Le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

L'accès gratuit aux parcs nationaux canadiens profite à la Sépaq

L'accès gratuit aux parcs nationaux canadiens se fait sentir, au Québec. Non seulement les visites et réservations de camping sont largement en hausse, cet été, dans les quatre établissements québécois de Parcs Canada, mais en raison de la confusion avec les parcs de la Sépaq, les établissements provinciaux y trouvent aussi leur compte.
Les statistiques fournies par Parcs Canada parlent d'elles-mêmes. Si, à l'échelle du pays, la hausse de 7 % d'achalandage dans les Parcs et lieux historiques nationaux, depuis le début de 2017, demeure modeste, la promotion offerte pour le 150e anniversaire du Canada fait mouche au Québec. 
Ouvert depuis le 17 juin, le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent a déjà accueilli deux fois plus de visiteurs qu'à pareille date l'an dernier, fort d'une hausse d'achalandage de 106 %. Dans les trois autres établissements québécois de Parcs Canada, en plus de hausse des visites quotidiennes d'au moins 32 %, on s'arrache aussi les terrains pour camper. Au parc de la Mauricie, près de Shawinigan, au parc de l'Archipel-de-Mingan, sur la Côte-Nord, et au parc Forillon, près de Gaspé, les hausses des réservations de camping pour cet été sont respectivement de 43 %, 64 % et 71 %. 
Les parcs de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) sont-ils les grands perdants de la promotion de Parcs Canada? Pas selon la porte-parole Lucie Boulianne. Si l'organisme national peut donner la piqûre du plein air aux Québécois, tout le monde y gagnera, mentionne-t-elle. «Les gens commencent avec un parc, et l'année suivante ils vont vouloir en visiter un autre. La Sépaq et Parcs Canada participent au même projet.»
Non seulement cela, mais depuis le début de la saison estivale, ils sont nombreux à se présenter à l'entrée des parcs de la Sépaq avec la carte d'accès gratuit de Parcs Canada. 
Confusion des «parcs nationaux» 
L'appellation «parc national» n'est pas propre aux établissements fédéraux. Fait un peu méconnu, il s'agit d'une «appellation universelle» de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) désignant un certain type d'aires protégées, explique Lucie Boulianne. C'est pourquoi les établissements de la Sépaq sont aussi appelés parcs nationaux. Ils répondent à certains critères de l'UICN. 
«Chaque jour, il y a des gens qui tentent d'entrer ici avec leur carte de Parcs Canada. La majorité entre quand même en payant», admet Myriam Lavallée, directrice du parc national du Bic, près de Rimouski. Il faut dire que l'accès au parc n'est que 8,50$ par jour pour les adultes, et gratuit en tout temps pour les 17 ans et moins.
«On a une légère hausse depuis le début de l'été, mais c'est difficile de dire si c'est en raison de la promotion de Parcs Canada. On a aussi eu de la météo très favorable, contrairement à d'autres parties de la province», poursuit Mme Lavallée. 
Même son de cloche du côté du parc de la Jacques-Cartier, à Québec. «On a beaucoup de clients qui arrivent avec la carte de Parcs Canada pensants que ça s'applique. Quand on leur dit que non, ils ne revirent pas de bord», raconte le directeur, André Rouleau, qui note une augmentation d'environ 5 % des visites quotidiennes. «Ça fait connaître la nature à des gens qui n'y sont pas allés depuis longtemps, et l'on espère que ça va leur donner le goût.»
Rappelons que plus de 3.3 millions de cartes d'accès de Parcs Canada ont été commandées en ligne depuis le 1er décembre 2016, dont 91 % par des Canadiens.