Selon le chef du NPD et ancien ministre québécois de l'Environnement, Thomas Mulcair, tout le système des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent est appelé à subir les affres des changements climatiques.

Mulcair croit qu'il faut repenser la cartographie des zones inondables

Fort de son expérience passée au ministère de l'Environnement sous Jean Charest, le chef du NPD Thomas Mulcair estime que le gouvernement du Québec devra revoir sa cartographie des zones inondables pour y empêcher la construction.
«Absolument, et c'est l'un des arguments qu'on utilisait à l'époque» a dit M. Mulcair au Soleil, en rappelant ses démêlées avec le maire de Laval, Gilles Vaillancourt. «Ça été la source d'une chicane, parce que j'étais en porte-à-faux sur le fait de bâtir sur des zones inondables. On venait d'avoir une inondation au printemps 2004 sur la rivière des Prairies, et moi je disais que ça n'avait pas de sens, qu'on ne pouvait pas jouer avec ça et construire des gens qui vont être inondés. À Pierrefonds aussi il y a eu des constructions. Alors c'était une vision du ministère de l'Environnement à l'encontre du maire tout puissant de Laval, qui poussait très fort pour obtenir la définition la plus large possible de ce qui était constructible».
M. Mulcair rappelle aussi avoir bloqué la construction dans la zone Ellesmere parce que c'était un milieu humide. «On a gagné, mais c'est ma successeure (Line Beauchamps) qui a permis qu'on construise quand même, parce que la construction était déjà commencée».
Il ignore si les terrains où il a tenté de stopper la construction au début des années 2000 sont inondés aujourd'hui, mais il n'oubliera jamais à quel point les pressions des promoteurs étaient fortes. «À l'époque où j'étais ministre, c'était un sujet de préoccupation parce qu'il y avait énormément d'insistance pour construire sur des terrains que l'on considérait au ministère comme des zones inondables, ça n'avait pas de bon sens».
Thomas Mulcair, qui sortait hier d'une séance d'information avec les responsables des Forces armées canadiennes, a appris que le niveau du lac Ontario continuerait de monter pendant au moins trois semaines. «Donc, tout le système des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent est appelé à subir les affres de ces changements climatiques».
M. Mulcair raconte que six ou huit mois après avoir démissionné de son poste de ministre de l'Environnement au sein du gouvernement Charest, il a rencontré une vieille connaissance qui venait d'acheter une propriété à Pierrefonds. «Je lui ai demandé où c'était et je lui ai parlé de la rivière des Prairies dans ce coin-là... Il m'a dit : oui, j'en ai parlé au promoteur, et il m'a dit qu'on n'a plus besoin de s'occuper des grenouilles, parce qu'on a changé le ministre....».