Les patinoires extérieures au secours de la planète

Des chercheurs de l'Université Wilfrid-Laurier, en Ontario, s'intéressent aux changements climatiques. Leur objet d'étude? Les patinoires extérieures!
Quelle meilleure façon de constater les fluctuations des températures hivernales que d'observer la glace d'une patinoire? Les fiers propriétaires de patinoires d'arrière-cour en savent quelque chose, eux qui scrutent chaque jour à la loupe l'état de leur précieuse surface glacée.
Des chercheurs du Département de géographie et d'études environnementales de l'Université Wilfrid-Laurier, à Waterloo, en Ontario, le professeur Robert McLeman en tête, ont sursauté quand ils ont pris connaissance en 2012 d'une étude d'un scientifique montréalais qui prévenait qu'en raison des changements climatiques, il y aurait de moins en moins de patinoires extérieures dans l'avenir.
Ils ont voulu documenter le phénomène et ont eu l'idée de demander aux principaux intéressés de participer à l'effort et de devenir scientifiques d'un hiver. Ils ont vite compris que le Canada abritait un réseau insoupçonné d'informateurs.
Les universitaires ont lancé en janvier 2013 le projet RinkWatch. L'idée était d'inciter les citoyens à partager leurs observations régulières sur l'état de la glace de leur patinoire d'arrière-cour ou de quartier.
«Au début, on s'attendait à recevoir 100 réponses», raconte un coordonnateur du projet, Bruno-Charles Busseau, chercheur en télédétection à l'Université de Sherbrooke. «Mais on en a eu au-delà de 1000! En 2014, on veut en attirer encore plus.»
Sept apprentis scientifiques
«Vous ne pensez peut-être pas qu'il s'agit de science, mais c'est exactement ce que vous allez faire», écrit-on sur le site rinkwatch.org, qui affiche sur une carte chacune des patinoires à l'étude et qui permet aux rinkwatchers de verser leurs données. Celles-ci sont colligées par les chercheurs et comparées à celles d'Environnement Canada. «On s'est aperçu que les données correspondaient à celles des stations météo», affirme M. Busseau. Et l'avantage des patinoires, c'est qu'elles sont bien plus nombreuses que les stations météo.
Dans la région de Québec, sept apprentis scientifiques participent à l'expérience. Le double objectif que se sont fixé les scientifiques est de surveiller les effets des changements climatiques sur les hivers nordiques, mais aussi de sensibiliser la population à l'effet de ces fluctuations sur la vie quotidienne et sur l'une des activités hivernales les plus prisées au pays.
Et particulièrement dans la région de Québec, où l'engouement pour le patinage à l'extérieur ne s'essouffle pas. Il n'y a qu'à penser à l'impatience avec laquelle les citoyens attendaient l'ouverture de l'anneau de glace sur les Plaines, pendant le temps des Fêtes.
De plus, depuis une semaine, plusieurs lecteurs ont répondu au Défi des patinoires lancé par Le Soleil et ont envoyé des photos et une description de la patinoire qu'ils bichonnent dans leur arrière-cour.
Samedi et dimanche, nous publierons d'ailleurs une sélection des oeuvres qui nous ont été soumises. En attendant, visitez notre page Facebook pour d'autres belles réalisations.