Mai, huitième mois froid de suite!

«On aurait espéré que le mois de mai nous réjouisse avec un peu de chaleur, mais ce ne fut pas le cas cette année puisque le temps froid s’est poursuivi pour un 8e mois consécutif.»

Le constat est scientifique. Il est rédigé par les météorologues Alexandre Parent et Simon Legault, d’Environnement et Changement climatique Canada.

Dans leur plus récent Bulletin aux médias, ils observent que «toutes les régions du Québec ont enregistré des températures moyennes sous les normales mis à part une partie du Nunavik et la région de Blanc-Sablon». Dans la capitale, il a fait en moyenne 2°C de moins que la moyenne. «La région de la Mauricie aura connu le plus grand écart avec La Tuque qui a enregistré près de 3°C sous les normales mensuelles.»

«Toutes les stations ont aussi rapporté beaucoup moins de journées douces (Roberval n’a eu que deux journées où la température maximum a dépassé 20°C pour une normale de 7 jours)», font remarquer les météorologues. «Mai 2019 peut donc être classé comme un mois assez froid, mais tout de même très loin des records.»

«On remarque aussi que le nombre de jours avec de la pluie est au-dessus de la normale dans beaucoup d’endroits sauf les régions de l’Est. Ceci renforce donc le sentiment que le mois de mai fut plutôt morne avec du temps plutôt froid et beaucoup de grisaille.»

Les fermiers auraient particulièrement souffert du manque de soleil : «Des avis de gel, beaucoup de nuages, des journées froides et de nombreux jours de pluie ont eu un impact important pour l’agriculture au Québec.»

«On ne peut qu’espérer mieux en juin !»

Et juin ?

Justement, que prédisent Alexandre Parent et Simon Legault pour les prochaines semaines? Encore du froid !

«Le début de juin ne devrait pas être très différent de ce qu’ont été les dernières semaines (temps frais, précipitations …). La chaleur estivale finira bien par arriver, mais aucune période prolongée de temps chaud ne semble vouloir se pointer sur la province très bientôt. Il y a bien quelques indications laissant croire que le milieu du mois pourrait nous réserver certaines journées plus chaudes, mais nous devrons vraisemblablement attendre la fin du mois.»

À LIRE AUSSI: Le printemps froid à Québec, à cause du Lac Saint-Jean? On a vérifié les faits

Environnement

Dans la rue pour sauver la planète

Le 27 septembre prochain, des milliers de personnes, principalement des étudiants, se retrouveront dans les rues pour manifester dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. Comment tous ces jeunes se préparent pour cet événement d’envergure?

Tout a commencé au début de cette année. Le mouvement Earth Strike avait annoncé une grève mondiale pour le climat le 15 mars, et plusieurs grandes villes dans le monde, dont Montréal, ont voulu y participer.

Environnement

2015-2019 devrait être la période la plus chaude enregistrée depuis 1850

NATIONS UNIES — Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après le caniculaire été dernier, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1°C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Mais ce degré de différence est une moyenne qui cache des disparités régionales. Les pôles se réchauffent plus vite, et les zones côtières sont plus rapidement menacées.

«Les effets du changement climatique ne sont pas ressentis de façon égale», a commenté le scientifique en chef du bureau météorologique britannique, Stephen Belcher. «Certains pays ressentent certains effets, comme des canicules plus intenses ou des inondations plus graves, plus tôt que d’autres».

Le rapport, publié deux jours après la gigantesque grève de l’école mondiale de vendredi et alors que les dirigeants de la planète convergent sur New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dresse un bilan sévère de l’inaction des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et encore, les scientifiques ont tendance à être «conservateurs», a prévenu l’une des responsables du rapport, Leena Srivastava. En réalité, les décideurs publics «doivent agir avec beaucoup plus d’urgence», a-t-elle dit en présentant le rapport dimanche.

Pas de recul des émissions

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.

Les émissions dues au charbon, au pétrole et au gaz ont poursuivi leur croissance en 2018 et continueront ainsi jusqu’à 2030 au moins, estiment les scientifiques.

Pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU en prévision du sommet de lundi.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

C’est pour le professeur Dave Reay, de l’université d’Edimbourg, la pire nouvelle du rapport.

«On dirait un relevé de carte bleue après cinq ans de dépenses sans compter», a-t-il écrit. Poursuivant la métaphore bancaire, il ajoute: «Notre plafond global de crédit de carbone est atteint. Si les émissions ne commencent pas à chuter, le prix sera infernal».

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015, un objectif que beaucoup d’experts semblent désormais considérer comme illusoire. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2°C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus élevé, selon des modélisations climatiques plus récentes, mais qui ne sont pas encore validées par l’ONU, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7°C dans un scénario du pire.

«Le fossé n’a jamais été aussi grand» entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui. À charge pour eux de concrétiser ensuite ces engagements très ambitieux.

Environnement

Le ministre Benoit Charette pas le bienvenu à la marche pour le climat

MONTRÉAL - Le collectif «La planète s’invite au Parlement», qui est à l’origine de l’invitation de Greta Thunberg à Montréal, a indiqué mercredi soir que le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, n’était pas le bienvenu à la grande marche du 27 septembre.

Le collectif «La planète s’invite au Parlement» est à l’origine de la plupart des manifestations pour le climat qui se sont déroulées à Montréal dans les derniers mois, il fait aussi partie des organisations derrière la grande manifestation pour l’environnement du 27 septembre.

Mercredi soir, le collectif a signifié, sur Facebook, que la présence du ministre caquiste Benoit Charette, n’était pas la bienvenue, car le programme de la Coalition avenir Québec va à l’encontre des objectifs de la marche.

«Vous êtes responsable, autant que les gouvernements qui vous précèdent, de la crise dans laquelle nous sommes actuellement. Votre gouvernement ne s’enligne aucunement pour mettre en place les mesures qui sont nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 1,5C», peut-on lire dans le message du collectif.

La planète s’invite au Parlement a ajouté que le développement du troisième lien à Québec, le projet gazier GNL Québec ou «le terminal maritime de kérosène pour alimenter des aéroports ontariens» sont des projets qui vont à l’encontre des exigences du «consensus scientifique pour éviter la catastrophe climatique.»

«À moins que vous teniez à manifester contre vous-mêmes?» a ajouté le collectif.

Le ministre Benoit Charette avait indiqué mardi qu’il se joindrait éventuellement aux marcheurs, «si l’agenda devait le permettre».

Le député de Bourget, le caquiste Richard Campeau, devrait lui aussi représenter le gouvernement à la marche.

Quant au premier ministre Legault, il a confirmé mercredi qu’il ne participera pas au rassemblement, au grand dam des partis d’opposition.

Le gouvernement a rejeté deux motions de l’opposition reliées à la marche contre la crise climatique.

L’opposition libérale, par la voix de la députée Marie Montpetit, invitait notamment le premier ministre à participer à la marche et à la «Climate Week» à New York, de même qu’à «reconnaître que le réchauffement climatique représente l’une des principales menaces pour l’économie du Québec».

L’autre motion, déposée par Québec solidaire, allait dans le même sens et a subi le même sort.

Environnement

Le compostage communautaire en expansion

Même si elle prévoit toujours lancer la collecte des résidus alimentaires destinés à son usine biométhanisation en 2022, la Ville de Québec continue de financer de nouveaux sites de compostage communautaire. À la fin de l’année, il y en aura 31 sur le territoire de la capitale.

Depuis plusieurs années, l’organisme communautaire Craque-Bitume étend progressivement le service, surtout dans les quartiers centraux. «Au début de 2019, 22 sites étaient ainsi en opération et financés à Québec, tous situés dans l’arrondissement de La Cité-Limoilou, sauf un [à Charlesbourg]», lit-on dans des documents municipaux récemment mis en ligne.

Ce n’est toutefois pas assez. «Malgré cette augmentation significative du nombre de sites, l’engouement à ce jour inégalé pour le compostage communautaire fait en sorte que ces derniers ne suffisent pas à la demande. Ils sont tous actuellement utilisés au maximum de leur capacité et font l’objet de listes d’attente souvent très longues. En outre, un grand nombre de citoyens résidant hors de La Cité-Limoilou sollicitent l’ouverture de tels sites ailleurs sur le territoire.»

Neuf nouveaux lieux

Les élus viennent donc d’octroyer un financement de 45 000 $ à Craque-Bitume pour aménager neuf nouveaux emplacements dans les arrondissements de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, de Beauport et de La Haute-Saint-Charles.

«Dès cet automne, 31 sites de compostage communautaire seront [donc] en service à Québec, pour environ 2000 citoyens», nous écrit Mireille Plamondon, conseillère en communication à la mairie. «Depuis les débuts du programme, près de 300 tonnes de résidus alimentaires ont été détournées de l’élimination.»

«Pas de contradiction»

Poursuivre le financement de cette initiative citoyenne est-il toujours pertinent puisque la Ville investit gros dans une future usine de biométhanisation? «La Ville de Québec n’entrevoit pas le compostage communautaire comme étant en contradiction avec son projet de biométhanisation dont le déploiement de la collecte des résidus alimentaires associée est prévu en 2022», répond Mireille Plamondon. «La Ville de Québec s’est engagée à poursuivre ses efforts en compostage communautaire en plus de la biométhanisation.»

«Le compostage communautaire permet d’initier des citoyens à la pratique du compostage faisant en sorte que lors de l’implantation à venir de la collecte à grande échelle des résidus alimentaires, ces derniers seront plus enclins à participer que ceux qui ne s’y sont jamais adonnés», ajoute-t-on dans la documentation municipale. «Ils seront en outre plus à même d’agir comme vecteurs de changement auprès de leur entourage.»

En plus, poursuit Mme Plamondon, le compostage de quartier a une vocation sociale. «À l’instar des jardins communautaires, les sites de compostage permettent de créer des zones privilégiées d’échanges, d’intégration et de partage. Ils permettent en outre de contribuer à briser l’isolement dans certains secteurs tout en dynamisant la vie communautaire.»

Mme Plamondon souligne, par ailleurs, qu’il sera possible de participer à la fois au compostage communautaire et à la grande collecte municipale. «Davantage de résidus alimentaires (viande, produits laitiers, etc.) seront acceptés au centre de biométhanisation comparativement à ceux recommandés en compostage communautaire ou domestique. Les usagers des sites de compostage communautaire pourront donc participer aux deux initiatives s’ils le souhaitent.»

