Les ateliers de désobéissance civile prévus vendredi jusqu’au 3 juin devront avoir lieu ailleurs qu’au camp de la rivière, situé sur des terres publiques qu’Environnement Vert Plus occupe près de Gaspé afin de protester contre l’exploitation gazière et pétrolière de la société Junex.

Non au camp de désobéissance civile sur les terres de l'État

Le juge Michel Beaupré de la Cour supérieure s’est rendu jeudi soir à la demande du procureur général du Québec et a interdit au groupe Environnement Vert Plus de tenir un camp de désobéissance civile sur les terres de l’État.

Les ateliers de désobéissance civile prévus vendredi jusqu’au 3 juin devront avoir lieu ailleurs qu’au camp de la rivière, situé sur des terres publiques qu’Environnement Vert Plus occupe près de Gaspé afin de protester contre l’exploitation gazière et pétrolière de la société Junex.

Le juge a estimé que la balance des inconvénients penchait en faveur du procureur général puisque l’intérêt public dans le respect de la loi l’emportait sur les inconvénients que subirait Environnement Vert Plus si le camp de désobéissance civile n’avait pas lieu.

Il a aussi fait remarquer que l’organisme environnemental avait noté sur sa page Facebook que «s’il [le procureur général] obtient son injonction, nous pourrons relocaliser les installations pour le camp de formation rapidement», ce qui fait selon lui que les arguments d’Environnement Vert Plus au sujet des inconvénients qu’il subirait apparaissaient plus que discutables.

Le juge a aussi estimé que le procureur général satisfaisait le critère de l’urgence puisque la preuve démontrait qu’il avait agi dans un très court délai afin de présenter sa demande dès qu’il a appris l’érection d’installations en vue de la tenue du camp.

Ainsi toute personne occupant illégalement et sans autorisation les terres de l’État se voit interdire d’y tenir un camp de formation en désobéissance civile ou toute autre activité s’y apparentant du 25 mai au 3 juin ou d’encourager quiconque à le faire.

Vendredi matin, le porte-parole d’Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, a qualifié la décision de «jugement bâillon», accusant le juge de bafouer les libertés fondamentales. Il a toutefois indiqué que le camp de la rivière entendait respecter les termes de l’injonction. 

«L’occupation du camp sera maintenue et tout le monde est invité à y passer comme prévu, mais les activités apparentées à un camp de formation en désobéissance civile auront lieu sur des sites situés à proximité n’appartenant pas aux terres du domaine de l’État», a-t-il déclaré par courrier électronique.

Comme l’injonction a été émise jusqu’au 1er juin, le procureur général devra s’adresser au juge en chambre cette journée-là afin de faire reconduire les ordonnances s’il y a lieu.