Selon l'échancier, une fois la tuyautrie installée sous les rues, les citoyens pourront se connecter à la station d'épuration au début 2016.

Lac Saint-Charles: Stoneham-et-Tewkesbury s'attaque au problème des eaux usées

Stoneham-et-Tewkesbury commence à s'attaquer à ses centaines de systèmes septiques non conformes, dont certains contaminent la rivière des Hurons, principal affluent du lac Saint-Charles, source d'eau potable de Québec. D'ici 2016, un premier groupe de maisons sera branché à la station de traitement des eaux usées dont les rejets nettoyés coulent dans la même rivière des Hurons.
<p>Le maire des cantons unis de Stoneham-et-Tewkesbury, Robert Miller.</p>
«On enlève 133 champs d'épuration dans le secteur [...], sur les deux rives», se félicite Robert Miller, maire de la municipalité des Cantons unis de Stoneham-et-Tewkesbury. «On parle de 133 résidences qui vont être raccordées sur un réseau d'égout sous vide.»
Qu'est-ce que c'est? Toutes les habitations conserveront leur fosse septique. Mais les eaux usées ne s'écouleront plus vers leur champ d'épuration enterré sous le gazon. Un tuyau sera relié au réseau municipal. Ce nouveau système ne fonctionnera pas vraiment comme un réseau d'égout habituel puisqu'il ne recueillera que les liquides. Les solides devront encore être récupérés par des camions chaque deux ans.
La municipalité du nord de la capitale devait agir. Tel que le révélait Le Soleil il y a peu, une étude récente constatait que seulement 16 % de ses systèmes septiques les plus susceptibles de polluer les cours d'eau sont conformes aux normes. Les autres contaminent.
Proximité
Certains champs d'épuration ne sont qu'à «quelques mètres» de l'eau vive, reconnaît le maire Miller. Plusieurs baignent carrément dans l'eau souterraine qui se déverse dans la rivière alimentant le lac Saint-Charles. «Dans le temps, les normes étaient complètement différentes. C'était souvent des résidences estivales qui, au fil du temps, ont été transformées en résidences permanentes.»
«C'est une première phase. C'est un premier secteur sur lequel on intervient rapidement», indique Robert Miller. Aujourd'hui, il est question des maisons situées sur les chemins de la Promenade, Crawford, de la Rivière, Harvey et des Campagnols. On en retrouve aussi en bordure de la 1re Avenue et du boulevard Talbot. D'autres suivront. On dénombre 1600 installations septiques à Stoneham-et-Tewkesbury. «On a ciblé six secteurs qui sont tous près d'un cours d'eau ou d'un lac.» Les citoyens du secteur Saint-Adolphe, en bordure de la rivière Noire, sont les suivants sur la liste. «On y va selon nos ressources.»
Taxe de secteur
La facture est refilée aux contribuables touchés, quelque 72 % ayant donné leur accord au projet. «Ça va être financé par une taxe de secteur. Tout le monde devra obligatoirement se raccorder.» Ils se partageront une note d'environ 1,2 million $, 1,3 million $. Chacun décaissera en moyenne 8000 $ après avoir reçu une subvention d'autour de 1200 $. C'était ça ou la municipalité aurait forcé chacun à changer tout son système septique à fort prix, résume le maire.
Et l'échéancier? «Normalement, on devrait aller en appel d'offres pendant l'hiver pour une réalisation à l'été 2015.» Une fois la tuyauterie installée sous les rues, les citoyens pourront s'y connecter au début 2016.
Et la station d'épuration, elle sera capable de supporter ces eaux usées? Le maire Robert Miller est affirmatif. Il souligne d'ailleurs que les rejets respectent les normes actuelles du gouvernement québécois. Mais qu'il devra modifier la station avant 2017, alors que les normes seront grandement resserrées parce que les rejets se retrouvent dans l'affluent de la principale source d'eau potable de Québec.