Notons que la Ville prévoit lancer un programme de financement en 2020 pour que tout organisme ayant de l’espace sur son terrain puisse demander une aide pécuniaire afin d’installer des composteurs communautaires sur son terrain.

Éducation

Marche pour le climat du 27 septembre: Legault aura les enseignants à l’œil

François Legault aura les enseignants à l’œil lors de la journée du climat : il leur demande d’être au travail, et pas dans la rue.

C’est que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a décrété une journée pédagogique le 27 septembre afin de permettre aux élèves et à leurs parents d’aller manifester aux côtés de Greta Thunberg, vedette planétaire de la lutte aux changements climatiques.

Mercredi, le premier ministre a critiqué la décision de la CSDM, trouvant «malheureux» que les parents apprennent «à la dernière minute» que les cours seront suspendus. «Il y a des parents qui se font dire : «Organisez-vous avec vos enfants, il n’y a pas d’école»», a déploré M. Legault.

Il a également tenu à rappeler qu’une journée pédagogique n’est pas une journée de congé pour les enseignants. «Moi, je m’attends à ce que la Commission scolaire de Montréal s’assure que les enseignants travaillent», a-t-il répété trois fois en mêlée de presse.

Pour Manon Massé, coporte-parole de Québec solidaire, le chef du gouvernement québécois «ne sait pas ce qu’il dit» lorsqu’il «interdit» aux enseignants d’aller manifester avec leurs élèves le jour de la grève mondiale du climat.

«Je pense qu’il y a des enseignants qui savent bien que leur place d’enseignants, c’est d’être aux côtés des jeunes», a-t-elle déclaré.

La CSDM s’est quant à elle montrée prudente dans une déclaration envoyée aux médias : «Lors d’une journée pédagogique, les enseignants sont au travail et la journée du 27 septembre est une journée pédagogique comme les autres.»

Cela n’a pas empêché le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, d’emboîter le pas à M. Legault et de souligner à doubles traits que la journée du 27 septembre doit être une journée «de préparation, de correction et de formation».

M. Roberge a dit reconnaître l’autorité de la CSDM, mais jamais il n’aurait pris une telle décision. «La solution aux problèmes environnementaux, elle est à l’école, elle n’est pas dans la rue», a-t-il tranché.

À l’échelle nationale, les universités de Montréal et Concordia, plusieurs cégeps du Québec, l’Université de la Colombie-Britannique et le conseil scolaire du district de Toronto ont également pris des mesures pour accommoder les étudiants qui envisagent de faire l’école buissonnière le 27 septembre.

Pas la place d’un premier ministre

Par ailleurs, M. Legault a confirmé, mercredi, qu’il ne participera pas à la grande marche pour le climat, au grand dam des partis d’opposition.

Ce seront plutôt le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, et le député de Bourget, Richard Campeau, qui représenteront le gouvernement.

«Je ne crois pas que ce soit la place d’un premier ministre d’être dans cette manifestation à Montréal», a déclaré M. Legault en anglais.

M. Charette avait indiqué la veille qu’il se joindrait éventuellement aux marcheurs, «si l’agenda devait le permettre».

Il appuie tout à fait la décision du premier ministre de ne pas se rendre à Montréal le 27 septembre. «C’est une marche qui risque de réunir énormément énormément de gens, donc si c’est pour se perdre dans une foule, effectivement il y a moins d’intérêt», a-t-il lancé.

Plus tôt dans la journée, M. Charrette avait laissé entendre qu’il s’inquiétait pour le bien-être des jeunes qui participeront à la manifestation. «J’ai des jeunes de niveau primaire et secondaire. Une journée de classe, je préfère les savoir en classe plutôt qu’à la rue de cette façon-là.»

Le gouvernement a rejeté deux motions de l’opposition reliées à la marche contre la crise climatique. L’opposition libérale, par la voix de la députée Marie Montpetit, invitait notamment le premier ministre à participer à la marche et à la «Climate Week» à New York, de même qu’à «reconnaître que le réchauffement climatique représente l’une des principales menaces pour l’économie du Québec».

L’autre motion, déposée par Québec solidaire, allait dans le même sens et a subi le même sort.

Environnement

Une marée «annulée» par l’ouragan Dorian

En plus d’avoir causé des dégâts matériels importants aux Îles-de-la-Madeleine, l’ouragan Dorian a eu une autre conséquence pour le moins étonnante : il semble avoir «annulé» une marée, pour ainsi dire. Cet effet fut largement passé sous silence, mais il a été mesuré dans tout le Saint-Laurent jusqu’à Québec.

«Ça fait 29 ans que je fais le traversier entre Trois-Pistoles et l’île aux Basques, et je n’ai jamais vu ça. L’eau ne montait juste pas», témoigne le gardien de l’île aux Basques, Jean-Pierre Rioux. Comme d’autres capitaines du coin, celui-ci a besoin de la marée haute pour quitter la marina de Trois-Pistoles. Normalement, les marées sont faciles à prévoir puisqu’elles sont régies par la gravité de la Lune et du Soleil. Mais le dimanche 8 septembre, la marée prévue n’est tout simplement jamais arrivée. Et quand M. Rioux s’est présenté avec deux touristes à embarquer, en fin de matinée, son bateau gîtait encore sur le fond marin au lieu de flotter.

Environnement

Poussières dans Limoilou: Arrimage Québec et le Port de Québec pointent le transport routier

Les poussières excessives dont se plaignent les résidents de Limoilou proviennent non pas des opérations de manutention de vrac du Port de Québec, mais bien plutôt du réseau routier, selon Arrimage Québec et l’Administration portuaire de Québec (APQ).

Le juge Jacques G. Bouchard, de la Cour supérieure, a commencé lundi à entendre le second procès en recours collectif intenté contre Arrimage Québec et l’APQ. Alors que le premier procès ne concernait que l’épisode de poussière rouge survenu le 25 octobre 2012, le deuxième réfère au problème récurrent de poussières que vivent 38 000 résidents de la basse-ville depuis 2010. 

Les demandeurs, Véronique Lalande et Louis Duchesne, réclament des dommages compensatoires pour troubles et inconvénients de même que des dommages punitifs pour atteinte à leur droit à un environnement sain garanti par la Charte des droits et libertés de la personne. Ils demandent 1000 $ par année par citoyen touché. 

Les requérants réclament aussi une injonction contre la Compagnie Arrimage Québec afin de la forcer à cesser d’émettre de la poussière et des contaminants qui dépassent les normes. Pour l’avocat d’Arrimage Québec, Me Sylvain Chouinard, «ce qu’on demande à Arrimage, c’est d’opérer sur des bases qui n’existent nulle part ailleurs dans le monde».

Lundi, l’avocat des demandeurs, Me François Pinard-Thériault, a souligné que ces derniers «ne seraient pas là si le problème était anecdotique». «De 2010 à aujourd’hui, il y a eu à multiples reprises des épisodes où la poussière a envahi le quartier Limoilou», a plaidé Me Pinard-Thériault, qui attribue ces épisodes aux opérations de manutention de vrac du Port de Québec. Selon lui, les mesures d’atténuation mises en place par Arrimage Québec et le Port de Québec sont clairement insuffisantes. «Notre prétention, c’est qu’ils n’ont pas adopté les meilleures pratiques», a-t-il dit. 

Les procureurs d’Arrimage Québec et de l’APQ ont tous deux rappelé que la zone visée par le recours est située à environ 1,5 km des installations portuaires, dans un milieu urbain «très industrialisé» et «ceinturé par un réseau de transport lourd». 

L’avocat de l’APQ, Me Vincent Rochette, a indiqué à cet égard qu’entre le 3 août 2017 et le 6 août 2018, des échantillons de poussières avaient été recueillis dans 24 points de collecte situés à l’intérieur et à l’extérieur de la zone concernée par le recours. Les résultats auraient révélé que plus de 97 % de ces poussières ne provenaient pas des activités de manutention de vrac du Port de Québec, a-t-il précisé. 

Selon ces expertises, c’est le transport routier qui serait «le plus grand responsable» des poussières, plus particulièrement les abrasifs et les sels de déglaçage qui, au printemps, «sont libérés avec le vent et le passage des véhicules», a dit Me Rochette. «Il y a aussi l’architecture des quartiers qui expose de manière accrue les résidents aux poussières qui proviennent du transport», a-t-il ajouté.

«Collante» et «abrasive»

Les demandeurs ont fait entendre lundi six résidents importunés par le problème de poussière. La plupart ont décrit une poussière grise «collante» ou «abrasive», et difficile à nettoyer. Les balcons et les meubles de balcon sont «toujours sales», tout comme les fenêtres et les bords de fenêtres, ont-ils mentionné. 

Chloé Barabé, qui habite dans les Lofts du Couvent, sur la 8e Avenue, a dit avoir lavé ses fenêtres «trois ou quatre fois cet été». «Si on ne les lave pas, la lumière n’entre plus dans notre unité», a-t-elle précisé.

Pauline Beaudet, qui demeure sur la 2e Avenue, a raconté ne plus pouvoir utiliser sa corde à linge «parce que le linge devient sale à cause de la poussière», a-t-elle expliqué. Mme Beaudet s’est également dite inquiète pour sa santé. «C’est de la poussière de quoi, on le sait pas. On en mange, on en respire... Est-ce que ça peut être nocif? On le sait pas.»

Une autre résidente, cette fois de la rue d’Hedleyville, a elle aussi fait part de ses craintes pour la santé de sa famille. Carole Desmarais, son conjoint et leur fils souffrent de «bronchites à répétition», a témoigné Mme Desmarais, qui n’a toutefois jamais eu d’avis médical quant à la cause de ces bronchites. «On a été sans médecin de famille pendant sept ou huit ans», a-t-elle justifié. 

Selon elle, les poussières, qui seraient de différentes textures et couleurs (beige, grise et noire), s’accumuleraient rapidement, notamment sur sa table de patio. «Je la nettoie, et la poussière revient après 20 minutes», a illustré celle qui doit aussi nettoyer régulièrement le revêtement extérieur (blanc) de sa maison et qui ne peut laisser ses deux portes-patio ouvertes sans devoir faire ensuite «un grand ménage» à l’intérieur. 

Tous les témoins entendus lundi ont convenu ne pas avoir fait analyser l’origine des poussières.

