Limoilou: le nickel encore au-dessus de la limite en 2013

Le taux annuel moyen de nickel dans l'air de Limoilou a baissé au cours de l'année 2013, mais est demeuré tous les mois au-dessus de la limite maximale établie par le gouvernement du Québec.
C'est ce qui ressort d'un tableau publié sur le site Web du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP). Ce tableau couvre la période allant de mars 2011 à décembre 2013. Il détaille les concentrations moyennes annuelles de nickel mesurées aux stations d'échantillonnage Des Sables et Beaucage.
La première station est positionnée dans la rue des Sables, près du parc d'Iberville, dans Limoilou. La seconde se trouve à proximité du parc Victorin-Beaucage, dans Vanier.
Si les taux à la station Beaucage demeurent toujours sous le plafond réglementaire, malgré une légère augmentation en deuxième moitié d'année 2013, il en est tout autrement à la station des Sables.
Pente descendante
Depuis le début de la compilation, les concentrations de nickel y ont toujours excédé la norme annuelle de 12 nanogrammes par mètre cube d'air (ng/m3). Cette limite était dépassée par trois ou quatre fois en 2012 et même bien davantage en 2011. Les mesures sont passées sous la barre du 20 ng/m3 à partir de mai 2013 et suivent une pente descendante depuis, mais ce n'est pas suffisant pour éclipser la norme.
Les concentrations compilées par le MDDEFP sont présentées sous forme de moyennes annuelles mobiles, comme le veut la norme établie en juin 2011 et incluse au Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère. Le résultat d'un mois donné fait donc référence à la moyenne des 12 mois précédents. 
Malgré une cassure constatée en novembre 2012, il serait donc hasardeux de conclure à un effet soudain des mesures de contrôle de la poussière initiées au Port de Québec après la médiatisation d'un premier épisode de poussière rouge dans Limoilou. La moyenne de ce mois particulier inclut en effet les données de toute une année.  
Épisode fort
La chute que l'on voit sur le graphique ci-contre s'explique plutôt par le fait qu'un épisode de pollution au nickel particulièrement fort -  810 ng/m3 - était survenu en novembre de l'année précédente. Le mois de novembre 2012 est donc le premier où la moyenne sur les 12 mois précédents n'incluait plus cet épisode. 
D'ailleurs, la même logique explique vraisemblablement une autre forte baisse qui apparaît en novembre 2011 : un autre gros pic de pollution, à 1670 ng/m3, s'est produit le 23 novembre 2010. Il est donc «sorti» de la moyenne des 12 mois précédents en novembre 2011.
Si l'air de Limoilou enfreint les normes québécoises sur la pollution au nickel, il n'est pas inutile de rappeler que celles-ci sont particulièrement sévères. Ainsi, en Ontario et en Europe, le seuil à ne pas franchir est de 20 ng/m3 - un seuil qui aurait été respecté en bonne partie en 2013. 
Pour 2014, les résultats seront présentés autrement, car la norme du nickel a été modifiée et doit désormais être respectée sur une base quotidienne. La limite est donc de 14 ng/m3 par période de 24 heures. Les données des premiers mois de l'année ne sont pas encore disponibles. 
Avec la collaboration de Jean-François Cliche