Les membres d'Univert Laval travaillent fort pour changer les habitudes de vie des étudiants. Jasmin Landlett, au centre, entouré d'Anne Larcher, Joanie Randlett, Sophie Lepage et Anne Gauvin Forest

Nouvelle offensive contre l'eau embouteillée à l'Université Laval

Faute d'avoir convaincu l'Université Laval de mettre fin à la vente d'eau embouteillée sur son campus, l'association Univert Laval compte éliminer l'indésirable contenant dès le mois de janvier, une bouteille à la fois.
L'organisation estudiantine avait tenté en vain, entre 2011 et 2015, d'éradiquer la vente d'eau embouteillée dans la cité universitaire, autant dans les machines distributrices que les concessions alimentaires.
La gorgée la plus difficile à avaler aura été celle de l'hiver 2015, quand la direction de l'Université Laval a refusé d'inclure la mesure dans son plan d'action pour le développement durable 2015-2018. Les dirigeants, bien que sensibles à la cause, ont préféré adopter une attitude «non coercitive» et à long terme, basée sur la responsabilité individuelle. Les verts avaient pourtant obtenu l'appui de 14 des 17 doyens de faculté.
Plutôt que de se laisser abattre, les étudiants membres d'Univert Laval ont décidé de reprendre le combat et d'agir à la source, sur le terrain. «Ils [la direction de l'université] font des efforts, vraiment, mais on trouve que la solution donnée aux étudiants [de choisir eux-mêmes] laisse trop de place à l'achat de bouteilles», expose Jasmin Randlett, coordonnateur général d'Univert Laval.
Le comité est à élaborer une stratégie pour changer les habitudes des étudiants. Il n'est cependant pas question de jouer à la police. «[Seulement] dire à quelqu'un qu'il ne doit pas boire de l'eau embouteillée, ça ne marche pas. Il faut proposer quelque chose», soutient M. Randlett.
L'idée retenue est de mettre en circulation des bouteilles de vitre recyclées et ainsi s'attaquer aux contenants de plastique. La stratégie consiste à reprendre les bouteilles usagées, les nettoyer et les remettre en circulation. L'objectif est de remplacer le réflexe d'acheter une bouteille d'eau par un simple remplissage aux fontaines publiques. 
Le choix de l'équipe d'Univert Laval s'est arrêté sur la bouteille de kombucha (une sorte de boisson) de marque Rise. Les membres les accumulent eux-mêmes depuis le début de la session. 
Dès le mois de janvier
Les bouteilles de vitre récupérées seront nettoyées et stérilisées avant d'être mises en circulation. Univert Laval fera appel aux concessions alimentaires pour les aider dans cette étape. Une fois les contenants utilisables, un collant aux couleurs de la campagne sera apposé sur chacun en guise de sensibilisation. 
Avec quelques dizaines de bouteilles amassées jusqu'à présent, la bataille est loin d'être gagnée et il en faudra beaucoup plus pour faire une différence dans un campus comptant près de 50 000 personnes, reconnaît Jasmin Randlett. Ce dernier veut malgré tout lancer la campagne le plus tôt possible. «C'est certain qu'on commence la distribution de ce qu'on a à la rentrée scolaire de janvier», a-t-il dit. Elles seront remises à des endroits stratégiques ou encore directement aux personnes repérées avec une bouteille de plastique.  
Si tout va bien, Jasmin Randlett espère trouver des partenaires pour aider à la collecte des bouteilles et leur distribution. Les bouteilles de vitre alternatives seront gratuites.