Le nouveau maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a affirmé n'entretenir aucun lien autre que professionnel avec sa collaboratrice Véronique Bouchard, dont il a vanté le travail.

Les terres de Rabaska ne sont «plus un enjeu», dit Lehouillier

L'administration de Gilles Lehouillier réaffirme son opposition au retour à la vocation agricole des terres du projet Rabaska à Lévis. Le maire estime avoir la population derrière lui. «Pour les gens, Rabaska n'est plus un enjeu.»
Gilles Lehouillier n'a jamais fait de secret sur sa position face aux terrains de Rabaska. À l'automne, pendant la campagne électorale, il a maintes fois répété qu'il souhaitait que les 272 hectares exclus du territoire agricole par décret en 2007 pour permettre la réalisation du projet de terminal méthanier conservent leur vocation industrialo-portuaire.
Cette semaine, il a officialisé sa position lors d'une rencontre avec le «facilitateur» mandaté par le gouvernement québécois pour trouver un consensus sur le sort des terres de l'Est lévisien. Québec veut les ramener dans le giron agricole, mais espère y parvenir par concertation plutôt qu'en ayant recours à une loi. C'est Gilles Vézina, ancien sous-ministre à l'Éducation et à l'Agriculture, qui est chargé de cette tâche.
M. Lehouillier voit comme un «repli économique» le retour des terres à la vocation agricole et il l'a clairement fait savoir à l'émissaire du gouvernement.
Si ce n'est pas pour le terminal de Rabaska - dont le gouvernement a pratiquement signé l'arrêt de mort -, le lieu pourrait accueillir d'autres projets de développement dans un secteur à «fort potentiel», le seul du secteur qui permet un port en eau profonde.
De toute façon, plaide-t-il, en attendant, les terres continuent d'être utilisées à des fins d'agriculture, en vertu d'une entente entre Rabaska et l'Union des producteurs agricoles. M. Lehouiller recommande donc au gouvernement de «maintenir le statu quo qui fait déjà consensus dans la région».
Opinion publique
Car pour lui, il est clair que la population partage l'opinion de son administration. La preuve, dit-il, c'est qu'elle a élu 14 des 15 conseillers de son équipe aux dernières élections. «Nous, on a été élus et je pense même que notre personne [Fleur Paradis] dans le secteur de Lauzon où est situé Rabaska a obtenu l'une des plus fortes majorités. C'est l'état de la situation en ce qui concerne ce projet-là. Et pour les gens, Rabaska n'est plus un enjeu.»
Un discours qui n'étonne pas Denis L'Homme, ancien sous-ministre au ministère des Ressources naturelles et militant de longue date contre Rabaska, qui dit avoir déjà entendu le même air de la part de l'ancienne mairesse Danielle Roy Marinelli.
Un «revirement»
«Ce qui m'étonne de la part de Lehouillier, c'est qu'en 2004, il manifestait contre le projet de Rabaska. C'est quand même assez étonnant, un revirement semblable. [...] Il y a un discours un peu incohérent, un peu opportuniste, je trouve.»
Les opposants à Rabaska continuent d'exiger le retour des terres dans le giron agricole. M. L'Homme parle d'un «énorme soutien» de la part du gouvernement qui n'a pas renouvelé le bail de Rabaska sur les terrains dans le fleuve où la compagnie voulait aménager son complexe méthanier. «On est passé à autre chose parce qu'on a acquis la conviction qu'il n'y aurait jamais de terminal méthanier ici. Maintenant, on réclame la phase deux de ça.»