Lac Saint-Augustin: le projet pilote de restauration se révèle efficace

Lueur d'espoir pour le lac Saint-Augustin: les résultats préliminaires du projet pilote de restauration du lac ont confirmé l'efficacité des traitements.
Le projet mené par Rosa Galvez consiste à confiner les sédiments dans le fond du lac afin d'éviter que le phosphore, qui nourrit les cyanobactéries, se retrouve dans l'eau. La professeure de génie civil de l'Université Laval y travaille depuis quatre ans en laboratoire, mais il s'agissait d'une première dans la nature.
Son équipe avait toutefois recréé les conditions d'un lac et avait obtenu de bons résultats. «Ce n'est donc pas une surprise», souligne-t-elle en entrevue au Soleil. «On avance lentement, mais très sûrement.» Ce qui a surpris Mme Galvez, toutefois, c'est la rapidité à laquelle le lac a réagi au traitement - «en jours plutôt qu'en mois, ce qui est très encourageant».
Le projet se déroulait simultanément dans quatre cellules. La première n'était pas traitée (la cellule témoin); la deuxième a reçu de l'alun; la troisième du calcaire; et la quatrième, de l'alun et du calcaire. C'est cette dernière qui a obtenu les meilleurs résultats, bien que celle traitée uniquement au calcaire a donné «d'assez bons résultats».
Le projet a aussi permis de découvrir la présence d'une espèce invasive d'escargots dans le lac. Il s'agit d'une espèce persistante dans des milieux hautement contaminés. Mme Galvez souligne que ceux-ci pourraient contribuer aux problèmes du lac en remettant en suspension le phosphore contenu dans les sédiments lors de leurs déplacements. On soupçonne aussi que ces escargots contiennent un pathogène du canard qui est responsable de la dermatite du baigneur (qui provoque des éruptions cutanées et des démangeaisons).
Batterie de tests
Mme Galvez et son équipe vont maintenant passer les résultats au crible d'une batterie de tests. On déterminera, entre autres, la baisse exacte du taux de phosphore et on analysera la qualité de l'eau. D'autres tests viseront à déterminer l'impact sur la vie aquatique et sa préservation.
Quant à la possibilité qu'on étende un tel traitement à l'ensemble du lac, «la balle est dans le camp du gouver­nement». Même si ce genre de traitements donne de bons résultats, la prévention demeure la priorité dans la lutte contre les cyanobactéries, a souligné à maintes reprises la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp.
Le projet pilote du lac Saint-Augustin est l'un des quatre autorisés par le gouvernement du Québec dans des lacs aux prises avec de graves problèmes de cyanobactéries. Celui du lac Saint-Augustin se déroule en partenariat avec la Ville de Québec, Saint-Augustin-de-Desmaures, les ministères de l'Environnement et des Transports ainsi qu'avec le conseil de bassin du lac Saint-Augustin.