Les canotiers hivernaux bravant la vague de froid qui balaie la capitale peuvent paraître fous pour certains.

Le froid glacial n'arrête pas les canotiers

Il y a ceux qui combattent le froid en se réfugiant sous les couvertures avec un bon thé chaud. Et ceux qui se lancent en canot à glace au beau milieu du fleuve Saint-Laurent.
Les canotiers hivernaux bravant la vague de froid qui balaie la capitale peuvent paraître fous pour certains. «C'est sûr que pour monsieur ou madame Tout-le-Monde, probablement qu'ils capoteraient à être sur le fleuve. Mais nous, ce n'est pas la première journée froide qu'on vit», répond Tony Allaire, à la sortie d'une balade sur le Saint-Laurent.
Avec ses coéquipiers Thierry Gaudet-Savard, Julien Guillemette, Éric Boudreau, et Marc-André Hébert, il a l'habitude de s'entraîner au milieu des glaces du fleuve. «On a passé aujourd'hui [vendredi] une heure trente, deux heures sur le fleuve - mais c'était le temps de rentrer!»
Un froid extrême? Pas du tout. «Aujourd'hui [vendredi], c'était des super belles conditions. Vraiment! Il y avait un peu d'eau, la glace portait lorsqu'on était dessus», raconte le sportif, un sourire dans la voix. «Et on a eu pas mal de froid depuis le début de la saison, alors on commence à être pas mal habitués au froid. C'est quand même bien.»
Une certaine chaleur sur le fleuve
Et paraît-il qu'il fait souvent plus chaud au beau milieu des flots gelés du grand fleuve. «Quand il n'y a pas de vent, sur le fleuve, c'est chaud!» explique le barreur de l'équipe Latulippe. «L'eau sur le fleuve dégage une certaine chaleur.»
La présence d'Éole donne cependant des sueurs froides aux canotiers.
«Il y avait quand même un vent», précise Tony Allaire. «Il y avait des conditions où il ne fallait pas arrêter. À cause du vent, dès que tu arrêtes un peu, c'est pas long que tu gèles.»
Au final, les froids intenses ne freinent pas trop les amateurs de canot à glace.
«Du point de vue du canot en tant que tel, c'est similaire à des sorties normales. Et c'est pas plus dangereux, mais c'est sûr que s'il arrive un incident, on a moins de temps pour réagir», affirme le canotier, qui a par ailleurs déjà pratiqué son sport alors que le mercure affichait - 42 degrés en incluant le refroidissement éolien.
De toute façon, l'entraînement par temps très froid est inévitable.
«C'était la journée où il fallait s'entraîner. On est des équipes de cinq. C'est pas toujours évident, même dans le temps des Fêtes, de coordonner tout ça. C'était la journée où on avait prévu de s'entraîner depuis un bon bout de temps.»