Les demandeurs ont prévu de faire témoigner une soixantaine de citoyens de la basse-ville au total pendant le procès, qui se déroulera jusqu’en décembre. Les témoins du Port de Québec, notamment l’ancien pdg Ross Gaudreault et l’actuel pdg Mario Girard, se feront ensuite entendre.

Environnement

Un hiver long, rude, avec des températures sous la normale se pointe à l'horizon

Le mois d'octobre sera doux, avec des températures au-dessus de la normale, mais prenez garde et n'attendez pas à la dernière minute pour changer les pneus de votre voiture, car des flocons pourraient subitement se mettre sur votre route, selon MétéoMédia qui prédit un hiver rude et long.

Un doux soleil d'automne et des températures au-dessus des normales saisonnières sont à prévoir pour le reste du mois de septembre et pour le mois d'octobre au Québec. Mais selon MétéoMédia, de la neige pourrait rapidement tomber.

«On pourrait être rapidement surpris, on pourrait passer d'un extrême à l'autre, prenez votre rendez-vous pour changer vos pneus dès mi-octobre» a averti André Monette, chef du service météorologique à MétéoMédia en entrevue avec La Presse canadienne.

Dans quelques semaines, «un dôme d'air froid» provenant de la baie d'Hudson devrait descendre vers le sud du Québec et «il y aura une bataille entre le dôme d'air frais et la chaleur présente dans le sud des États-Unis» selon André Monette qui prédit que les températures ne devraient pas baisser sous les normales durant les trois prochains mois.

Toutefois, «le dôme d'air froid provenant de la baie d'Hudson finira par gagner cette bataille et prendra de plus en plus d'importance à mesure que la saison hivernale progressera» selon le météorologue.

Un hiver long et rude se pointe donc à l'horizon pour le nord-est de l'Amérique du Nord.

«On risque d'avoir un hiver assez corsé surtout lors de la deuxième moitié, à partir de janvier, février et mars, on pourrait être vraiment sous la normale», a indiqué monsieur Monette qui a tenu à préciser que ces prévisions peuvent toutefois encore changer.

À l'opposé, «une bulle d'air chaud» présent dans le Pacifique permettra aux citoyens de la côte ouest du continent de profiter de températures au-dessus de la normale pour les prochains mois.

Un Noël blanc?

Les Québécois peuvent espérer un Noël blanc selon MétéoMédia qui n'écarte toutefois pas un scénario semblable à l'an dernier, alors que quelques épisodes de redoux s'étaient insérés dans les températures très froides du mois de novembre et de décembre, engendrant ainsi un Noël sur la glace, plutôt que sous la neige, pour plusieurs régions.

De la chaleur et de la pluie dans les Maritimes

Les provinces de l'Atlantique profiteront aussi d'un automne avec des températures au-dessus des normales saisonnières, et selon MétéoMédia, l'hiver pourrait mettre du temps à s'installer en raison «d'une bulle de douceur présente sur la côte est américaine». Toutefois, cette même masse d'air chaud pourrait provoquer des dépressions côtières qui amèneront beaucoup de pluie.

«Il n'y aura pas nécessairement de la pluie à tous les jours, mais plutôt des gros systèmes qui amènent beaucoup de pluie en peu de temps», a précisé André Monette, chef du service météorologique à MétéoMédia.

Après Noël, des températures froides en dessous de la normale sont à prévoir pour les Maritimes.

Environnement

Les sommes requises pour contrer l'érosion aux Îles-de-la-Madeleine n'y sont pas

Le passage de l'ouragan Dorian n'a pas fait de victimes humaines aux Îles-de-la-Madeleine, mais a causé de nouvelles blessures à l'archipel lui-même et tout indique qu'on ne pourra assurer la protection des berges comme on le souhaiterait.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a salué lundi le travail de préparation et de rétablissement des services d'urgence et a assuré que l'on s'occupait de réparer et de protéger les endroits les plus touchés et où cette protection est urgente.

La ministre a précisé que le travail d'évaluation et de protection se poursuit en permanence entre les tempêtes et qu'il y a des sommes prévues pour réaliser les travaux de protection contre l'érosion.

Cependant, les experts évaluent ces travaux à plus de 50 millions $, ce qui représente la totalité des sommes disponibles pour l'ensemble du Québec pour ce genre d'ouvrage de protection contre l'érosion. Or, Mme Guilbault a clairement indiqué en mêlée de presse qu'il n'était pas question «de consacrer toute la somme provinciale pour un seul endroit» et qu'il était donc nécessaire d'«identifier les zones plus à risque, les problèmes les plus urgents aux Îles».

La nécessité de ces travaux est devenue à la fois évidente et pressante à la suite de la tempête de vent de novembre 2018 qui avait modifié le paysage et coupé les télécommunications aux Îles.

La saison des tempêtes n'est pas encore commencée dans le secteur du Golfe du Saint-Laurent et les Madelinots craignent le pire à l'approche de l'automne.

État d’urgence

Entre-temps, toutefois, Québec a décrété l'état d'urgence aux Îles, tel que l'avait réclamé le maire Jonathan Lapierre, pour parer au plus urgent à la suite du passage de Dorian.

Par ailleurs, le projet d'installer un nouveau câble de télécommunications sous-marin afin d'assurer une redondance en cas de bris n'a toujours pas été réalisé, mais la ministre assure qu'il suit son cours.

Mme Guilbault a cependant précisé qu'à la suite de la rupture des communications l'an dernier un système de téléphonie par satellite avait été installé aux Îles et que celui-ci s'était avéré très commode durant la fin de semaine.

Environnement

L'heure est au nettoyage en Atlantique et aux Îles-de-la-Madeleine après Dorian

HALIFAX — L'heure est au nettoyage dans les provinces de l'Atlantique et dans l'est du Québec, maintenant que Dorian a quitté le Canada. Les rafales et les pluies torrentielles de la tempête post-tropicale ont laissé d'importantes cicatrices dans de nombreuses régions du pays.

Les services d'hydroélectricité de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Edouard et de Terre-Neuve-et-Labrador s'affairent à rebrancher les milliers de clients laissés dans le noir aux réseaux d'électricité, une tâche énorme notamment en Nouvelle-Écosse où plus de 200 000 foyers étaient toujours sans courant lundi matin.

De nombreux arbres se sont abattus sur des poteaux électriques lors du passage de Dorian et l'importante quantité de débris dans les rues rend le travail des équipes difficile.

La grande patronne de Nova Scotia Power, Karen Hutt, a d'ailleurs indiqué qu'il faudrait probablement attendre la semaine prochaine avant que l'électricité revienne dans l'ensemble des régions de la province. Elle a ajouté que ses équipes reçoivent l'aide de travailleurs du Québec, de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick, de la Floride et du Maine.

Des soldats des Forces armées canadiennes aident également à dégager les routes afin que les véhicules utilitaires puissent se rendre sur les lieux de travail.

De nombreuses écoles de la Nouvelle-Écosse sont fermées lundi et les responsables des mesures d'urgence ont exhorté les habitants des zones durement touchées à demeurer à la maison.

Au Nouveau-Brunswick, plus de 15 500 clients de Énergie NB étaient toujours sans électricité lundi matin, tandis que la situation se résorbait tranquillement en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

La tempête n'a fait aucune victime.

Environnement

Greta Thunberg à Montréal pour la grève du 27 septembre

La jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg sera de passage à Montréal, à l'occasion de la grève mondiale pour le climat qui s'organise le 27 septembre, en pleine campagne électorale fédérale.

L'adolescente de 16 ans a confirmé sa présence par le biais des réseaux sociaux, dimanche.

Environnement

Dorian frappe les Îles-de-la-Madeleine [VIDÉO]

Les Madelinots se sont fait brasser dans la nuit de samedi. L’ouragan Dorian s’est abattu sur les Îles-de-la-Madeleine pour laisser derrière lui des dégâts importants, autant sur les infrastructures que sur les berges.

«On en a vu d’autres, on est habitués, mais pas à cette période-ci. Ça fait 10 ans que je reste aux Îles et côté vent et dégâts, que ce soit les côtes ou les infrastructures, les impacts sont quand même importants», laisse savoir la directrice générale d’Attention FragÎles, Marie-Ève Giroux, jointe par le Soleil par téléphone. 

L’organisme dont elle s’occupe œuvre depuis 1988 à la protection de l’environnement des Îles-de-la-Madeleine. Toute la semaine, elle et son équipe se promèneront pour constater l’étendue des dommages : après la tempête, place au ménage.

«Je suis allée voir à quelques endroits près de chez moi et j’ai vu des impacts importants au niveau des dunes et des falaises. Il y a un escalier qui nous permettait d’accéder à une plage qui est complètement pulvérisé. Chaque fois qu’il y a une grosse tempête, il faut réfléchir. Qu’est-ce qu’on doit faire pour l’avenir?»

Attention FragÎles est l'un des seuls organismes de la région à s’occuper de la restauration du territoire.

Environnement

Changements climatiques: les plus pauvres seront les plus affectés

L'ouragan Dorian a dévasté les Bahamas, faisant une vingtaine de morts, et plaçant la dimension humaine des changements climatiques au premier plan des nouvelles. Cette catastrophe naturelle survient alors qu'on assiste à l'échec continu de nombreux gouvernements à réduire efficacement leurs émissions de gaz à effet de serre.

Deux rapports sur le climat récemment publiés par le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies   donnent un aperçu des défis futurs.

Un précédent rapport sur les changements climatiques et la pauvreté, publié en juin 2019, a été rédigé par Philip Alston, le rapporteur spécial sur l'extrême pauvreté et les droits humains. Ce rapport attire l'attention sur l'impact disproportionné et dévastateur du changement climatique sur les personnes vivant dans la pauvreté.

Les deux rapports soulignent que les gouvernements doivent agir d'urgence. Nos recherches suggèrent que le droit international relatif aux droits humains peut déjà offrir des outils utiles pour prévenir et réparer les injustices climatiques, y compris les responsabilités des entreprises, telles que renforcées dans le rapport Boyd.

Le rapport Alston classe les impacts du changement climatique sur les droits de l'humain comme un apartheid climatique dans lequel les riches « paieraient pour échapper à la surchauffe, à la faim et aux conflits pendant que le reste du monde souffrirait ». L'ampleur de cette urgence climatique dépend dans une large mesure des efforts déployés par la communauté internationale pour en atténuer les effets.

