Après avoir vu cette photo des plaignants, la vice-présidente d'Arrimage du St-Laurent, Johanne Lapointe, a fourni cette explication au Soleil: «La poussière, c'est du sable qui vient de la plage» de la baie de Beauport.

Nuage de poussière: Arrimage du St-Laurent empêche une inspection

Des employés d'Arrimage du St-Laurent (ASL) ont empêché une inspectrice du ministère de l'Environnement de vérifier la présence d'un nuage de poussière au port de Québec mardi soir, a appris Le Soleil.
Alertée par deux citoyens, qui ont fourni des photographies prises de Lévis en appui de leur plainte, une intervenante d'Urgence-Environnement a cherché à obtenir un accès aux quais 50 à 53 vers 20h30, soit environ deux heures après les faits allégués. Cela lui a été refusé sous prétexte qu'elle devait d'abord annoncer sa visite et que «rien de grave» ne s'était produit, affirme-t-on au cabinet du ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet. Or, les vérifications du genre d'Urgence-Environnement n'ont pas à être précédées de préavis.
Après s'être vu refuser l'accès, l'inspectrice aurait attendu en vain pendant 75 minutes la venue promise d'un représentant du Port.
«Ces agissements sont inacceptables, a fait savoir l'attachée de presse du ministre, Catherine Salvail. Le Ministère a donc transmis le dossier au service des enquêtes et compte prendre tous les moyens à sa disposition pour lui permettre d'effectuer ses inspections en regard à la Loi sur la qualité de l'environnement.»
La soirée de mardi a été très venteuse et même pluvieuse par moment. Les entraves posées à l'inspectrice d'Urgence-Environnement ont rendu «impossible toutes vérifications requises» des émissions qui semblaient provenir du port.
La vice-présidente d'Arrimage du St-Laurent, Johanne Lapointe, a fourni une explication au Soleil, mercredi: «La poussière, c'est du sable qui vient de la plage» de la baie de Beauport. La porte-parole en est venue à cette conclusion après avoir étudié le nuage de poussière capté par l'appareil-photo des plaignants. Celui-ci commence à la pointe est du secteur Beauport, donc avant le terminal du ferrailleur AIM. 
Quant au refus d'accueillir le ministère de l'Environnement, Mme Lapointe l'explique par le fait que l'inspectrice s'est pointée quelques heures après l'incident et que la pluie avait déjà balayé les preuves. «Il n'y avait plus rien à constater. On leur a demandé de nous contacter ce matin [mercredi», a raconté la représentante d'ASL. L'appel n'est pas venu. 
Arrimage du St-Laurent a été identifiée par l'Environnement comme la source du nickel dans l'air du quartier Limoilou. L'entreprise de transbordement dans le port de Québec a présenté un plan de réduction de ses émissions de poussière de 10 millions $ en mai. Les canons à eau projetés n'étant pas pleinement fonctionnels, un autre épisode de poussière - de charbon cette fois - est survenu le 1er juin.
Le ministre Blanchet a sollicité une rencontre «dans les prochains jours» avec les autorités portuaires pour s'assurer de leur collaboration «pleine et entière» dans le dossier.
Du côté de l'Administration portuaire de Québec, mercredi soir, on était encore à assembler les pièces du casse-tête et à refaire le fil des évènements au moment de l'appel du Soleil. Le président-directeur général Mario Girard a demandé à avoir tous les détails. «Le mot d'ordre demeure de favoriser la meilleure collaboration possible avec les autres instances publiques dans le dossier», a indiqué le porte-parole Anick Métivier.