Les experts qualifient de «catastrophique» ce phénomène qui touche plus d'un pour cent des 500 derniers individus de cette espèce de baleine.

Mort de baleines noires: les nécropsies donnent peu d'explications

La nécropsie des deux dernières carcasses de baleines noires n'a apporté jusqu'à présent que bien peu d'indices pour élucider le mystère entourant la mort de sept mammifères de l'espèce en un mois dans le Saint-Laurent. Du jamais-vu.
La baleine qui s'est échouée le 5 juillet sur la plage Corfu aux Îles-de-la-Madeleine était d'ailleurs dans un état de décomposition trop avancé pour «suggérer une cause de la mort sur la seule base de l'examen de la carcasse», a fait savoir le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM).
Pour la seconde, celle qui a été remorquée sur la plage, les experts retiennent pour l'heure l'hypothèse d'un «traumatisme contondant», ce qui laisse croire que la baleine est morte après une collision avec une embarcation. Deux des trois baleines examinées à l'Île-du-Prince-Édouard au début juillet seraient aussi mortes de la même façon.
La mort par collision ou empêtrement (comme c'est le cas de la troisième baleine de l'Île-du-Prince-Édouard) n'est pas exceptionnelle pour l'espèce qui se nourrit en surface, près des côtes. Ce qui inquiète, c'est le nombre de morts. Il est encore impossible de confirmer la présence d'une biotoxine qui réduirait leur capacité à naviguer.
En attente de résultats
«Les analyses sur les tissus et liquides ont été prélevées afin d'identifier une cause sous-jacente, comme la présence de biotoxine, qui pourrait expliquer ces morts rapprochées. Un rapport final pour ces deux nécropsies devrait être disponibles dans six à huit semaines», a ajouté le GREMM, qui attend aussi les résultats de l'Île-du-Prince-Édouard.
Depuis le 6 juin, sept carcasses de baleines noires ont été retrouvées dans le golfe du Saint-Laurent tandis que trois signalements pour certaines empêtrées ont été signalées.
L'intervention le 10 juillet a été assombrie par le décès du pêcheur et sauveteur de baleine, Joe Howlett, membre du Campobello Whale Rescue Team.
Mercredi, Pêches et Océans Canada a mis de l'avant une série de mesures pour protéger la baleine noire de l'Atlantique, menacée de disparition, dont la fermeture partielle de la zone de pêche au crabe des neiges et la réduction de vitesse de navigation.

Le fédéral suspend les sauvetages

Les autorités fédérales suspendent les efforts pour libérer les baleines noires qui se trouvent piégées dans des gréements de pêche, dans la foulée de la mort d'un bénévole du Nouveau-Brunswick qui participait au sauvetage d'une baleine.
Un porte-parole de Pêches et Océans Canada, Vance Chow, a indiqué que le ministère réévaluait la réponse aux enchevêtrements de baleines et cessait les opérations de sauvetage des baleines noires de l'Atlantique Nord jusqu'à la conclusion de cet examen.
Le ministère a précisé que les efforts pour libérer d'autres baleines seraient examinés au cas par cas.
Le ministre Dominic LeBlanc a affirmé en entrevue à CTV News, jeudi, que le gouvernement fédéral enquête sur les circonstances de la mort du bénévole Joe Howlett. Il a indiqué que le gouvernement «se devait de suspendre cette pratique particulière» jusqu'à ce qu'une enquête indépendante de Transports Canada tire ses conclusions sur ce qui est survenu lundi.
M. Howlett, un pêcheur de homards, est mort après avoir libéré une baleine noire qui s'était empêtrée dans un gréement de pêche près de Shippagan, au Nouveau-Brunswick.
Mercredi, une agence fédérale américaine avait annoncé la suspension de ce type d'opérations.
Chris Oliver, de l'Administration océanique et atmosphérique nationale (NOAA), a expliqué que la sécurité des sauveteurs était primordiale. L'agence a suspendu jusqu'à nouvel ordre toutes les opérations de sauvetage de grosses baleines qui seraient empêtrées dans des gréements de pêche, afin de réévaluer les protocoles d'intervention d'urgence.
Également mercredi, le gouvernement fédéral avait annoncé de nouveaux efforts pour protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord, notamment en demandant aux marins de réduire leur vitesse temporairement et en fermant partiellement une zone de pêche de crabe des neiges.  La Presse canadienne