Une augmentation de 1,5 degré par rapport aux niveaux préindustriels pourrait exposer 457 millions de personnes supplémentaires à des risques liés au climat, notamment l'élévation du niveau de la mer, les inondations, les sécheresses, les incendies de forêt, les dommages aux écosystèmes, la production alimentaire et la disponibilité de l'eau potable.

Une augmentation de deux degrés mettrait 100 à 400 millions de personnes supplémentaires en danger de souffrir de la faim, et un milliard à deux milliards de personnes n'auraient peut-être pas accès à suffisamment d'eau. Au total, 140 millions de personnes dans les régions les plus pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine pourraient être déplacées par les changements climatiques d'ici 2050.

Les deux rapports font état de pertes et de dommages permanents qui dépassent nos capacités financières et technologiques. Notre recherche récente documente des incidents existants dans les petits pays vulnérables. Comme nous l'avons conclu dans une autre contribution récente à Politique climatique, les personnes touchées par les changements climatiques provoqués par l'humain chercheront de plus en plus à être dédommagées par ceux qui ont contribué aux dommages subis.

Échelle d'impact

Les engagements actuels en matière d'atténuation entraîneront toujours une hausse de trois degrés ou plus des températures mondiales. Les Contributions Déterminées au Niveau national (CDN) à l'Accord de Paris laissent un vide important. De nombreux pays n'ont pas encore atteint l'objectif qu'ils s'étaient fixé de respecter les engagements qu'ils avaient pris à l'égard des CDN.

L'ampleur de l'impact global, même à 1,5 degré, est sans précédent. Les changements climatiques exacerberont la pauvreté et les inégalités entre pays développés et pays en développement, ainsi qu'à l'intérieur des pays.

L'inégalité de cet impact disproportionné est exacerbée par le fait que ceux qui vivent dans la pauvreté ont contribué - et continueront de contribuer - le moins au problème. La moitié la plus pauvre de la population mondiale n'est responsable que de 10 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre. D'autre part, une personne qui se situe dans le haut de l'échelle d'un pour cent (ce qui inclut la plupart des citoyens de la classe moyenne dans les pays développés) est en moyenne responsable de 175 fois plus d'émissions qu'une personne dans les 10 pour cent inférieurs.

En quête de justice climatique

La justice climatique a été un refrain constant de nombreux pays en développement vulnérables pendant les négociations sur le climat. Cependant, à mesure que les pays développés s'enrichissaient en brûlant une quantité irresponsable de combustibles fossiles, le droit international n'a pas réussi à déterminer la responsabilité des pays riches de fournir une aide aux pays en développement. Entre-temps, presque aucune attention n'a été accordée à la compréhension de la manière dont les responsabilités indépendantes des entreprises en matière de respect des droits humains s'appliquent dans le contexte climatique.

Cependant, s'il est clair que les pays développés sont largement responsables des émissions historiques, certains des principaux émetteurs énumérés dans le rapport novateur de Richard Heede sont au Sud comme l'Arabie saoudite, l'Iran, la Chine, l'Inde, le Venezuela, le Koweit, Abou Dhabi et l'Algérie. Leurs activités ont permis d'accumuler une grande richesse pour leurs industries et leur pays (ou du moins pour leurs gouvernements), mais elle a contribué à des impacts dévastateurs sur le climat pour d'autres .

Le rapport Alston suggère que la seule façon d'aborder les dimensions des droits humains de la crise climatique est que les États réglementent efficacement les entreprises. Ceux qui sont lésés par les changement climatiques pourront poursuivre les entreprises responsables devant les tribunaux. Cela signifie qu'en l'absence de réglementation, les entreprises n'ont pas la responsabilité de réduire leurs émissions.

Pourtant, les « Messages clés sur le changement climatique et les droits de l'Homme » de l'ONU stipulent que « les entreprises sont aussi soumises à des devoirs et doivent être responsables de leurs propres impacts climatiques ».

De même, la déclaration de 2018 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels sur les changements climatiques note expressément que « les personnes morales sont tenues de respecter les droits énoncés dans le Pacte, que les lois nationales existent ou soient pleinement appliquées dans la pratique ».

Diverses autres initiatives se sont attaquées aux responsabilités des entreprises, notamment les Principes de 2018 sur les obligations des entreprises en matière de climat.

Les effets dévastateurs des changements climatiques sur ceux qui vivent déjà dans la pauvreté sont de plus en plus difficiles ou impossibles à éviter. Étant donné que de nombreux États ne respectent pas leurs propres obligations, il est crucial que la responsabilité des entreprises de respecter les droits humains soit prise au sérieux par ceux qui plaident pour une action climatique. Les entreprises, en tant que partie prenante de la société, doivent assumer leurs responsabilités afin d'atténuer les impacts climatiques croissants sur ceux qui peuvent le moins se permettre de les supporter.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Environnement

Ouragan Dorian: pannes de courant majeures en Nouvelle-Écosse

HALIFAX — La puissante tempête post-tropicale Dorian a balayé les Maritimes samedi, déracinant des arbres, arrachant des toits et coupant des lignes électriques sur son passage. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont été privées de courant, tandis que l'oeil de la tempête a touché terre à proximité d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, samedi soir.

Des pluies torrentielles, des vagues déferlantes et de puissantes rafales jusqu'à 150 kilomètres/heure ont été rapportées en début de soirée, avec la capitale néo-écossaise qui semblait la plus durement touchée.

En début de soirée samedi, des taux de précipitations de 100 millimètres et plus avaient été enregistrés dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse selon Environnement Canada.

La tempête devait se déplacer dans le Golfe du Saint-Laurent après minuit.

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Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent qu'une imposante grue a basculé à Halifax et s'est effondrée sur le bâtiment voisin. Aucun blessé n'a été rapporté dans l'immédiat.

Dans le sud de la ville, le toit d'un immeuble à logements a été arraché. D'autres images montrent de nombreux arbres déracinés, des rues inondées, des débris projetés dans les airs et une promenade riveraine gravement endommagée.

Nova Scotia Power Inc. signalait que près de 390 000 de ses clients étaient privés de courant un peu avant minuit, heure locale.

Environnement

Legault n'assistera pas à la Climate Week: l'opposition furieuse

Le premier ministre François Legault a choisi de ne pas participer au Sommet des Nations unies sur les changements climatiques, la «Climate Week», qui se tiendra à la fin du mois à New York.

Ce faisant, il rompt avec la tradition installée depuis une dizaine d'années par ses prédécesseurs, les ex-premiers ministres Philippe Couillard et Jean Charest, qui tenaient à être présents sur une base régulière à cet événement d'envergure internationale, notamment pour rappeler la contribution du Québec à la lutte aux changements climatiques par la réduction des gaz à effet de serre.

Cette décision a fortement contrarié les trois partis d'opposition, qui ont fait front commun vendredi pour dénoncer l'absence présumée d'intérêt et de sensibilité du premier ministre envers la crise climatique et l'urgence de la situation.

Chaque année, depuis 10 ans, le sommet de l'ONU attire à New York des leaders du monde entier préoccupés par cet enjeu, dont des leaders politiques.

En matière de protection de l'environnement, «son désengagement n'a plus de sens», a commenté la porte-parole libérale sur la question, la députée Marie Montpetit, en parlant du premier ministre. «Il est en complète contradiction», a renchéri le porte-parole péquiste, le député Sylvain Gaudreault. «Il baisse les bras», ajoute la porte-parole de Québec solidaire, la députée Manon Massé, convaincue qu'il néglige «le dossier le plus fondamental» de notre époque.

Les partis d'opposition reprochent notamment au premier ministre Legault de prôner un double standard, lorsqu'on parle d'économie et d'environnement. On rappelle qu'il n'hésite pas à se présenter au Forum économique de Davos et de se rendre à New York pour tenter de vendre de l'électricité, alors qu'il boude les deux grands rendez-vous internationaux sur la crise climatique: la COP24 tenue en Pologne en décembre dernier et la Climate Week, fin septembre à New York.

Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de François Legault, «le Québec a clairement perdu son image de leader à l'international dans le dossier de la lutte aux changements climatiques», conclut Marie Montpetit, en entrevue téléphonique.

De toute évidence, le premier ministre «ne mesure pas, intérieurement, l'importance de l'enjeu des changements climatiques et l'urgence d'en faire une priorité. Le reste, c'est du discours», déplore Mme Montpetit, constatant le peu d'actions concrètes à ce jour.

L'opposition péquiste critique de son côté le «double standard» de M. Legault, prompt à s'investir sur les questions économiques, mais muet sur la crise climatique.

«Il n'a pas intégré l'urgence climatique et la crise climatique dans son approche», a commenté le député péquiste Sylvain Gaudreault, persuadé que le premier ministre prône toujours «un modèle d'économie du 20e siècle».

Il conclut que le premier ministre renonce ainsi à une occasion de promouvoir les initiatives du Québec en ce domaine sur la scène internationale, voyant là une brèche à la posture «nationaliste » affichée par M. Legault.

«Il aime bien se prétendre nationaliste, mais il ne va pas jusqu'au bout de cette logique», selon lui.

Au moment où le secrétaire général de l'ONU, Antonio Gutierrez, rappelle aux États «la nécessité de rehausser les plans de lutte aux changements climatiques, le Québec répond absent», déplore la députée solidaire Manon Massé.

«C'est inacceptable», a-t-elle ajouté, se disant «inquiète» et persuadée qu'«une grande partie» de la population pense comme elle.

«Le gouvernement Legault vient de baisser les bras» sur cette question, a-t-elle conclu.

Le gouvernement du Québec sera représenté au Sommet de New York par le ministre de l'Environnement, Benoît Charette, et celui de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

Actualités

Veille d’ouragan dans certaines parties du Canada atlantique

HALIFAX — L’ouragan Dorian devrait toucher le Canada atlantique samedi soir avec des vents soufflants à 100 km/h, de la pluie forte et d’importantes vagues. Les autorités ont prévenu vendredi que cette météo pourrait occasionner des dégâts importants dans la région.

Le Centre canadien de prévision des ouragans a indiqué vendredi qu’une veille d’ouragan est en vigueur pour le sud-ouest de Terre-Neuve et les Îles-de-la-Madeleine, au Québec.

Un avertissement de vents de force ouragan est en vigueur pour les régions du centre et de l’est de la Nouvelle-Écosse.

Des veilles de tempête tropicale sont également en vigueur dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, l’ouest de la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le nord-ouest de Terre-Neuve.

