Modélisation de la future usine de biométhanisation de Québec

L'usine de biométhanisation grimpe à 125 millions $

La Ville de Québec injectera 64,3 millions $, soit trois fois plus d'argent que prévu dans le projet d'usine de biométhanisation. Et Régis Labeaume reconnaît déjà que convaincre les gens de composter leurs restes de table dès 2018 sera «un très grand défi».
<p>Le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet a confirmé jeudi une subvention de 43,6 millions $ pour le projet d'usine de biométhanisation annoncé pour la première fois il y a quatre ans.</p>
Annoncée à 50,7 millions $ en 2010, l'usine qui transformera les matières organiques de façon écologique a bondi à 124,5 millions $. Cette hausse s'explique par l'ajout du traitement des boues municipales pour répondre aux normes gouvernementales.
Et une bonne partie de l'augmentation pour cette usine, qui deviendra dès janvier 2015 le deuxième plus grand chantier à Québec après l'amphithéâtre, sera épongée par la Ville de Québec. De 18,4 millions $ il y a quatre ans, la part de l'administration Labeaume grimpe à 64,3 millions $, soit près de 46 millions $ de plus.
Le ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet a aussi confirmé jeudi une subvention provinciale de 43,6 millions $. Ottawa versera 16,5 millions $.
«C'était quand même une grosse bouchée, a commenté jeudi le maire Régis Labeaume à propos de la contribution municipale. Mais la Ville, dit-il, a fait le choix de ce virage écolo avec une usine plus grande et à la fine pointe de la technologie pour au moins 20 ans. «On s'est dit qu'il faut être responsable et au lieu de faire de la politique, c'était vraiment le temps de gérer à long terme. Honnêtement, on est fiers. On va donner l'exemple», a dit M. Labeaume.
Cette usine compostera 86 000 tonnes de restes de table et 96 000 tonnes de boues municipales par an pour en extraire les gaz. Elle sera construite à côté de la station d'épuration des eaux usées près de la baie de Beauport et on prévoit qu'elle permettra de réduire de 25 %, soit 40 par jour, le nombre de camions qui prendront le chemin de l'incinérateur.
Pas de centre de compostage
Contrairement au projet initial, celui présenté jeudi ne nécessite pas d'envoyer ce qui sort de l'usine dans un centre de compostage à ciel ouvert. Les résidus biométhanisés (appelé digestat) seront plutôt traités par des entreprises privées qui viendront les cueillir au dépôt à neige De La Jonquière. La Ville lancera des appels d'offres pour trouver des firmes intéressées à recycler et à distribuer le digestat, notamment comme fertilisant. «Le digestat sera de première qualité. Les entreprises vont vouloir nous l'acheter», a souligné le conseiller Steeve Verret, responsable de l'environnement à la Ville.
Éducation
Biométhaniser veut aussi dire convaincre les citoyens de prendre une nouvelle habitude, celle de placer leurs restes de table dans un éventuel bac brun. Jeudi, le maire Régis Labeaume a admis que faire prendre cette habitude aux 550 000 citoyens de Québec ne se fera pas en un claquement de doigts. «Avouons que c'est quand même un défi. Tous les jours, convaincre les gens de poser ce geste», a-t-il reconnu. «Il n'y a pas de doute qu'il y aura de l'éducation à faire. Il va falloir qu'on l'explique. Ça demeure un très grand défi selon moi.»
<p>Steeve Verret</p>
Verret confiant après le succès du projet-pilote
Contrairement au maire Régis Labeaume qui croit que convaincre les gens de Québec de composter sera «un défi», son conseiller Steeve Verret est confiant devant le succès d'un projet-pilote qui a pris fin il y a un an. «Les gens nous disaient qu'ils voulaient continuer», a indiqué jeudi le conseiller municipal responsable de l'environnement.
De 2007 à 2013, la Ville a fait la collecte des restes de table de 3800 foyers, soit 90 % des 4200 approchés au début du projet-pilote. «La sensibilisation déjà été faite, estime M. Verret. Les gens ont participé et on pouvait voir la qualité de matières qu'ils mettaient à l'intérieur. La sensibilisation va être très, très facile.»
L'élu de Lac-Saint-Charles-Saint-Émile se souvient d'ailleurs des critiques formulées après l'arrêt du volet résidentiel de ce projet-pilote qui visait à tester la technique de collecte, la qualité des bacs de 45 litres et l'adhésion de la population.
Le projet-pilote avait permis de composter environ 300 tonnes de matières organiques par an, uniquement dans les résidences. Si on inclut le volet commercial, 1814 tonnes ont été cueillies en 2012. Les tests se poursuivent toujours auprès des industries et les matières organiques collectées sont transportées à Saint-Henri de Lévis pour être compostées.