L'incinérateur de Québec

La Ville de Québec veut comprendre le dépassement de mercure à l'incinérateur

La Ville de Québec souhaite comprendre pourquoi l'incinérateur de Québec a pollué l'air de Limoilou cet automne en émettant trop de mercure.
Pour ce faire, elle a octroyé un contrat au Centre de recherche industrielle de Québec (CRIQ), qui réalisera une étude «nécessaire afin de régler le problème», indique le sommaire décisionnel de la municipalité daté du 26 juin. 
«Puisque c'est la première fois depuis qu'on fait des suivis environnementaux que nous avons un dépassement de mercure, on veut documenter et comprendre d'où cela vient», explique la porte-parole de la Ville de Québec, Marjorie Potvin. Elle explique que même les pays européens, qui ont beaucoup plus d'incinérateurs, ont de la difficulté à déceler la provenance de leurs émissions.
Avis de non-conformité
En mars dernier, la Ville a reçu un avis de non-conformité du ministère de l'Environnement indiquant qu'elle avait enfreint, au mois d'octobre 2013, de plus de 20 % les normes sur la pollution du métal toxique sur une des trois cheminées de l'incinérateur. Chaque année, deux campagnes d'échantillonnage y sont réalisées afin de vérifier si tous ses paramètres sont conformes aux normes gouvernementales. Celle du mois de mai n'avait pas décelé d'irrégularité. 
C'est l'un des membres du conseil de quartier de Limoilou, le chimiste Yvan Ouellet, qui avait révélé l'incident au Soleil. Il s'était réjoui de ce qui semblait être un cas isolé, mais avait quand même déploré que seulement deux évaluations soient réalisées annuellement. Il avait expliqué que pour être capable de savoir si un pic de mercure perdurait sur plus d'une journée, il fallait être muni d'un appareil de suivi en continu.
Or, le CRIQ travaillera avec cet équipement de pointe qui permet de surveiller 24 heures sur 24 les émissions de l'incinérateur mais seulement pour la durée de ce mandat. Il n'est pas prévu que la Ville de Québec en fasse l'acquisition, précise Mme Potvin.
Le contrat, qui inclut un mois d'analyse en continu, est d'une valeur de 86 000 $. S'il est exécuté au complet, soit pour six mois, la municipalité déboursera un peu moins de 170 000 $.