«Nous nous attendons à ce qu’il touche terre sous forme d’ouragan, qu’il se déplace vers Terre-Neuve dans le golfe du Saint-Laurent, puis qu’il devienne une tempête post-tropicale à ce stade», a déclaré Bob Robichaud, un météorologue de sensibilisation aux alertes du centre.

«Mais ce sera un ouragan post-tempête tropicale, ce qui signifie que nous avons toujours des vents d’une force ouragan associés à cette tempête.»

Robichaud a indiqué que les vents violents toucheraient d’abord le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse tôt samedi et que l’oeil de la tempête devrait atterrir près d’Halifax ou immédiatement à l’est de la capitale provinciale d’ici samedi soir.

«Nous devrions nous attendre à des choses comme des arbres déracinés, des arbres brisés - qui pourraient entraîner des coupures de courant prolongées», a déclaré M. Robichaud.

Selon les prévisions, la plupart des secteurs devraient subir des vents de la force de ceux d’une tempête tropicale souffler de 90 à 110 km/h.

Près de la trajectoire prévue et au sud de celle-ci, les vents devaient atteindre une force ouragan de 120 km/h ou plus.

Les pêcheurs de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse ont exprimé leurs inquiétudes quant à la force potentielle de Dorian, car les bateaux ont été déplacés vers des zones abritées et attachés ensemble.

«Il y a énormément d’activité autour du quai», a déclaré Evan d’Entremont, le propriétaire de Evans Fresh Seafoods, âgé de 60 ans, à West Pubnico, sur la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, qui abrite l’un des secteurs de pêche commerciale les plus actifs du Canada.

«Espérons que nous n’aurons pas trop de raz de marée, a-t-il lancé. C’est le tueur ici.»

La plupart des navires de la région étaient revenus aux quais vendredi après-midi. Les pêcheurs les ont attachés ensemble en longues rangées.

«Vous ne pouvez pas faire grand-chose», a estimé Jamey Mood, un pêcheur de 38 ans vivant à Pubnico-Ouest.

Comme la plupart des Néo-Écossais, M. Mood s’affairait à acheter du propane pour son barbecue et de l’essence pour sa voiture, ainsi que de s’assurer d’avoir suffisamment d’eau et de denrées non périssables pour trois journées.

À Fredericton, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a annoncé l’annulation de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, qui devait commencer dimanche dans la ville portuaire de Saint-Jean.

Environnement

Des vents violents détruisent près de 20 000 érables dans Chaudière-Appalaches

Entre 15 000 et 20 000 érables auraient été déracinés ou brisés par des vents destructeurs mercredi soir à Sainte-Rose-de-Watford dans la région administrative de Chaudière-Appalaches. Environnement Canada tente de faire la lumière sur ce qui s'est produit.

«Une ligne d'orage» est passé sur Sainte-Rose-de-Watford mercredi soir, selon Environnement Canada qui n'était pas en mesure, jeudi soir, d'expliquer exactement ce qui s'était produit la veille.

En entrevue avec La Presse canadienne, la météorologue de l'agence, Rebecca Cyr, a expliqué «qu'il faudra attendre l'analyse des images satellitaires pour déterminer si une tornade ou une microrafale» a dévasté le secteur.

Le vent a détruit entre 15 000 et 20 000 érables qui servent à la production de sirop selon le maire de la municipalité, Hector Provençal, qui est allé constaté de visu les dégâts:

«Il n'y a plus rien à faire avec ça, les arbres sont cassés ou déracinés complètement sur quatre à cinq kilomètres».

Selon lui, cette destruction représente «des pertes entre 135 000$ et 155 000$ par année» pour les cinq ou six acériculteurs touchés.

«Il y en a pour qui c'est la principale production, le principal revenu, et il faudra attendre au moins deux générations avant que les arbres qui seront plantés deviennent matures», a précisé le maire Provençal.

Sur sa page Facebook, le producteur Richard Fleury a écrit que sa famille avait perdu, à première vue, près de trois mille arbres.

«Ce matin mes grands-parents doivent se revirer dans leurs tombes. Tant d'années à entretenir, à monter une entreprise viable. Combien de dizaines de milliers d'heures de travail...tout détruit en 1 minute. 5 générations de travail. Au moins 2 générations vont passer avant de réentailler ces secteurs détruits. »

Le maire Hector Provençal a indiqué que des agents du ministère de la Sécurité publique doivent se rendre inspecter les lieux lundi, d'ici là, monsieur provençal voudrait «qu'un drone survole le secteur» pour constater l'ampleur des dégâts.

Environnement

Un outil statistique pour voir ce qui se passe dans la tête des gens sur le climat

MONTRÉAL - Vous vous demandez ce que pensent vos voisins des changements climatiques? Ou encore ce qui trotte dans la tête des Canadiens à l’autre bout du pays au sujet de la taxe sur le carbone? Juste à temps pour l’élection fédérale d’octobre, un professeur de l’Université de Montréal, avec des collègues d’universités américaines, a réalisé un travail statistique monstre pour créer un outil interactif permettant de scruter les opinions et les perceptions des gens sur le climat, d’un océan à l’autre, par province et même au niveau très local, par circonscription.

Il s’agit d’une première application au Canada d’un tel modèle statistique, souligne Erick Lachapelle, un professeur agrégé de sciences politiques de l’Université de Montréal qui est derrière cette initiative.

Cette version 2019 est une mise à jour d’un premier modèle confectionné en 2016, peu de temps après l’élection du premier ministre Justin Trudeau.

Cet outil permet de vérifier une foule de choses, de réfléchir sur les différences d’opinions entre les habitants de certaines provinces, mais aussi de voir si les désirs des électeurs d’une circonscription sont bien représentés par leurs élus. Il peut aussi aider à briser des mythes sur les façons de voir des citoyens de certaines provinces.

«Notre étude montre qu’une vaste majorité des Canadiens croient aux changements climatiques et soutiennent les politiques en la matière partout au pays», conclut le professeur Lachapelle à l’aide de son outil.

Il précise certains de ses constats: cette compilation révèle qu’à l’échelle nationale, 83 pour cent des Canadiens croient que la Terre se réchauffe, mais les nouvelles cartes de l’opinion publique montrent de nettes différences entre les provinces et les circonscriptions. Alors que plus de 70 pour cent des adultes croient au réchauffement climatique en Alberta, ils sont 89 pour cent à partager cette opinion au Québec. À l’échelle des circonscriptions électorales, ces chiffres varient de 60 pour cent pour la circonscription de Souris-Moose Mountain, en Saskatchewan, à 93 pour cent pour la circonscription de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Il relève aussi de fortes correspondances entre l’opinion publique et certaines politiques à l’échelle des provinces: après l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec est la province qui soutient le plus fortement le marché du carbone, alors que la Colombie-Britannique est la plus favorable à une taxe sur les combustibles fossiles, explique M. Lachapelle. «Ces résultats suggèrent qu’il n’y a pas eu de réaction de rejet à l’égard de ces politiques lorsqu’elles ont été mises en oeuvre», dit-il.

Les Cartes de l’opinion publique canadienne sur le climat (COPCC) ont été créées à l’aide d’un modèle statistique basé sur les réponses de plus de 9000 participants à des sondages nationaux menés entre 2011 et 2018. Elles sont accessibles à tous sur le site de l’Université de Montréal. L’Université de Californie à Santa Barbara a contribué à développer le modèle pour la mise à jour et pour la version originale, à laquelle les universités Yale et celle l’Utah ont aussi travaillé.

«Cela va aider à nourrir le débat public», juge M. Lachapelle qui croit que les changements climatiques seront l’un des enjeux les plus importants du prochain scrutin fédéral.

Mais l’outil sera aussi utile aux décideurs politiques, aux chercheurs et à tous ceux qui veulent savoir comment les gens voient les choses ailleurs au pays.

Il montre aussi l’évolution de la pensée chez les Canadiens en ce qui a trait aux changements climatiques. Entre 2011 et 2018, plus de gens attribuent les changements climatiques à l’activité humaine qu’avant et sont d’avis que cela les affecte dès maintenant, explique le professeur.

Toutes les estimations sont dérivées d’un modèle statistique et géographique validé par la littérature universitaire et appliqué à des données issues de sondages pancanadiens administrés depuis 2011 par le chercheur lui-même. Ces données ont été utilisées pour estimer les différences d’opinions entre des groupes géographiques et démographiques tirés des données de Statistique Canada. Les résultats tiennent compte des changements d’attitude au fil du temps, précise-t-on.

Les cartes sont accessibles au : umontreal.ca/climat

Environnement

L'ouragan Dorian se renforce dans les Caraïbes, la Floride menacée

MIAMI — Donald Trump a annoncé jeudi annuler son voyage en Pologne en raison de l’ouragan Dorian qui se dirige vers les Bahamas et pourrait frapper lundi les côtes de Floride, où l’état d’urgence a été décrété.

Dorian se renforçait encore jeudi dans les Caraïbes après être passé au nord de Porto Rico et devrait devenir vendredi un ouragan «majeur». Le Centre national des ouragans (NHC) évoque une «probabilité accrue» de menaces pour les vies humaines ce week-end ou en début de semaine prochaine, lors du passage de l’ouragan sur les côtes de Floride.

La Géorgie a, à son tour, déclaré jeudi l’état d’urgence pour une partie de cet État frontalier de la Floride. Le gouverneur, Brian Kemp, a averti que cette tempête avait le «potentiel de produire des effets catastrophiques pour les habitants» de la région côtière du sud-est des États-Unis.

Le président américain, qui possède plusieurs propriétés en Floride, dont sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, était attendu dimanche à Varsovie pour commémorer le 80e anniversaire du début de la Deuxième Guerre mondiale.

«Afin de permettre que l’ensemble des moyens de l’État fédéral soient focalisés sur la tempête qui arrive, j’ai décidé d’envoyer notre vice-président, Mike Pence, en Pologne à ma place ce week-end», a déclaré Donald Trump.

Le dirigeant républicain a appelé personnellement son homologue polonais Andrzej Duda pour «s’excuser» de devoir annuler sa visite à Varsovie et promettre qu’il s’y rendrait «dans les prochains mois», a déclaré le chef de cabinet du président polonais, Krzysztof Szczerskiun, cité par l’agence PAP.

