La Société des traversiers du Québec offre la traversée de l'île Verte vers le continent en canot pneumatique. Les passagers se retrouvent assis à travers les marchandises et les vivres essentiels à la vie sur l'île.

L'île Verte prisonnière de ses ordures 

À l'absence de traversier et à la pénurie imminente d'essence pour les résidents de l'île Verte, près de Rivière-du-Loup, s'ajoute un problème d'accumulation des ordures qui irrite la petite communauté insulaire. Le maire, Léopold Fraser, ne cache pas son insatisfaction et son impatience devant la lenteur de la Société des traversiers du Québec à trouver une solution.
«Ça commence à faire dur», laisse tomber M. Fraser. Cela fait 25 jours que les ordures n'ont pu être ramassées. Pour le maire, il y a urgence puisqu'avec le retour de la chaleur, les odeurs sont insoutenables. «Chaque propriétaire accumule chez lui les ordures, raconte-t-il. Tout le monde n'est pas organisé de la même façon. Moi, j'ai un garage avec une porte fermée. Je les accumule là pour ne pas attirer la vermine.»
Il est prévu qu'un petit camion à ordures puisse enfin faire la traversée mardi. «Ça va être le petit camion de la municipalité de L'Isle-Verte, en face d'ici, précise le maire de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, qui est le nom de la municipalité de l'île Verte. Il ne pourra pas ramasser toutes les vidanges d'un coup. Il va devoir faire quelques voyages.» Les ordures de l'île sont acheminées du côté du continent, soit au lieu d'enfouissement technique de Cacouna.
Vendredi, trois semaines après l'échouement du traversier Peter-Fraser qui assure la liaison fluviale entre Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et L'Isle-Verte, la Société des traversiers du Québec (STQ) a mis en place une barge tirée par un remorqueur. Celle-ci peut transporter quelques véhicules.
Depuis le lendemain de l'échouement du navire, la STQ offre la traverse des passagers dans un canot pneumatique. L'embarcation n'est pas couverte. Les gens se retrouvent assis à travers les marchandises et les vivres essentiels à la vie sur l'île. Des traversées sans passagers sont dédiées au transport de bidons d'essence. 
Solution pas idéale
Pour le maire, cette solution n'est vraiment pas idéale. «On avait trouvé un bateau couvert pouvant accueillir 48 personnes, relate Léopold Fraser. Il a fait la traversée aller-retour pour vérifier l'accostage. Mais la STQ ne s'est pas entendue avec le transporteur. Il y aurait eu un litige au niveau des assurances.»
«On est vraiment déçus, continue l'élu. Ça traîne en longueur. Ça n'aboutit pas. Ça nous a amenés à se questionner sur la bonne volonté de la STQ. On dirait qu'ils ne sont pas conscients de l'insécurité que nos gens vivent.» Mercredi, un canot pneumatique couvert devrait entrer en service.
Le maire Fraser évalue les pertes financières des entreprises touristiques de l'île à quelques dizaines de milliers de dollars. Jeudi, M. Fraser et l'une de ses concitoyennes rencontreront leur député, Jean D'Amour, à son bureau de Québec. Le maire exige un plan dans l'éventualité où une situation semblable surviendrait de nouveau. «Je veux un plan B pour qu'on puisse, à court terme, nous dépanner et pour ne pas que ça traîne comme ça, pour ne pas qu'on ait une solution de rechange trois semaines plus tard», réclame M. Fraser.
La STQ promet un service de traversées
La Société des traversiers du Québec (STQ) confirme qu'un canot pneumatique couvert offrira le service de traversées entre l'île Verte et le continent à compter de mercredi. L'entente a été signée avec Croisières AML. 
Selon la société d'État, si elle n'a pas réussi à s'entendre avec Croisières Neptune, ce n'est pas uniquement à cause d'une question d'assurances. «AML a proposé de recouvrir un de leurs zodiacs et cette solution s'avère plus adéquate que celle envisagée avec Croisières Neptune dans un souci de saine gestion des fonds publics», explique la porte-parole de la STQ, Maryse Brodeur.
La Société des traversiers a accordé le mandat à une firme d'architectes navals afin de fournir les charges maximales permises sur la barge. «La STQ a décidé de limiter le transport de toute marchandise à 15 tonnes métriques, précise Mme Brodeur. Ainsi, on peut transporter un camion et des voitures de promenade ou autres colis légers.»
La STQ assure qu'elle envisage l'élaboration d'un plan qui proposera des mesures de dépannage advenant une situation semblable à l'avenir.