Le député péquiste Sylvain Gaudreault.

Le PQ réclame un droit de veto sur tout projet touchant l'environnement

Le PQ réclame l'adoption d'une législation qui donnerait un droit de veto au Québec sur tout projet touchant l'environnement sur son territoire.
Le député péquiste Sylvain Gaudreault dépose un projet de loi à ce sujet, ce matin. Il vise à modifier la Loi sur la qualité de l'environnement, précise le préavis publié, mardi, par l'Assemblée nationale.
Lors d'un bref entretien, l'élu représentant Jonquière a plaidé la nécessité que le Québec puisse avoir «le dernier mot dans les projets qui ont un impact sensible sur son environnement».
Dans son esprit, les institutions fédérales, comme l'Office national de l'énergie, continueraient d'oeuvrer à l'examen des propositions. «Mais ultimement, c'est au Québec de prendre la décision», a-t-il poursuivi.
Sylvain Gaudreault ne s'avance pas à prédire quel accueil le parti gouvernemental de Philippe Couillard réservera à son initiative. Mais «elle mériterait au moins une commission parlementaire».
L'oléoduc, un prétexte
Sylvain Gaudreault a soutenu que le controversé dossier du pipeline Énergie Est constitue surtout un prétexte pour déposer sa proposition législative. «Mais mon objectif est de "dépipeliniser" ce projet de loi.
«La loi est applicable à tout projet d'envergure. Imaginez qu'il y a démantèlement des vieilles centrales nucléaires en Ontario et qu'il faut transporter les déchets nucléaires par le fleuve. Il y aurait un impact considérable et le Québec pourrait dire non.»
En matinée, il a fait savoir que le PQ ne croit plus du tout dans le projet Énergie Est, qui projetait la construction d'un port pétrolier à Cacouna. La décision de scientifiques de cataloguer les bélugas «espèce en voie de disparition» vient d'asséner le coup fatal, estime-t-il.
M. Gaudreault n'a pas voulu dire si l'aménagement du port pétrolier peut se réaliser ailleurs. La firme a étudié plusieurs sites pour le complexe où seront notamment transbordés des hydrocarbures provenant des sables bitumineux albertains. Un emplacement à Lévis a été examiné.
À ce dernier endroit, «il n'y a pas de béluga, mais il y a des Lévisiens», a lancé en boutade M. Gaudreault. «C'est un milieu très étroit aussi, si on prend l'endroit où devait se faire Rabaska, là, avec le chenal à la hauteur de l'île d'Orléans.»
L'élu est revenu sur la taille du projet. «On parle de 175 bateaux, ce n'est pas un ou deux par mois. Ce sont 175 bateaux, pas des chaloupes à rames, des bateaux énormes.»