Des milliers de personnes se sont rassemblés devant le Musée national des beaux-arts de Québec vendredi pour la grande marche pour le climat

Marée humaine à Québec pour le climat [VIDÉO+PHOTOS]

Ils étaient nombreux dans les rues vendredi pour la manifestation historique pour le climat. Même si les jeunes menaient la marche, des milliers de personnes de toutes les générations y ont participé. La marée humaine s’est déplacée jusque devant l’Assemblée nationale pour faire entendre ses discours.

Les jeunes, de tous les niveaux scolaires, étaient à l’avant de cette manifestation. Les cégeps de Québec avaient d’ailleurs tous déclaré la levée des cours, et plus de 15 000 étudiants de l’Université Laval étaient en grève. Aucun examen ne devait être planifié cette journée-là pour les autres facultés toujours ouvertes.

Quelques écoles secondaires avaient aussi permis à ses élèves d’y participer. Et même si certains avaient l’obligation d’être assis en classe, ils ont déclaré absent pour ne pas manquer l’événement. 

La marche s’est déroulée de manière pacifique. Après un départ au Musée national des beaux-arts du Québec, la foule s’est lentement dirigée vers l’Assemblée nationale pour ses discours. Elle a ensuite poursuivi son chemin vers le Château Frontenac.

L’équipe d’organisation de la manifestation évalue que 25 000 à 35 000 personnes se sont déplacées vendredi. Si une majorité se trouvait dans les rues pour la marche, plusieurs s’étaient aussi postés sur les trottoirs.

Du côté politique, on a pu constater la présence de plusieurs candidats libéraux, bloquistes et néo-démocrates. Le maire de Québec et ses conseillers y étaient également.

«Nos revendications n’ont pas changé, on veut du changement, on veut des lois, on veut un gouvernement qui prend action. Les gouvernements, il est grand temps qu’ils agissent. Ils doivent mettre des lois pour rendre notre vie plus facile. Je lance un message à Régis Labeaume qui est présent [à la manifestation], il faut changer les choses dans la Ville de Québec. Nous ne voulons pas un troisième lien, et vous avez 30 000 personnes pour vous le prouver», a exprimé Camille Poirot, porte-parole du collectif La planète s’invite à l’Université Laval.

Les organismes environnementaux et communautaires de la ville de Québec, les groupes syndiqués de la région ainsi que les collectifs des différentes institutions scolaires réclament entre autres au gouvernement une vaste campagne de sensibilisation et d’éducation pour les impacts du dérèglement climatique. Selon eux, la population reste mal informée par rapport aux enjeux du réchauffement climatique. 

Les militants aimeraient également voir une loi sur le climat qui forcerait l’atteinte des cibles de GES recommandés par le GIEC. Ils aimeraient aussi que tout projet d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures soit interdit.

Plus tôt vendredi matin, des militants avaient bloqué l’accès au ministère des Finances du Québec. Pendant plus de trois heures, les employés ont dû attendre dans le stationnement. 

Une jeune militante criant parmi la foule

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Les appuis viennent de partout

Centraide Québec et Chaudière-Appalaches appuie également la mobilisation. L’organisme communautaire souligne «l’importance de ne pas oublier les personnes les plus vulnérables dans la lutte aux changements climatiques».

Les professionnels de la santé du Québec étaient aussi dans les rues. Pour une première fois au Québec, ils s’allient au mouvement mondial de grève pour le climat. Le collectif La planète s’invite en santé regroupe des professionnels de tous les domaines, tels que les sciences infirmières, la nutrition ou l’ergothérapie. Ils souhaitent rappeler que les politiques contre les changements climatiques sont des politiques de santé.

«Les vagues de chaleur sont appelées à augmenter en fréquence, en durée et en intensité, affectant de plus en plus sérieusement la population. On s’attend également à une augmentation des problèmes cardio-respiratoires, de maladies infectieuses, d’événements climatiques extrêmes et d’anxiété», peut-on lire dans un communiqué transmis par le collectif.

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Du côté politique, des candidats aux élections fédérales de la région de Québec sont présents dans la foule, ainsi que le maire de Québec, Régis Labeaume.
Des milliers de personnes à Québec pour le climat.

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Boutiques fermées

À travers la province, plus de 100 boutiques avaient fermé leurs portes vendredi afin d’appuyer tous les militants dans les rues. À Québec, une dizaine d’établissements ont rejoint le mouvement.

Lush Cosmétiques fait partie de ces commerçants, l’entreprise milite d’ailleurs depuis des années pour la justice environnementale.

L’équipe d’organisation de la manifestation évalue que 25 000 à 35 000 personnes se sont déplacées vendredi. Si une majorité se trouvait dans les rues pour la marche, plusieurs s’étaient aussi postés sur les trottoirs.

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CE QU'ILS ONT DIT

«Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles étaient émues de ce grand rassemblement, de cette prise de position. Des gens de toutes les générations ont participé. Il y avait une belle solidarité et ils ont pu s’exprimer. Je pense qu’on a les moyens de participer à ce grand virage vert, on a un univers de possibilités pour changer nos comportements, il faut qu’il y ait de l’offre. Et on peut en créer de nouveaux moyens.»

Christiane Gagnon, candidate pour le Bloc québécois dans Québec


«Les jeunes ont besoin de nous, et on a besoin des jeunes [...] il faut absolument continuer la mise en place du transport structurant pour la région de Québec, il faut mettre en place un processus qui va interdire les plastiques nocifs à usage unique, on va faire ça dans un an et trois mois, il faut continuer d’investir dans les transports durables et propres comme les autos électriques et il faut continuer de faire en sorte que les centrales au charbon disparaissent au Canada. On a besoin de l’énergie des gens.»

Jean-Yves Duclos, candidat libéral dans Québec


«Ça fait chaud au cœur, c’est à ça que ça ressemble une communauté. Le plus dangereux c’est qu’il y ait un fossé trop grand entre les générations. C’est pour ça que j’y suis, je veux que les jeunes sachent que je partage et que je comprends leurs inquiétudes, je suis solidaire de ces inquiétudes-là. Au-delà des gestes spectaculaires, on va faire de vraies choses dans notre quotidien. Ça nous force à être créatifs.»

Régis Labeaume, maire de la ville de Québec


«Il y a de belles choses qui s’en viennent. On va mettre en valeur ce qu’on fait déjà et on va avoir un plan complet avec des actions qui vont répondre à notre ville. On ne sera pas en compétitions avec d’autres villes, on va avoir de belles orientations qui vont être dévoilées au début de l’année 2020. J’ai hâte de faire un vrai portrait. L’important pour moi c’est d’agir, mais de bien agir.» 

Suzanne Verreault, conseillère municipale et présidente de la Commission d’urbanisme et de conservation

Éclairé par le Soleil, les manifestants ont envahi le boulevard René-Lévesque.