Ligne à haute tension lac Saint-Jean-Montréal: Québec fait fi des objections

Québec passe outre les objections de citoyens et les réserves du BAPE pour donner le feu vert à la réalisation d'une ligne à haute tension qui reliera le lac Saint-Jean à l'est de Montréal.
Le titulaire du portefeuille des Ressources naturelles, Pierre Arcand, l'a confirmé en Chambre et à la sortie du Conseil des ministres. «C'est décidé», a répondu au Soleil M. Arcand. «Pour le projet Chamouchouane-Bout-de-l'Île, nous irons de l'avant.»
Il s'agira de l'aménagement d'une première ligne de 735 kilovolts (kV) par Hydro-Québec en 20 ans. Le tracé s'étire sur 400 kilomètres et nécessitera des investissements de l'ordre de 1,3 milliard $.
La Régie de l'énergie a donné sa bénédiction à son aménagement. Mais le Bureau des audiences publiques sur l'environnement - le BAPE - a réclamé qu'Hydro fasse une «pause», le temps de conduire de nouvelles études et peut-être même d'envisager d'autres options.
Un mouvement d'opposition s'est formé contre la proposition de la société d'État. Des édiles, des agriculteurs et des citoyens sont au nombre des opposants.
Pas un revers pour le BAPE
Le ministre Arcand a réfuté qu'il s'agisse d'un revers pour le BAPE qui «n'était pas contre. Le BAPE avait demandé de revoir certains éléments. Sauf que nous les avons regardés et ces éléments étaient beaucoup plus coûteux» que le projet initial.
Dans l'ensemble, la ligne Chamouchouane-Bout-de-l'Île comporte «des éléments qui sont plus globalement positifs», a commenté Pierre Arcand. Il a insisté que «déjà, il y a eu 13 ou 14 modifications au tracé qui ont été acceptées».
Selon Hydro-Québec, plus de 1000 emplois à temps plein seront créés pendant les cinq années de construction. Une source à la société d'État a affirmé que le projet servira à «désengorger le réseau» et ajoutera, a-t-on insisté, à la capacité d'exporter l'hydroélectricité aux États-Unis.