Concert des Stones devancé

Selon le dernier point du Centre national des ouragans américain à 21h jeudi, Dorian, qui est toujours un ouragan de catégorie 1 sur les cinq que compte l’échelle de Saffir-Simpson, charriait des vents à 140 km/h.

L’œil de Dorian se trouvait à 535 kilomètres à l’est des Bahamas et il se déplaçait vers le nord-ouest à une vitesse de 20 km/h.

Le NHC rappelle qu’il doit se renforcer et pourrait devenir un ouragan «majeur» (de catégorie 3 ou plus, avec des vents à au moins 178 km/h) vendredi. Les autorités s’attendent à ce qu’il reste un ouragan «extrêmement dangereux pendant le week-end».

Selon les prévisions du NHC, Dorian devrait déverser, sur des portions de la côte sud-est des États-Unis, des pluies dont l’accumulation atteindra de 12 à 25 centimètres.

«Tous les habitants de Floride devraient avoir préparé un plan. N’attendez pas que ça soit trop tard!» a mis en garde le gouverneur de cet État, Ron DeSantis. «Vous devriez avoir suffisamment de réserves de nourriture, d’eau et de médicaments pour tenir sept jours», a-t-il appuyé pendant une conférence de presse.

En conséquence, les habitants de Miami notamment commençaient à affluer dans les supermarchés et les étals commençaient à se vider.

Son panier rempli de bouteilles d’eau dans un supermarché de Miami Beach, Magdalena Gomez, 57 ans, obéissait aux instructions des autorités en se préparant à vivre son premier ouragan.

«S’ils me disent d’acheter de l’eau, j’achète de l’eau. Je fais tout ce qu’ils me disent», explique, dans un rire, cette Argentine.

«Il y avait une queue horrible au Costco», une des plus grosses chaînes d’hypermarchés du pays, racontait Cristina Grand, une résidente de Miami de 55 ans.

Les Rolling Stones, qui devaient faire danser le public de Miami samedi soir, ont devancé leur concert à vendredi, à cause des mauvaises conditions météo annoncées. Mick Jagger et sa bande avaient déjà dû, le mois dernier, déplacer une date de concert à la Nouvelle-Orléans en raison du passage de la tempête Barry.

Menace «déjà passée»

Lundi étant férié pour cause de fête du Travail, le week-end prolongé qui arrive et qui marque la fin de l’été est traditionnellement l’occasion pour les Américains de voyager.

Ocean Drive, artère de Miami Beach prisée des touristes, était anormalement calme jeudi et certaines tables de restaurants ne trouvaient pas preneurs.

«Soyez prêts et s’il vous plaît, suivez les instructions de l’État [de Floride] et du gouvernement fédéral, ça sera un très gros ouragan, peut-être un des plus gros», avait tweeté Donald Trump jeudi matin.

Porto Rico soufflait pour sa part, la gouverneure de ce territoire américain affirmant que la menace était «déjà passée».

Mais la querelle politique, elle, n’est pas terminée.

«Maintenant que Dorian se dirige vers la côte Est, espérons que Donald Trump mette de côté ses préjugés et son racisme et s’assure de l’efficacité de la réponse fédérale», a tweeté la mairesse de la capitale, San Juan, qui a très sévèrement critiqué la réponse apportée en 2017 à l’ouragan Maria par l’administration Trump.

Environnement

Les océans en passe de devenir nos pires ennemis selon l'ONU

PARIS — Les océans, sources de vie sur Terre, pourraient devenir nos pires ennemis à l’échelle mondiale si rien n’est fait pour donner un grand coup de frein aux émissions de gaz à effet de serre, selon un projet de rapport obtenu en exclusivité par l’AFP.

Les réserves de poissons pourraient décliner, les dégâts causés par les cyclones se multiplier et 280 millions de personnes seraient déplacées à cause de la hausse du niveau des mers, selon ce rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), sur les océans et la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires et sols gelés en permanence), qui sera officiellement dévoilé le 25 septembre à Monaco.

Ce document riche de 900 pages est le quatrième rapport spécial de l’ONU publié en moins d’un an. Les précédents, tout aussi alarmants, portaient sur l’objectif de limitation à 1,5 °C du réchauffement climatique, sur la biodiversité et sur la gestion des terres et du système alimentaire mondial.

Selon ce quatrième opus, qui compile les données scientifiques existantes et est vu comme une référence, la hausse du niveau des océans pourrait à terme déplacer 280 millions de personnes dans le monde. Et ce dans l’hypothèse optimiste où le réchauffement climatique serait limité à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Avec l’augmentation prévisible de la fréquence des cyclones, de nombreuses mégapoles proches des côtes, mais aussi de petites nations insulaires seraient frappées d’inondation chaque année à partir de 2050, même dans les scénarios optimistes.

«Quand vous observez l’instabilité politique déclenchée par des migrations de faible ampleur, je tremble en pensant à un monde où des dizaines de millions de personnes devraient quitter leurs terres avalées par l’océan», s’inquiète Ben Strauss, président-directeur de Climate Central, un institut de recherches basé aux États-Unis.

Le rapport prévoit en outre que 30 % à 99 % du permafrost, couche du sol gelée en théorie toute l’année, fondent d’ici 2100, si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel.

Le permafrost de l’hémisphère nord va libérer sous l’effet du dégel une «bombe carbone» faite de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4), accélérant le réchauffement.

Des phénomènes, déjà en cours, pourraient aussi mener à une diminution continue des réserves de poissons, dont dépendent de nombreuses populations pour se nourrir. Les dommages causés par les inondations pourraient être multipliés par 100, voire jusqu’à 1.000 d’ici 2100.

La fonte des glaciers provoquée par le réchauffement climatique va donner trop d’eau douce, puis trop peu, à des milliards de personnes qui en dépendent, pointe aussi un «résumé pour décideurs» provisoire qui sera discuté ligne par ligne par les représentants des pays membres du GIEC, réunis à Monaco à partir du 20 septembre.

Frilosité des principaux émetteurs

Selon le rapport, les hausses des niveaux de la mer au 22e siècle «pourraient dépasser plusieurs centimètres par an», soit environ cent fois plus qu’aujourd’hui.

Si l’augmentation des températures est de 2°C en 2100, ce sera le début d’une «course en avant» dans la montée des mers, avertit Ben Strauss.

La publication de ce rapport arrivera après la tenue à New York le 23 septembre d’un sommet mondial pour le climat convoqué par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il veut obtenir des engagements plus forts des pays pour réduire leurs émissions de CO2 alors qu’au rythme actuel, elles conduiraient à un réchauffement climatique de 2 à 3°C d’ici la fin du siècle.

Les experts craignent que la Chine, les États-Unis, l’Union européenne et l’Inde — les quatre principaux émetteurs de gaz à effet de serre —, arrivent avec des promesses qui ne soient pas à la hauteur des enjeux.

Ainsi, outre Atlantique, fait observer Michael Mann, directeur du Earth System Science Center à l’Université de Pennsylvanie, «les techno-optimistes pensent toujours qu’on peut trouver des moyens de résoudre ce problème», alors même que «les États-Unis ne sont pas prêts à affronter une augmentation d’un mètre du niveau de la mer d’ici 2100» pour certaines de leurs villes comme New York et Miami.

Des quatre grandes régions économiques représentant près de 60% des émissions issues des combustibles fossiles, aucune ne semble prête à annoncer des objectifs plus ambitieux pour réduire les émissions de leurs économies.

Donald Trump met à bas la politique climatique de son prédécesseur Barack Obama et souhaite que les États-Unis quittent l’Accord de Paris de 2015. Un Accord qui vise à maintenir l’augmentation moyenne de température bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et autant que possible à 1,5°C.

L’Inde est de son côté en train de développer rapidement l’énergie solaire, mais continue d’accroître ses capacités charbonnières.

L’Union européenne tend vers un «objectif de neutralité» carbone à atteindre pour 2050, mais plusieurs États membres rechignent à s’engager.

La Chine, qui émet presque autant de CO2 que les États-Unis, l’Union européenne et l’Inde combinés, envoie des signaux contradictoires.

«L’attention de Pékin s’éloigne progressivement des enjeux environnementaux et du changement climatique», déclare Li Shuo, analyste de Greenpeace International. Il l’explique par l’inquiétude suscitée par le ralentissement de l’économie chinoise et la guerre commerciale avec les États-Unis.

Shanghai, Ningbo, Taizhou et une demi-douzaine de grandes villes côtières chinoises sont très vulnérables à la future élévation du niveau de la mer, qui devrait monter d’un mètre par rapport au niveau global de la fin du XXe siècle en cas de maintien des émissions de CO2.

Environnement

391 livres de déchets vidés du ruisseau Dupuis à Sainte-Marie-de-Beauce

Quelque 391 livres de déchets ont été retirés du ruisseau Dupuis à Sainte-Marie-de-Beauce, samedi dernier, lors d’une corvée de nettoyage organisée conjointement par le Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC) et la Mission 100 tonnes.

Une vingtaine de personnes ont sillonné le cours d’eau et ses rivages. Pendant près de 3 heures, ils ont remonté le ruisseau à deux ou trois reprises, pour trouver de nouveaux déchets chaque fois.

Les sacs de plastique et les emballages y étaient abondants. «Le plastique est ce qui pèse le moins. Il se glisse facilement sous les roches et dans les racines», fait valoir Émilie Sirois du Comité de bassin de la rivière Chaudière. Une plaque d’immatriculation, un toutou et un châssis d’auto ont également été extraits. 

Un citoyen qui ne pouvait participer à l’activité est revenu en fin d’après-midi avec 3 chaudières pleines de rebuts ramassés sur sa propriété riveraine. Lors de la corvée de nettoyage, Jimmy Vigneux, cofondateur de la Mission 100 tonnes, a rappelé l’importance de protéger les cours d’eau en retirant un déchet à la fois.

«Un déchet à la fois»

Chaque année, vers les mois de mai ou juin, le COBARIC organise une opération de nettoyage de la rivière Chaudière en kayaks et en canots. Quelques tronçons de kilomètres sont alors assainis. 

M. Vigneux a cofondé la Mission 100 tonnes, en collaboration avec le Mouvement des Artisans du changement. Avec l’écologiste spécialiste des mammifères marins et du fonctionnement des écosystèmes, Lyne Morissette, il s’est donné comme mandat de retirer 100 tonnes de déchets des cours d’eau de la planète, en commençant par le fleuve Saint-Laurent.

Jusqu’à présent, 44 tonnes ont été amassées dans le cadre de la mission. 

