation sécuritaire de plus de 1700 personnes qui avaient un très grand besoin d'aide», indique le commandant Spitler dans une lettre adressée au programmeur montréalais.
L'officier explique qu'au départ, son groupe d'opérations aériennes avait de la difficulté à bien gérer l'importante quantité de données acheminées au poste de commandement et qu'il était «la personne parfaite pour nous aider dans cette situation».
«En quelques heures, votre travail a donné à mes pilotes un produit qui a carrément changé la donne», ajoute le commandant Spitler, citant les situations où la contribution du logiciel québécois avait été cruciale.
«Évacuation de personnes captives de leurs résidences en raison de la crue des eaux, transport urgent de femmes sur le point d'accoucher, transfert de patients dans un état critique entre hôpitaux, évacuation médicale de victimes de brûlures et livraison de sang aux hôpitaux en manque de ressources. Votre travail bénévole a permis à mes équipes aériennes d'aider rapidement et efficacement des centaines de personnes qui vivaient la pire journée de leur vie», conclut-il.
Greg Sadetsky avoue qu'il a été un peu surpris de recevoir cette lettre qui l'a énormément ému. «J'ai toujours de la difficulté à croire que j'ai aidé à ce point parce que je n'étais pas sur place, mais quand on aide ceux qui aident, ça a un effet de levier», résume-t-il bien humblement en entrevue téléphonique avec Le Soleil.
Cartographie web
L'épopée abracadabrante qui a mené le programmeur à collaborer à distance avec la Garde côtière avait débuté alors qu'il faisait partie d'un groupe qui travaillait, sur le réseau social Facebook, à trouver des façons d'aider les sinistrés de Harvey.
«Comme l'une de mes spécialités est la cartographie web, j'ai créé une carte qui permettait de voir d'où provenaient les appels à l'aide. Un pilote de la Garde côtière, le lieutenant Nathan Shakespeare, est tombé sur cette carte et m'a contacté en me suggérant des éléments à y ajouter», explique M. Sadetsky.
Le lieutenant Shakespeare lui a demandé de l'aider et le programmeur s'est retrouvé à travailler durant cinq jours en collaboration directe avec la Garde côtière. «Ils me faisaient modifier le logiciel selon leurs requêtes et, en fin de compte, ils ont obtenu un logiciel qui répondait parfaitement à leurs besoins.»
Pour faire suite aux demandes de la Garde côtière, Greg Sadetsky a entre autres ajouté au logiciel de départ une liste des hôpitaux, une liste des zones au-dessus desquelles les hélicoptères ne pouvaient pas aller en raison des dangers d'explosion et une liste des hélicoptères dans les airs avec les missions qu'ils devaient accomplir.
«Tout ça leur permettait de mieux voir d'où provenaient les appels à l'aide et où les ressources étaient envoyées», explique celui qui avait déjà réalisé, en 2005, une carte semblable pour la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) avec l'entreprise de Québec pour laquelle il travaillait à l'époque, le Groupe Poly9.
«On était allés sur le site de la SOPFEU pour se rendre compte que leurs cartes étaient très difficiles à comprendre. On s'était dit que ces gens faisaient un travail incroyable et risquaient leur vie et on avait décidé de leur donner un coup de pouce avec la techno. Cette collaboration m'a rappelé cette expérience», conclut-il.