Québec est aux prises avec le froid extrême.

L'hiver le plus froid depuis 20 ans

Il faut remonter à 1993-1994 pour connaître un hiver aussi froid que celui qui se termine. Ou plutôt qui refuse de se terminer... Le mercure a affiché des températures de 1 à 2,5 °C sous les normales. En mars seulement, la température moyenne à Québec affiche - 13 °C alors que la normale est de - 6 °C.
«C'est très froid», lance, sans détour, le météorologue André Cantin pour qualifier l'hiver 2013-2014. Les températures moyennes observées ont été de 1 à 2 degrés sous les normales sur le sud-ouest de la province, et jusqu'à près de 2,5 degrés de l'Abitibi vers le Lac-Saint-Jean. Dans la capitale, la moyenne est de - 2,1 °C sous la normale, enregistrée entre le 21 décembre et le 17 mars. «Un tel hiver revient en moyenne tous les 10 à 20 ans», précise-t-il.
Malgré les redoux de janvier, ces froids ont entraîné une diminution de 5 à 15 % du nombre de jours pendant lesquels le mercure a grimpé au-dessus du point de congélation. Le résultat de ce nombre moins élevé de jours de dégel est que la neige au sol excède la normale de 40 à 95 % par endroits. Par contre, les secteurs entre Montréal et Québec sont près de la normale.
La neige a été hâtive et les premières semaines de décembre très neigeuses. «La neige déjà présente à la fin octobre sur certaines régions s'est installée à demeure à la fin novembre sur tout le Québec bien avant l'arrivée officielle de l'hiver. À la suite de cette arrivée hâtive de la neige, la période hivernale a joué au yo-yo avec le thermomètre autant qu'avec la patience des Québécois», retient M. Cantin.
Cependant, les précipitations totales ont été généralement de 15 à 40 % sous les normales depuis le 21 décembre. Un dans l'autre, cela fait qu'une région comme Québec devrait atteindre la moyenne de 315 centimètres qui s'abat annuellement. 
Le sud plus touché
Question. Avez-vous l'impression que les régions au sud du Saint-Laurent ont reçu plus de neige? Si vous répondez «Oui», vous ne gagnez rien, mais avez assurément raison. 
En fait, la neige a été de 20 à 30 % plus abondante que la normale sur la Gaspésie. À l'inverse, il y a eu 20 % moins de neige à Montréal et la moitié moins au Saguenay.
«Il y a eu beaucoup de tempêtes côtières», explique le météorologue. Les secteurs des Appalaches et de la côte est américaine ont été particulièrement touchés, par ricochet, le sud du Saint-Laurent qui longe ces régions l'a aussi été.
Pendant ce temps, le méchant vortex polaire, nouveau terme à la mode, s'accaparait le nord. Il empêchait l'air chaud de monter plus au nord en maintenant les températures qu'on a connues.
Vêtements chauds et pelle de rigueur
Le printemps arrive jeudi avec tuque, mitaines, foulard... et pelle. Jusqu'à 15 centimètres sont prévus dans la nuit de mercredi à jeudi sur la capitale. Après une autre dépression qui pourrait laisser quelques centimètres en fin de semaine, les températures froides se poursuivront la semaine prochaine.
Le «lâcher-prise», l'hiver, connaît pas. Le météorologue André Cantin prévient que deux dépressions se rencontreront au cours des prochaines heures. Une première s'amène sur les Grands Lacs et une seconde est en formation le long de la côte est américaine. «Ça pourrait dépasser 15 cm par endroits. La neige va tomber surtout dans la nuit de mercredi à jeudi à Québec et la journée de jeudi dans l'est de la province.»
Au cours des prochains jours, le mercure le jour s'approchera de la normale de saison de 1 °C. des précipitations liquides pourraient donc affecter certains secteurs. Mais ce sera de courte durée puisque les températures froides reviendront. Le retour au travail lundi devrait se faire dans un -14 °C le matin. Il faudra attendre la fin de la semaine pour sentir des températures au-dessus du point de congélation.