L’organisation entreprenait sa première tournée québécoise, cet été. 

Environ 8 millions de tonnes de plastique aboutissent dans les océans tous les ans.

Environnement

Greta Thunberg prévoit une arrivée mardi à New York à bord d’un voilier zéro carbone

STOCKHOLM — Greta Thunberg, jeune égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, a indiqué lundi sur Twitter que le voilier zéro carbone à bord duquel elle traverse l’Atlantique devrait accoster mardi à New York.

Le Malizia II, skippé par Pierre Casiraghi, fils de la princesse Caroline de Monaco, et l’Allemand Boris Herrmann, a quitté le port de Plymouth (sud de l’Angleterre) le 14 août pour une traversée de deux semaines qui doit permettre à l’adolescente d’assister au sommet mondial de l’ONU, prévu en septembre dans la mégapole américaine.

Lundi, le bateau approchait des côtes américaines, poussé par un fort vent arrière.

«Des vents forts nous poussent vers l’ouest. Nous prévoyons d’arriver dans la marina de North Cove, à Manhattan, New York dans l’après-midi ou la soirée de mardi», a twitté Greta Thunberg.

Dans un tweet publié quelques heures plus tôt dimanche, vidéo à l’appui, elle faisait état de vents soufflant à «20-25 noeuds, et jusqu’à 30 noeuds, avec de grosses vagues».

La Suédoise de 16 ans a refusé de se rendre au sommet mondial de l’ONU en avion à cause des émissions de carbone que ce transport génère. Pierre Casiraghi a mis gratuitement à sa disposition un bateau pour parcourir les 3000 milles nautiques séparant les côtes britanniques des États-Unis.

L’adolescente a célébré le 20 août, à bord du voilier, un an de «Grève pour le climat».

À la rentrée scolaire 2018, alors en dernière classe de collège, Greta Thunberg avait décidé de faire l’école buissonnière chaque vendredi et de s’installer devant le Parlement à Stockholm pour sensibiliser les députés à l’urgence climatique.

Son action, rapidement relayée par les réseaux sociaux et les médias, a inspiré des milliers de jeunes à travers le monde et donné naissance au mouvement «Fridays for future».

Le Malizia II, voilier de 18 mètres de long, est équipé de panneaux solaires et de turbines sous-marines permettant de générer l’électricité qui alimente les instruments de navigation, le pilote automatique, les dessalinisateurs et un laboratoire pour tester le niveau de CO2 des eaux.

Le périple atlantique de Greta Thunberg a été entaché d’une polémique après qu’un des deux navigateurs, l’Allemand Boris Herrmann, eut indiqué que plusieurs personnes prendraient l’avion pour New York afin de ramener le bateau pour l’Europe après la traversée.

L’organisation a assuré que ces vols seraient «compensés» pour réduire le bilan carbone de l’expédition.

Greta Thunberg a quant à elle reconnu qu’elle ne savait pas encore quel moyen de transport elle utiliserait pour rentrer en Europe.

Environnement

Manifestation «historique» pour la planète en septembre

Le 15 mars dernier, ils étaient des centaines de milliers dans les rues, aux quatre coins du globe, pour une mobilisation mondiale contre les changements climatiques. Le 27 septembre prochain, ils seront de retour.

Les Québécois étaient de ceux qui avaient répondu présents à ce rassemblement. Ils s’étaient regroupés devant l’hôtel de ville vers 13h, pancartes à la main, pour manifester. L’objectif était de faire pression sur le gouvernement. 

Les étudiants de la partie réclamaient aussi aux institutions scolaires plus de transparence dans leurs investissements, et l’instauration d’un programme à l’environnement et à la crise climatique à l’école.

«Entre le 15 mars et le 27 septembre, 196 jours se seront écoulés. Et tout nous pousse à croire que sans mobilisation de plus grande envergure, nos décideurs et décideuses ne prendront pas d’initiatives en vue d’éviter le pire, mais aussi en vue de nous proposer un monde plus respirable. Habitable. Un monde tout simplement plus désirable», peut-on lire sur la page Facebook de l’événement. 

En mars, ils étaient officiellement 150 000 étudiants en grève au Québec. Montréal, Québec, Alma, Baie-Comeau, Cap-aux-Meules, Carleton-sur-Mer, Gaspé, Gatineau, Joliette, La Pocatière, Magog, Mont-Laurier, Rimouski, Rivière-du-Loup, Rouyn-Noranda, Saguenay, Saint-André-Avellin, Saint-Félicien, Saint-Hyacinthe, Sept-Îles, Shawinigan, Sherbrooke, Trois-Rivières, Valcourt et Warwick sont parmi les endroits où les rues étaient bondées de monde. 

«On s’était lancé une nouvelle invitation : le 27 septembre. On s’était dit que même si ce que l’on venait d’accomplir était beau, cette date-là, elle, serait encore plus grandiose. On s’était dit que ce serait encore plus gros, plus puissant. C’était un rendez-vous. Ce rendez-vous est aujourd’hui marqué à l’agenda», est-il aussi inscrit sur Facebook. 

Québec sera donc du mouvement Earth Strike, un mouvement populaire qui s’étend dans maintenant 22 pays à travers le monde et qui réclame une action immédiate des gouvernements et des entreprises du monde entier sur le climat.

Sur le réseau social, l’événement est encouragé par plusieurs organismes connus tels que Eau Secours, La planète s’invite au Parlement et Accès transports viables. 

Deux rendez-vous sont donnés le 27 septembre prochain, un premier rassemblement à 11h sur Grande Allée Ouest et une autre à midi, devant l’Assemblée nationale. 

Environnement

Juillet 2019 a été le mois le plus chaud sur Terre depuis 140 ans

WASHINGTON — Le mois de juillet dernier a été le mois le plus chaud sur Terre depuis le début des mesures météorologiques en 1880.

L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a rapporté jeudi que le dernier mois de juillet avait été 0,95 degré Celsius plus chaud que la moyenne du 20e siècle pour ce mois.

Puisque juillet est généralement le mois le plus chaud de l’année sur la planète, cela signifie également que juillet 2019 a fracassé tous les autres records mensuels des 140 dernières années, soulignent les météorologues.

La température moyenne du mois dernier a dépassé de 0,03 degré le précédent record pour un mois de juillet, établi en 2016.

Plusieurs pays européens ont vécu un mois de juillet exceptionnellement chaud cette année, notamment la France, la Belgique et l’Allemagne.

Le hameau de Markusvinsa, en Suède, a enregistré un record de 34,8 degrés Celsius, la température la plus élevée mesurée au nord du cercle polaire arctique.

Selon les registres de la NOAA, neuf des dix mois de juillet les plus chauds ont eu lieu depuis 2005. Le mois dernier était le 43e mois de juillet consécutif au-dessus de la moyenne du 20e siècle.

Les températures record vont de pair avec d’autres extrêmes climatiques. Le réchauffement des océans a entraîné une fonte rapide de la glace de mer dans le détroit de Béring entre la Russie et l’Alaska, souligne Rick Thoman, spécialiste du climat à l’Université de l’Alaska à Fairbanks.

Le mois de juin dernier avait déjà établi un record pour un mois de juin depuis 140 ans.

La moyenne annuelle est également supérieure de 0,95 degré Celsius à la moyenne à long terme, mais reste légèrement en deçà du record de 2016, indique la NOAA.

Environnement

Ottawa lance un nouveau portail sur les données climatiques

MONTRÉAL - Ottawa lance un nouveau portail d’intérêt pour les décideurs, les agriculteurs, l’industrie touristique, la santé publique et, en définitive, les citoyens qui s’intéressent au climat et à ses répercussions.

Ce portail, donneesclimatiques.ca, a été lancé officiellement, jeudi à Montréal, par la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna.

Il est financé en partie par le gouvernement du Canada et plusieurs organisations y participent, parmi lesquelles le consortium de scientifiques et experts en climatologie Ouranos.

Les informations y sont classées par secteur, par emplacement et par différentes variables.

On peut par exemple y trouver le nombre de jours avec des températures maximales supérieures à 29 degrés Celsius, 30 degrés et 32 degrés, le nombre de «nuits tropicales», soit des jours où la température minimale ne descend pas sous les 18 degrés Celsius.

On peut aussi y trouver le nombre de «jours de croissance des plantes», le jour le plus chaud, la température moyenne et autres.

Parmi les autres collaborateurs, on trouve le Centre de recherche informatique, le Centre canadien des services climatiques, le Centre climatique des Prairies.

Environnement

Des efforts pour étouffer la «plante zombie» à Lac-Sergent [VIDÉO]

Lac-Sergent passe à l’attaque contre le myriophylle à épis, surnommé la «plante zombie». Un groupe de bénévoles a installé les premières toiles de jute dans le fond de ce lac de Portneuf au début août, pour tenter d’étouffer cette plante exotique envahissante qui menace la santé du plan d’eau.

Pour l’instant, cette opération coûte 30 000 $ à la municipalité qui compte 500 résidences permanentes et chalets. Lors du passage du Soleil mardi, une dizaine de bénévoles étaient à l’oeuvre pour plier la toile de jute et ensuite partir en chaloupe l’installer dans le fond du lac. Des sacs de gravier permettent de tenir la bâche au sol, qui se dégradera naturellement d’ici trois à cinq ans. Des plantes indigènes, qui sont bénéfiques pour le lac, devraient ensuite repousser naturellement.

Mais le processus n’est pas de tout repos. Le myriophylle peut atteindre jusqu’à trois mètres à l’heure actuelle dans le lac Sergent, si bien qu’il est difficile de le rabattre complètement au sol, pour le couper de toute lumière. Alors que la municipalité a commandé 100 000 pieds carrés de toile de jute, seulement 16 000 pieds carrés auront été installés cette année. 

«On va reprendre l’an prochain, à la fin juin, quand la plante va être moins haute», indique Yves Bédard, maire de Lac-Sergent. 

Environnement

Changements climatiques: des effets sur le contenu de notre assiette

GENÈVE, Suisse — Les changements climatiques nous frappent là où ça compte : l’estomac.

C’est ce que conclut un nouveau rapport scientifique des Nations unies, qui examine le cercle vicieux des interactions entre le réchauffement climatique et les terres. Les changements climatiques causés par l’homme dégradent considérablement les terres, et la façon dont les gens utilisent les terres aggrave le réchauffement climatique.

