Au Sommet des Amériques sur le climat, le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel, a signalé que la secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, Patricia Espinosa, a ouvert la conférence de Guadalajara en soulignant l'importance des États, des provinces et des villes dans la lutte contre les changements climatiques.

Le Mexique embarque dans le marché du carbone

Le gouvernement du Mexique a apposé hier sa signature à une entente tripartite prévoyant son adhésion au marché du carbone regroupant le Québec, l'Ontario et la Californie.
C'est ce qu'ont déclaré en entrevue au Soleil les ministres québécois et ontarien de l'Environnement, David Heurtel et Glen Murray, de Guadalajara au Mexique, où ils participent au Sommet des Amériques sur le climat. 
«C'est une entente visant à poursuivre le développement commun de nos marchés respectifs du carbone en vue d'une éventuelle liaison», a précisé le ministre Heurtel. L'entrée du Mexique est prévue pour 2018. Celle de l'Ontario se fera en 2017.
Pour le ministre ontarien Glen Murray, «cela vient renforcer la décision du Québec et de l'Ontario de choisir l'avenue du marché du carbone au lieu d'une taxe. La Chine, le Japon, l'Europe, la Californie, maintenant le Mexique ont fait le même choix.»
M. Murray a dit ne pas s'inquiéter de la décision du gouvernement Trudeau qui privilégie une taxe sur le carbone, option déjà rejetée par le Québec. Il a signalé que la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a réagi immédiatement à l'entente avec le Mexique, en félicitant ses homologues provinciaux «pour ce grand pas en avant».
M. Murray estime que le marché du carbone peut être compatible avec la décision à venir d'Ottawa. «Nous sommes optimistes de voir le gouvernement Trudeau respecter la décision du Québec et de l'Ontario d'aller vers un marché du carbone.» Selon lui, cette avenue est d'autant plus pertinente que le premier ministre Trudeau a entamé un dialogue en vue d'un accord de libre-échange avec la Chine, qui veut également instaurer un marché du carbone l'an prochain.
Le ministre ne voit pas de problème avec le fait que d'autres provinces, comme l'Alberta ou la Colombie-Britannique, ont préféré une taxe sur le carbone. «La chose la plus importante, c'est que les provinces réduisent les gaz à effet de serre. Qu'il y ait d'autres moyens ou mécanismes pour faire ces réductions, c'est l'affaire des autres provinces. La déclaration de Vancouver précise qu'il leur appartient de choisir les moyens de réduire les GES.»
David Heurtel signale par ailleurs que la secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, Patricia Espinosa, a ouvert la conférence de Guadalajara en soulignant l'importance des États, des provinces et des villes dans la lutte contre les changements climatiques. «Cet accord [avec le Mexique] confirme la nécessité et l'importance du travail des provinces dans le développement du marché du carbone nord-américain», a-t-il conclu.