Les agents de la Faune utilisent un courant électrique pour assommer les poissons. Les espèces exotiques sont retirées de la circulation alors que les espèces indigènes sont remises à l'eau.

Le St-Laurent menacé par les poissons exotiques

Le fleuve Saint-Laurent sera de plus en plus vulnérable à la multiplication des espèces exotiques qui menacent sa biodiversité en raison des changements climatiques.
Une mauvaise nouvelle à l'heure où l'introduction d'espèces indésirables de poissons et de plantes dans les cours d'eau, par la population, semble à la hausse. «Le froid a toujours été une barrière naturelle de défense (contre les espèces envahissantes)», explique Francis Bouchard, biologiste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Or, si la température des cours d'eau augmente d'un degré ou deux, plusieurs espèces qui ne survivaient pas à l'hiver pourront maintenant s'adapter et se multiplier rapidement.
La popularité des jardins d'eau est une cause directe de cet envahissement. Des gens bien intentionnés se débarrassent de leurs poissons dans les toilettes ou dans un cours d'eau sans en mesurer les méfaits sur la nature sauvage, souligne M. Bouchard. Ils le font souvent à cette période de l'année, juste avant l'hiver.
L'arrivée de ces animaux nuisibles peut causer des dommages irréversibles, notamment en introduisant des maladies contre lesquelles les espèces indigènes ne sont pas immunisées et provoquer ainsi une mortalité massive. Ils peuvent aussi devenir des prédateurs, voler la nourriture et les frayères ou bien s'approprier de plus larges territoires.
Les bassins d'eau sont une cause du phénomène, mais l'intérêt pour les aquariums aussi. Selon une étude récente de l'Université McGill, 46 000 poissons appartenant à plus de 250 espèces sont achetés chaque année dans la région de Montréal. Pas moins de 10 000 sont ensuite relâchés dans la nature. Le phénomène n'est pas documenté dans la région de Québec, mais il doit s'y apparenter, en proportion. Il n'y a pas que les animaleries. Il est plus facile de commander par Internet des espèces exotiques. Il y a quelques années, on a trouvé un piranha dans la rivière Châteauguay! Mais il est plus courant que soient introduits des crapets verts, des carpes Koï ou de vulgaires poissons rouges. Les espè­ces exotiques s'infiltrent aussi par les eaux de ballasts des navires transocéaniques. On estime à 180 la quantité d'espèces envahissantes qui pullulent dans les Grands Lacs.
Nombre d'entre elles, comme le gobie ou le crabe chinois, s'établissent ensuite dans le fleuve Saint-Laurent. Mais certaines espèces plus anciennes, comme l'alevin, ont été introduites par le relâchement volontaire de poissons d'aquarium.
Solutions de rechange
Quelles sont les solutions de rechange? Les offrir à une animalerie, à une école ou à une résidence de personnes âgées. On peut aussi publier une petite annonce ou tout simplement les donner. Quant aux plantes exotiques, il faut les détruire en les compostant ou en les mettant à la poubelle. Pour information : www.habitattitude.ca/fr/