Les centres de tri soulignent que les taux de consigne sont à la baisse et que plus de 40 millions de contenants consignés à remplissage unique (CRU) se retrouvent déjà dans le bac bleu au Québec. En enlevant la consigne, ce nombre augmenterait et les revenus des centres suivraient la même courbe.

Les centres de tri réclament l'abolition de la consigne

Abolir la consigne sur les bouteilles de boissons gazeuses et les canettes de bière, afin que les citoyens les déposent plutôt dans les bacs de recyclage, permettrait un financement plus adéquat de la collecte sélective, croient les centres de tri. Mais leur plaidoyer risque d'avoir peu d'influence sur Québec à court terme.
«Ce sont entre 20 et 25 millions $ que pourraient recevoir [annuellement] les centres de tri, estime Johnny Izzi, le directeur général de Gaudreau Environnement. [En ce moment], à qui ça profite? On arrive avec une solution. Il faut arrêter de faire croire au monde que les gens vont jeter leurs canettes dans les poubelles. On est en 2010.»
Les centres de tri soulignent que les taux de consigne sont à la baisse et que plus de 40 millions de contenants consignés à remplissage unique (CRU) se retrouvent déjà dans le bac bleu au Québec. En enlevant la consigne, ce nombre augmenterait et les revenus des centres suivraient la même courbe. «Si cette rentabilité augmente, ce sera au bénéfice des contribuables», soutient Roger Richard, le maire de Victoriaville.
Simplifier la vie
Il n'y a pas que sur le plan financier que les citoyens y gagneraient au change. Dans la mesure où on leur simplifierait la vie avec le dépôt dans le bac bleu. Sur le plan environnemental, on diminuerait l'empreinte écologique liée au transport en réduisant le nombre de déplacements en camion.
La conférence de presse de mardi ne se déroulait pas dans la capitale pour rien : on veut influencer le gouvernement du Québec. Sauf que la position du gouvernement est déjà arrêtée. La ministre Line Beauchamp déposera dans les prochaines semaines le plan québécois décennal de gestion des matières résiduelles «et nous dévoilerons nos intentions à ce moment», a expliqué Dave Leclerc, son attaché de presse.
Si Québec opte pour le statu quo, «on va continuer à faire le débat», prévient toutefois M. Izzy, fort de l'appui, entre autres, de la SAQ et des associations de détaillants alimentaires. Cette position va toutefois à l'encontre de celle de l'Union des municipalités du Québec, qui voudrait, au con­traire, élargir la consigne.
«Les points de vue diffèrent selon la façon dont on aborde la question. La consigne a permis d'atteindre des taux de récupération extrêmement importants. On manipule 1,4 milliard de contenants en plastique, mais il y en a seulement 400 millions qui sont consignés. En abolissant la consigne, on réduirait le taux de récupération», souligne le maire Denis Lapointe, président de la commission de l'environnement de l'UMQ, en faisant allusion au faible taux de récupération des bouteilles d'eau (moins de la moitié).
Cependant, la consigne «n'est pas un dogme». On devrait plutôt envisager qu'elle va de pair avec la collecte sélective et qu'une augmentation de la consigne permettrait une redistribution des sommes vers les centres de tri. «On doit trouver un meilleur équilibre.»
Mais il importe surtout «que les producteurs soient responsables des coûts engendrés par les con­tenants qu'ils mettent en marché», souligne M. Lapointe.