Le rapport scientifique dévoilé jeudi indique que cette combinaison rend déjà les aliments plus chers, plus rares et encore moins nutritifs.

«Le cycle s’accélère», a noté Cynthia Rosenzweig, climatologue à la NASA et coauteure du rapport. «La menace de voir les changements climatiques avoir un impact sur la nourriture des gens est en augmentation.»

Mais si les humains changent leur façon de manger, de cultiver les aliments et de traiter les forêts, cela pourrait aider à sauver la planète d’un avenir beaucoup plus chaud, ont déclaré des scientifiques.

Les masses terrestres de la Terre, qui ne représentent que 30 % du globe, se réchauffent deux fois plus vite que l’ensemble de la planète. Bien que les gaz piégeant la chaleur causent des problèmes dans l’atmosphère, on a moins parlé des terres dans les discussions sur changements climatiques. Un rapport spécial, rédigé par plus de 100 scientifiques et approuvé à l’unanimité par des diplomates du monde entier lors d’une réunion à Genève, propose des solutions, en plus de lancer davantage d’avertissements.

«Notre façon d’utiliser les terres fait partie du problème, mais aussi de la solution», a déclaré Valérie Masson-Delmotte, une climatologue française qui copréside l’un des groupes de travail. «La gestion durable des terres peut aider à assurer un avenir confortable.»

Des changements nécessaires

Lors de la conférence de presse de jeudi à Genève, les scientifiques ont souligné à la fois la gravité du problème et la nécessité de procéder rapidement à des changements sociétaux.

«Nous ne voulons pas d’un message de désespoir», a déclaré Jim Skea, membre du comité scientifique et professeur à l’Imperial College London. «Nous voulons faire passer le message que chaque geste fait la différence.»

Werner Kurz, chercheur principal à Ressources naturelles Canada et l’un des deux Canadiens ayant participé à la rédaction du rapport, estime que la plupart des gens ne comprennent pas l’ampleur et le rythme des changements climatiques. Il croit tout de même que les rapports comme celui publié jeudi doivent être utilisés pour proposer des solutions potentielles, et pas seulement pour alerter les gens.

«En tant que scientifiques, nous devons faire preuve de prudence lors de la communication de scénarios catastrophes, car si nous créons un monde effrayant, la conséquence sera l’inaction», a-t-il déclaré. «Les gens seront paralysés et craintifs.»

Le rapport indique que le changement climatique a déjà aggravé la dégradation des sols, entraîné la croissance des déserts, le dégel du pergélisol et rendu les forêts plus vulnérables à la sécheresse, aux incendies, aux parasites et aux maladies. Cela s’est produit même si une grande partie de la planète est devenue plus verte, en raison de la quantité supplémentaire de dioxyde de carbone dans l’air. Le changement climatique a également ajouté d’autres facteurs qui ont réduit le nombre d’espèces sur Terre.

Et l’avenir pourrait être pire.

«La stabilité de l’approvisionnement alimentaire devrait diminuer avec l’ampleur et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes qui perturbent les chaînes alimentaires», indique le rapport.

Mais de meilleures pratiques agricoles — telles que l’agriculture sans labour et une application d’engrais mieux ciblée — ont également le potentiel de lutter contre le réchauffement planétaire, en réduisant jusqu’à 18 % des niveaux actuels la pollution par le carbone d’ici 2050, indique le rapport.

Si les humains changent leur alimentation, réduisent leur consommation de viande rouge et augmentent celle d’aliments à base de plantes, tels que les fruits, les légumes et les graines, le monde peut réduire d’encore 15 % les émissions actuelles d’ici le milieu du siècle. Cela aiderait également les gens à être en meilleure santé, a indiqué Mme Rosenzweig.

Les scientifiques ont souligné qu’ils ne voulaient pas dire aux gens quoi manger, car il s’agit d’un choix personnel.

La réduction du gaspillage alimentaire peut contribuer encore davantage à lutter contre les changements climatiques. Le rapport indique que de 2010 à 2016, les déchets alimentaires mondiaux ont représenté de 8 à 10 % des émissions piégeant la chaleur.

«Actuellement, de 25 à 30 % de la nourriture totale produite est perdue ou gaspillée», indique le rapport. Changer cela permettrait de libérer des millions de kilomètres carrés de terres.

Environnement

Alimentation et climat, le Giec montre les choix à faire

GENÈVE — Nourrir correctement les milliards de Terriens ou lutter contre le réchauffement climatique? Pour ne pas être un jour confronté à ce dilemme, il est indispensable de repenser l’usage des terres et nos habitudes alimentaires, avertit le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’ évolution du climat (Giec).

Les humains ont dégradé un quart des terres émergées : érosion des sols, désertification, déforestation, perte de biodiversité. Et le changement climatique accentue cette pression. Ce mélange explosif représente une menace pour la sécurité alimentaire d’une population grandissante, qui dépasse les 7 milliards d’individus.

Telles sont les conclusions majeures du rapport spécial du Giec sur «le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres» dévoilé jeudi.

«La pression humaine sur les terres grandit, les terres font partie de la solution, mais ne peuvent pas tout», a résumé Debra Roberts, du groupe des experts climat de l’ONU, lors d’une conférence de presse à Genève.

Le système alimentaire dans son ensemble génère «jusqu’à un tiers de nos émissions» de gaz à effet de serre, a souligné Eduardo Calvo Buendia, coprésident du Giec.

Le temps est compté, alors que le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53°C, le double de la hausse globale (océans compris), selon le rapport.

Risques pour l’alimentation

Les risques d’instabilité en termes d’approvisionnement alimentaire pourraient être «élevés» avec un réchauffement global de 1,5°C et «très élevés» à 2°C, a expliqué Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.

Il faut agir vite, insiste le Giec, qui énumère une série de mesures applicables à court terme, adaptées aux spécificités régionales. Des passages ont d’ailleurs été ajoutés au résumé de 65 pages pour les décideurs politiques, adopté au terme de cinq jours de discussions entre les 195 pays membres, pour tenir compte du problème des villes et de l’urbanisation galopante.

La marge est étroite si l’on veut à la fois contenir le réchauffement et ses effets dévastateurs sur les terres, et nourrir convenablement une population qui pourrait dépasser 11 milliards d’individus à la fin du siècle.

«Nous devons penser de manière beaucoup plus approfondie à la façon dont nous allons utiliser chaque hectare. Les terres doivent permettre de cultiver notre nourriture, fournir la biodiversité et l’eau douce, donner du travail à des milliards de personnes et capturer des milliards de tonnes de carbone», commente Piers Forster, professeur sur le changement climatique à l’université de Leeds.

Le Giec a élaboré différents scénarios pour limiter le réchauffement à 1,5°C ou bien en dessous de 2°C par rapport à la période pré-industrielle. Ils incluent des mesures d’atténuation basées sur les terres et des changements d’usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies.

Moins de viande

Les scénarios nécessitant d’importantes conversions de terres (reboisement pour capturer du CO2, champs dédiés aux bioénergies...) pour lutter contre le réchauffement pourraient avoir «des effets secondaires indésirables»: désertification, dégradation des terres, insécurité alimentaire...

Tout est une question d’échelle. «Nous montrons à quel point l’importance des surfaces cultivées pour produire cette biomasse peut être une pression supplémentaire sur l’utilisation des terres», a expliqué Valérie Masson-Delmotte.

Pour le Giec, outre les indispensables réductions de gaz à effet de serre, des solutions existent du côté du système alimentaire et des habitudes de consommation, car les changer ne nécessite pas de consommer plus d’espaces.

Actuellement, de «25 à 30 % de la production totale de nourriture est gaspillée», souligne le rapport, alors qu’environ 820 millions de personnes souffrent de la faim.

Si dans les régions pauvres, l’apport en protéines animales est parfois insuffisant, dans les pays riches, il dépasse les recommandations nutritionnelles de l’Organisation mondiale pour la santé. Deux milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses et «25 à 30 % de la production totale de nourriture est gaspillée».

Le rapport souligne l’importance de réduire le gaspillage et l’intérêt pour l’environnement et la santé de régimes moins riches en viande. Mais «le Giec ne prescrit pas les régimes des gens», a insisté son coprésident Jim Skea.

Ce travail est le deuxième d’une série de trois «rapports spéciaux» du Giec, après celui sur la possibilité de contenir le réchauffement à 1,5°C, l’an dernier, et avant celui sur les océans et la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires) attendu fin septembre, au moment où l’ONU organisera un sommet sur le climat à New York.

Environnement

Un 12e béluga retrouvé mort

Une carcasse de béluga s’est échouée, mardi, aux Méchins, à environ 40 km de Matane.

Le cadavre du nouveau-né, qui portait encore son cordon ombilical, est le douzième béluga à être retrouvé sur les berges du Saint-Laurent depuis le début de la saison. 

«La perte d’un nouveau-né est toujours une mauvaise nouvelle pour une population en voie de disparition, s’attriste le président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud. Ce jeune ne viendra pas participer au rétablissement de l’espèce.» 

Le GREMM rappelle que les douze carcasses trouvées ne représentent pas le nombre réel de décès de bélugas. Bien que le nombre de découvertes de carcasses puisse sembler inquiétant, il est trop tôt, selon le GREMM, pour savoir si la situation est anormale. 

«Avant la fin de la saison, c’est difficile de tirer des conclusions», indique M. Michaud. Rappelons que l’été dernier, douze bélugas avaient été retrouvés morts. 

En 2017, le nombre de carcasses s’était élevé à vingt-deux et, en 2016, on en avait répertorié quatorze.

Environnement

Avis d’ébullition levé à Saint-Nicolas

La Ville de Lévis informe les citoyens que l’avis préventif de faire bouillir l’eau est levé pour à Saint-Nicolas.

Il n’est donc plus nécessaire de faire bouillir l’eau avant de la consommer. 

La semaine dernière, mercredi, un bris d’aqueduc avait causé l’interruption de l’alimentation en eau potable dans le Village de Saint-Nicolas. La Ville avait rapidement effectué les travaux nécessaires pour remédier à la situation.

L’avis d’ébullition était en vigueur depuis cette date par mesure de prévention.

Les analyses bactériologiques effectuées à la suite de travaux d’aqueduc confirment maintenant que l’eau est potable. Aucune bactérie n’a été décelée dans les échantillons prélevés. L’eau est conforme aux exigences du Règlement sur la qualité de l’eau potable