À Ottawa, des centaines de manifestants - certains déguisés en ours polaires ou en poissons - ont défilé dans les rues de la ville.

Les cibles de réduction des GES seront-elles contraignantes ?

Comme ce fut le cas dans de nombreuses villes à travers le monde, dimanche, plusieurs citoyens ont pris part à des rassemblements au Canada pour demander aux chefs d'État réunis à Paris de conclure un accord contraignant pour combattre les changements climatiques.
À Ottawa, des centaines de manifestants - certains déguisés en ours polaires ou en poissons - ont défilé dans les rues de la ville. La marche s'est terminée devant le Parlement où les participants ont formé avec leurs corps le slogan «100% possible».
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et sa collègue à l'Environnement, Catherine McKenna, ont tenu un point de presse dimanche au Centre culturel canadien à Paris, où l'optimisme de la nouvelle équipe libérale s'est buté pendant un instant à la question de savoir si un éventuel accord sur le climat serait juridiquement contraignant.
Selon la ministre McKenna, certaines facettes de l'accord, dont les diminutions des émissions de gaz à effet de serre, n'auraient pas d'assises légales.
Une lecture que partage l'écologiste Steven Guilbeault d'Équiterre. Il a spécifié que les Nations unies n'ont aucun pouvoir pour contraindre les États à respecter leurs cibles. Certaines mesures qui avaient été adoptées dans le passé pour forcer la main aux juridictions nationales ont connu un échec retentissant, a-t-il ajouté.
La proposition voulant que toute entente soit obligatoirement révisée à tous les cinq ans semble toutefois gagner en popularité. Le gouvernement Trudeau appuie ce modèle.
«C'est un sentiment tellement étrange d'être en accord avec mon gouvernement sur des sujets touchant les changements climatiques, s'est exclamé M. Guilbault. Nous sortons de plusieurs années de noirceur», a-t-il laissé tomber.