Québec a décrété l’état d’urgence aux Îles-de-la-Madeleine, tel que l’avait réclamé le maire Jonathan Lapierre, pour parer au plus urgent à la suite du passage de Dorian.

Les sommes requises pour contrer l'érosion aux Îles-de-la-Madeleine n'y sont pas

Le passage de l'ouragan Dorian n'a pas fait de victimes humaines aux Îles-de-la-Madeleine, mais a causé de nouvelles blessures à l'archipel lui-même et tout indique qu'on ne pourra assurer la protection des berges comme on le souhaiterait.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a salué lundi le travail de préparation et de rétablissement des services d'urgence et a assuré que l'on s'occupait de réparer et de protéger les endroits les plus touchés et où cette protection est urgente.

La ministre a précisé que le travail d'évaluation et de protection se poursuit en permanence entre les tempêtes et qu'il y a des sommes prévues pour réaliser les travaux de protection contre l'érosion.

Cependant, les experts évaluent ces travaux à plus de 50 millions $, ce qui représente la totalité des sommes disponibles pour l'ensemble du Québec pour ce genre d'ouvrage de protection contre l'érosion. Or, Mme Guilbault a clairement indiqué en mêlée de presse qu'il n'était pas question «de consacrer toute la somme provinciale pour un seul endroit» et qu'il était donc nécessaire d'«identifier les zones plus à risque, les problèmes les plus urgents aux Îles».

La nécessité de ces travaux est devenue à la fois évidente et pressante à la suite de la tempête de vent de novembre 2018 qui avait modifié le paysage et coupé les télécommunications aux Îles.

La saison des tempêtes n'est pas encore commencée dans le secteur du Golfe du Saint-Laurent et les Madelinots craignent le pire à l'approche de l'automne.

État d’urgence

Entre-temps, toutefois, Québec a décrété l'état d'urgence aux Îles, tel que l'avait réclamé le maire Jonathan Lapierre, pour parer au plus urgent à la suite du passage de Dorian.

Par ailleurs, le projet d'installer un nouveau câble de télécommunications sous-marin afin d'assurer une redondance en cas de bris n'a toujours pas été réalisé, mais la ministre assure qu'il suit son cours.

Mme Guilbault a cependant précisé qu'à la suite de la rupture des communications l'an dernier un système de téléphonie par satellite avait été installé aux Îles et que celui-ci s'était avéré très commode durant la fin de semaine.

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L’ARMÉE ARRIVE EN RENFORT À HALIFAX

L’arrivée des militaires sous un soleil éclatant s’inscrit dans la grande opération visant à réparer les pannes d’électricité qui touchent une grande partie de la région atlantique depuis deux jours.

L’heure est au nettoyage dans les provinces de l’Atlantique après le passage de Dorian. Les rafales et les pluies torrentielles de la tempête post-tropicale ont laissé d’importantes cicatrices dans de nombreuses régions de l’est du pays.

Des militaires ont été déployés dans la région de Halifax, lundi, armés de scies à chaîne pour aider à retirer les nombreux arbres déracinés et les branches arrachées emmêlées dans les fils électriques.

Leur arrivée bien visible sous un soleil éclatant s’inscrit dans la grande opération visant à réparer les pannes d’électricité qui touchent une grande partie de la région atlantique depuis deux jours.

Les services d’hydroélectricité de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Edouard et de Terre-Neuve-et-Labrador s’affairent à rebrancher les centaines de milliers de clients privés de courant. Une tâche énorme, particulièrement en Nouvelle-Écosse, la province la plus touchée, où des dizaines de milliers de foyers et commerces étaient toujours sans courant lundi après-midi.

En début de journée, des véhicules blindés légers des Forces armées canadiennes sont arrivés dans un quartier à l’est du port de Halifax, où le lieutenant Gabriel Picard a été chargé de déplacer un imposant érable échoué dans une rue d’un secteur résidentiel.

«On est ici pour soutenir les autorités locales et pour aider à ce que les choses reviennent à la normale», a commenté Gabriel Picard, commandant de troupe au sein du 4e Régiment d’appui du génie basé à Gagetown, au Nouveau-Brunswick.

«Notre priorité est de dégager les routes et de s’assurer que les gens privés d’électricité sont en sécurité.»

Toutefois, le lieutenant et sa troupe n’ont pas pu entreprendre de couper l’arbre déraciné parce que ses branches étaient toujours accrochées aux fils électriques de l’autre côté de la rue. En attendant l’arrivée d’un technicien, ils ont dû ranger leurs scies à chaîne et prendre une pause.

Les militaires ont été accueillis par les salutations et les cris d’encouragement des enfants regroupés sur les trottoirs, eux qui se trouvent en congé forcé de l’école.

Environ 300 soldats de la base de Gagetown ont été envoyés en soutien aux efforts de rétablissement et une autre cohorte de 400 militaires a été mobilisée pour réagir en cas de besoin.

Encore quelques jours sans courant

Dimanche, la grande patronne de Nova Scotia Power, Karen Hutt, a indiqué que la province faisait face au pire scénario possible et qu’il faudrait probablement attendre jusqu’à mercredi avant que l’électricité ne revienne dans l’ensemble des régions de la province. Elle a ajouté que ses équipes recevaient l’aide de travailleurs du Québec, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de la Floride et du Maine.

Au Nouveau-Brunswick, plus de 80 000 clients d’Énergie NB se sont retrouvés sans électricité au plus fort de la tempête samedi. En milieu de journée, lundi, le porte-parole Marc Belliveau a indiqué que le nombre était maintenant réduit à 10 000 et que la majorité des clients devraient être rebranchés en soirée.

À l’Île-du-Prince-Édouard, la compagnie Maritime Electric a fait savoir que les travaux de réparation progressaient lentement. Sur Twitter, l’entreprise a reconnu que certains abonnés pourraient être privés de courant jusqu’à la fin de la semaine.

La tempête n’a fait aucune victime au Canada.