Souhaitant visiblement couper court aux probables critiques, le maire de Québec, Régis Labeaume, a répété plusieurs fois mercredi que la Ville faisait tout en son pouvoir pour gérer de manière efficace le déneigement de ses rues et de ses trottoirs, ayant accumulé quelque 50 centimètres de neige en trois jours.

«On peut pas faire de miracle» avec le déneigement, dit Labeaume

«On ménage pas sur l'argent, [...] c'est temps supplémentaire tant qu'il y en a besoin, mais à un moment donné, on peut pas faire de miracles non plus.»
Souhaitant visiblement couper court aux probables critiques, le maire de Québec, Régis Labeaume, a répété plusieurs fois mercredi que la Ville faisait tout en son pouvoir pour gérer efficacement le déneigement de ses rues et de ses trottoirs, ayant accumulé quelque 50 centimètres de neige en trois jours, dont 30 dans la seule journée de mercredi.
«La machinerie travaille, tout le monde qui est disponible travaille. Mais qu'est-ce que tu veux, ça n'a pas de bon sens ce qu'on vit là. Un mètre de neige, 60 millimètres de pluie en 10 jours, ça marche pas!» a lancé le maire lors d'un point de presse à l'hôtel de ville. «Je comprends que les gens sont désespérés, je le suis autant qu'eux autres.»
«Il y en aura pas l'été prochain, mais probablement l'autre été [en 2017]», a dit le maire de Québec en qualifiant les camions-restaurants «d'incontournables».
Il précise que la situation est particulièrement difficile à cause des cocktails météo de pluie et de neige qui ont frappé la région à plusieurs reprises au cours des dernières semaines. «On essaie de prendre le dessus, mais c'est compliqué actuellement. On va prendre le dessus sur cette tempête-là. [...] Le problème, c'est qu'il y a encore de la glace sur les rues, il y a encore de la glace sur les trottoirs.»
«On a le pied au plancher présentement. On fait tout ce qu'on peut, mais il faut que les gens comprennent que de la pluie, moins 21, de la pluie, moins 21, c'est la pire affaire qui peut arriver. Et ça s'accumule à tous les jours.»
M. Labeaume explique qu'en circonstances normales, quatre jours sont nécessaires pour déneiger complètement les rues et les trottoirs de la ville après une bordée de 30 centimètres. 
Donc, comme le mentionnait en début de semaine au Soleil David O'Brien, porte-parole à la Ville de Québec, il est fort probable que les opérations de déneigement se prolongent à tout le moins jusqu'à jeudi soir inclusivement.
«La plus grosse tempête de l'année»
La région a reçu un total de 25 à 30 centimètres de neige entre la nuit de mardi et la fin de la journée de mercredi, devenant ainsi «la plus grosse tempête de l'année» pour Québec, confirme Julie Deshaies, météorologue chez Environnement Canada. De quoi faire le bonheur des amateurs de sports d'hiver, et faire peur aux automobilistes qui ont dû prendre la route mercredi.
Au total, la Sûreté du Québec recensait mercredi soir une soixantaine d'accidents en lien avec la tempête, alors que le Service de police de la Ville de Québec en comptait 41. Les autoroutes 20, entre Lévis et Rivière-du-Loup, et 132 ont quant à elles été rouvertes à la circulation durant l'après-midi après avoir été fermées pendant une bonne partie de la journée pour cause de blizzard.
Selon Julie Deshaies, les forts vents ont joué pour beaucoup dans ces conditions routières difficiles. Des rafales allant jusqu'à 94 km/h ont été enregistrées à Québec, notamment près du littoral et sur l'île d'Orléans.
Mme Deshaies affirme par ailleurs que les prochains jours constitueront une «période relativement calme» durant laquelle rien ne devrait nous tomber sur la tête. «Ça va rester des conditions relativement clémentes.»
Clémentes, sauf pour les matinées de jeudi et de vendredi, durant lesquelles on prévoit des températures ressenties pouvant aller jusqu'à - 34 °C. Mais consolez-vous, le mercure remontera près des normales de saison juste à temps pour la fin de semaine. Tout pour terminer la semaine de relâche en beauté! Avec Valérie Gaudreau
L'Université Laval fermée une première fois en huit ans
Le blizzard de mercredi matin était tellement intense qu'il a forcé l'Université Laval à fermer ses portes, une première en huit ans. 
«En principe, on ne ferme jamais. Il faut vraiment qu'il y ait de bonnes précipitations, au moins 30 centimètres de neige et de la visibilité nulle», explique la porte-parole Andrée-Anne Stewart.
Comme ces conditions étaient réunies et que le Réseau de transport de la capitale (RTC) accusait du retard, l'établissement a pris la décision de suspendre tous ses cours, examens, colloques, camps de jour et activités sportives. La plupart des étudiants étaient toutefois déjà en semaine de lecture. 
La dernière fois que l'Université Laval a fermé ses portes, c'était le 9 mars 2008. Cet hiver-là, alors que Québec avait connu des précipitations de neige record, l'université avait fermé trois fois en décembre 2007 et deux fois en mars 2008. Une année exceptionnelle.
Tous les cégeps et collèges de la région de Québec ont également fermé leurs portes mercredi. Un deuxième congé cette semaine pour les étudiants, après celui de la tempête de lundi. 
En semaine de relâche, il était déjà prévu que les élèves des écoles primaires et secondaires restent à la maison. Tout de même, les commissions scolaires des Découvreurs, de la Capitale et des Premières-Seigneuries ont décidé de fermer tous leurs centres de formation professionnelle et leurs services de garde. Un seul service de garde est resté ouvert à la commission scolaire des Navigateurs. Plusieurs garderies et centres de la petite enfance ont également suspendu leurs activités.
Avec Valérie Gaudreau et Patricia Cloutier