Les ministres de l'Environnement du G7 sont réunis en Italie pour discuter de l'Accord de Paris. Le représentant américain, Scott Pruitt (3e à partir de la gauche), n'a toutefois fait qu'un passage éclair. La ministre canadienne Catherine McKenna (4e) est sur place.

Les États-Unis à part au G7 de l'environnement

Les États-Unis ont confirmé lundi leur cavalier seul sur le climat en refusant de s'associer à un texte signé par les six autres pays du G7, dans lequel ils réaffirment «l'irréversibilité» de l'accord de Paris.
Les ministres de l'Environnement du G7, réunis dimanche et lundi à Bologne, ont signé une déclaration commune dans laquelle ils réaffirment, à l'exception des États-Unis, leur engagement à appliquer l'accord de Paris, destiné à protéger le climat en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
L'administrateur de l'Agence américaine de protection de l'environnement, Scott Pruitt, s'est désolidarisé de cette partie du texte, conformément à la décision du président Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris, qui avait suscité un tollé mondial.
«Nous reprenons le dialogue [avec les pays du G7] pour dire que Paris n'est pas le seul moyen d'aller de l'avant et de progresser» sur le climat, a déclaré M. Pruitt dans un communiqué publié lundi.
Ce n'est guère l'opinion des six autres pays du G7, et de l'Union européenne, qui ont au contraire tenu à réaffirmer avec force leur volonté d'appliquer dans sa totalité l'accord de Paris.
Lundi, la directrice exécutive internationale de Greenpeace, Jennifer Morgan, a ainsi salué le «leadership» du «G6», appelant la France, l'Allemagne, le Japon, l'Italie, la Grande-Bretagne et le Canada à concrétiser leurs ambitions à l'occasion du sommet du G20 en Allemagne en juillet.
La décision américaine, si elle pose problème notamment au niveau des financements promis aux pays les plus affectés par le réchauffement climatique, n'est pas néanmoins une catastrophe, a jugé le ministre français de l'Environnement, Nicolas Hulot.
Les États-Unis collaborent sur d'autres sujets, et la transition énergétique vers une «économie bas carbone» est de toute façon elle aussi «irréversible», a-t-il expliqué.
Dans ce contexte, que les Chinois ont bien compris en investissant massivement dans les énergies renouvelables, la France compte même accélérer dans la lutte contre le réchauffement climatique, a encore dit M. Hulot.
«Nous allons probablement rehausser nos propres objectifs de réduction d'émissions de gaz. En tout cas, les accélérer dans le calendrier», a-t-il ainsi déclaré lundi devant la presse.
«Le secteur privé, les grandes entreprises, y compris aux États-Unis, nous disent qu'ils soutiennent une action. Il y a un nombre considérable de nouveaux emplois dans l'économie renouvelable et verte, il y a beaucoup d'argent à gagner, bien plus que dans les carburants fossiles», a jugé sur ce point Erik Solheim, chef du programme environnemental de l'ONU.
Propre partition
La question du climat a brisé fin mai l'unité du G7 pour la première fois de son histoire lors du sommet des dirigeants à Taormina, en Sicile, avec un Donald Trump résolu à jouer sa propre partition.
Il était représenté dimanche à Bologne par M. Pruitt, qui s'est montré tout sourire devant les caméras, mais n'a fait aucune déclaration publique. Ancien opposant fervent, au niveau local, à de nombreuses initiatives environnementales, il a été l'un des principaux partisans de la sortie des États-Unis de l'accord de Paris.
Un parcours à l'inverse de celui de Nicolas Hulot, figure de longue date de la défense de l'environnement. Mais M. Hulot ayant été retenu en France dimanche par les élections législatives, les deux hommes ne se sont pas croisés.
La défense du climat peut cependant passer au-dessus des gouvernements. Ainsi, la ministre canadienne, Catherine McKenna, s'est engagée dimanche matin à travailler «avec tous les acteurs» en particulier non étatiques qui le souhaitent, en référence aux villes et aux États américains opposés à la décision de M. Trump.
Dans cette ligne, l'Allemagne et la Californie sont convenues samedi d'oeuvrer ensemble pour maintenir les objectifs de l'accord de Paris.
Durant toute la semaine à Bologne, des initiatives de la société civile ont également mis l'accent sur la défense du climat, de la croissance durable ou encore des océans.
Dimanche après-midi, un millier d'étudiants ont défilé dans le calme dans le centre de la ville italienne, sous le contrôle de centaines de policiers.