Suspendem embauche des Brésiliens pour développer ses activités dans ce pays. Sur la photo, le directeur des affaires pour Suspendem en Amérique du Sud, Israel Vitor.

Maintenance d'éoliennes: des Gaspésiens au Brésil et au Mexique

La firme Suspendem, de Gaspé, exporte son expertise en maintenance d'éoliennes jusqu'au Brésil. Elle n'est pas la seule entreprise gaspésienne de ce secteur à déborder des frontières de la péninsule pour rayonner ailleurs au Québec, au Canada et à l'international.
Le siège social de Suspendem est situé dans le centre communautaire du village de Douglastown, près de Gaspé. De là, elle supervise des bureaux à London en Ontario et depuis peu, à Sao Paulo et à Natal, au Brésil. «En 2015, on a participé à une mission au Brésil. J'ai sondé le marché,  j'ai compris qu'il y avait un grand besoin dans le domaine opération et maintenance», dit le directeur général de Suspendem, Bill Talbot.
Le Brésil compte 10 740 mégawatts (MW) de puissance éolienne, presque autant que les 12 000 MW canadiens. Fin 2019, cette puissance devrait avoir grimpé à près de 18 000 MW. «Le potentiel de croissance est au moins aussi important qu'au Canada», juge M. Talbot.
Suspendem a déniché un partenaire brésilien, embauché quatre techniciens et a commencé ses activités au début de 2017. «Actuellement, 5 % à 10 % de nos activités sont au Brésil. Mais dans cinq ans, on aimerait avoir une équipe comme celle du Canada, soit une quarantaine de personnes», indique M. Talbot.
Suspendem forme ses techniciens pour qu'ils soient capables d'inspecter ou de réparer des pales alors qu'ils sont suspendus au bout d'une corde ou juchés sur une plateforme accrochée à la tour de l'éolienne, une façon d'épargner la coûteuse location d'une grue.
L'année dernière, l'entreprise a réalisé un contrat de dix semaines sur des éoliennes en mer de Chine, près de Shanghai. Elle travaille aussi en Ontario, en Nouvelle-Écosse, en Alberta et en Colombie-Britannique.  
Les Canadiens bien vus
L'étendue d'action de Suspendem n'est pas une  exception au sein des entreprises gaspésiennes. Vent de l'Est, basée à Maria dans la Baie-des-Chaleurs, développe le marché mexicain, qui compte un peu plus de 3500 MW installés à la fin 2016, et prévoit atteindre au moins 9500 MW dès 2018.
«On embauche des gens au Mexique et on utilise l'expertise québécoise pour les former. En 2017, je veux avoir au moins six techniciens qui travaillent au Mexique», indique le vice-président de Vent de l'Est, Steven Fugère. Il souligne que les Canadiens sont bien vus au Mexique, alors que la cote d'amour des Américains a baissé depuis l'élection de Donald Trump.
Le nombre d'emplois en opération et maintenance éolienne est passé de 298 l'an dernier à 348 cette année en Gaspésie et en Matanie, rapporte Dave Lavoie, directeur du Créneau d'excellence en éolien. Ce secteur représente près du tiers des emplois éoliens dans la région, et il prévoit recruter encore 70 personnes d'ici trois ans.
«Plus les parcs éoliens vieillissent, plus ils auront besoin d'investissement. C'est comme une voiture qui a besoin d'aller plus souvent au garage» explique M. Lavoie. De nouveaux parcs gaspésiens, Roncevaux et Mesgi'g Ugju's'n, ont ajouté 224 MW au bilan à la fin 2016, et donc des éoliennes à inspecter et entretenir.