Scott serait mort d’une « cause naturelle », selon Me Dominic Bouchard, qui se baserait sur une nécropsie réalisée dans un laboratoire de Saint-Hyacinthe.

Le Zoo de Falardeau confirme la mort d'une girafe

Après avoir affirmé que Scott la girafe avait été transféré dans un zoo américain pour participer à la reproduction, la direction du Zoo de Falardeau a finalement admis, mercredi soir, à TVA Saguenay–Lac-Saint-Jean, qu’il est mort sur le site le 10 mars 2019.

Questionné à ce sujet le 18 février dernier par Le Quotidien, le propriétaire Daniel Gagnon avait répondu que la girafe était toujours en vie, dans un zoo américain.

Plusieurs sources, dont d’ex-employées, avaient soulevé des doutes quant au transfert de cet imposant animal. En effet, du jour au lendemain, la girafe ne se trouvait plus dans la savane, une des sections du zoo de Saint-David-de-Falardeau. Le propriétaire avait alors expliqué aux clients et à certaines employées que la bête avait été envoyée aux États-Unis.

Joint mercredi, Daniel Gagnon, par les mots de son avocat, Me Dominic Bouchard, se rétracte des propos qu’il a tenus en entrevue avec Le Quotidien le 18 février. Une confusion, liée à une erreur dans le registre, serait à l’origine de l’information sur le transfert de la girafe qui s’est révélée fausse.

« Sous le choc lors de votre entretien, mon client s’est fié au registre et non à sa mémoire et vous a donc donné la mauvaise information. Il en est désolé et vous remercie d’avance de votre compréhension », indique Me Bouchard, par courriel.

Le Quotidien était sur la trace de la girafe, car un transfert de cette nature ne peut se faire en quelques jours ou sur un coup de tête. Selon différents experts consultés par Le Quotidien au cours des deux dernières semaines, le déménagement d’un animal exotique sur le territoire américain est assez complexe et nécessite plus que quelques semaines. Le Zoo de Falardeau aurait d’abord dû obtenir un permis émis par les États-Unis. Avant d’être approuvée, une telle demande doit être affichée pendant un minimum d’un mois en sol américain.

La semaine dernière, Le Quotidien avait demandé à l’avocat de M. Gagnon, Me Dominic Bouchard, une preuve de ce permis pour confirmer le transfert. Une demande qui est demeurée lettre morte.

C’est à TVA, mercredi soir, que la direction du zoo a finalement décidé de confirmer que la girafe était morte, contrairement à ce que le propriétaire avait laissé croire au départ.

Transfert inscrit

Le transfert de la girafe avait été inscrit dans le registre tenu par le zoo, selon un document qui a été donné aux médias la semaine dernière pour démontrer le sérieux des procédures mises en place sur le site touristique de Saint-David-de-Falardeau. C’est après le dépôt de ce registre que Le Quotidien a demandé une preuve du permis obtenu pour le transfert de la girafe.

La direction du zoo, par l’entremise de Me Dominic Bouchard, conteste l’idée que des employées pourraient falsifier le registre. Il s’agirait, selon ses informations, d’une simple erreur. Selon la version du zoo, une employée aurait inscrit au registre que la girafe était partie aux États-Unis, en prévision de son « futur transfert ».

« C’était le souhait de l’entreprise d’envoyer Scott à la reproduction aux États-Unis. Mais elle est morte avant son transfert. L’erreur a été de ne pas modifier le registre », précise Me Dominic Bouchard.

La direction du zoo a également fait parvenir à TVA Saguenay–Lac-Saint-Jean le rapport de nécropsie de la girafe. Un rapport qui viendrait confirmer que la girafe serait morte « d’une malformation cardiaque » et qu’elle aurait aussi souffert d’une pneumonie, selon le reportage.

« Il n’y a pas de cause de maltraitance, de malveillance, de mauvaise nutrition. Ce qui serait un peu stupide, de la part des propriétaires, parce que c’est une girafe qui leur a coûté 75 000 $. Donc il serait très surprenant qu’on n’en ait pas pris soin », a répondu Me Bouchard, en entrevue avec TVA.

Scott avait fait son entrée au Zoo de Falardeau en 2016. Son arrivée avait suscité quelques craintes, en raison du froid. En effet, ce type de girafe doit demeurer à l’intérieur lorsqu’il fait moins de 15 degrés Celsius.

Daniel Gagnon avait alors assuré les gens inquiets que Scott allait se retrouver dans un lieu confortable. Le propriétaire avait également insisté sur le fait que la girafe provenait d’un zoo qui avait dû fermer ses portes en raison de cruauté animale.

« Donc, cette girafe-là était en détresse. Si on ne l’envoie pas à Falardeau, où est-ce qu’on l’envoie ? Les mâles, ce n’est pas recherché comme les femelles dans les zoos du Québec. Donc, on l’a ramassée », a affirmé M. Gagnon, dans une entrevue accordée au Journal de Québec en 2016, en parlant de cette girafe qu’il aurait payée 75 000 $.