Comme les commerces devaient faire appel à des entreprises spécialisées pour la collecte du recyclage, plusieurs choisissaient de larguer tout pêle-mêle dans le bac à ordures.

La Ville collectera sans frais les matières recyclables des entreprises

Au tour des entreprises, des commerces et des institutions de faire leur part dans le recyclage des matières résiduelles, décrète la Ville de Québec qui a choisi de leur offrir dès avril la collecte gratuite.
Le bac bleu est apparu dans la vie des citoyens de Québec il y a plusieurs années. Ceux-ci paient sur leur compte de taxe un montant consacré au service de collecte des matières résiduelles, incluant le recyclage et les ordures ménagères, offert par la Ville.
Jusqu'à maintenant, les industries, les commerces et les institutions, appelés ICI dans le jargon, n'avaient droit qu'au service de collecte des ordures. La plupart d'entre eux paient à la tonne pour que la Ville les ramasse.
Pour le recyclage, ils devaient faire appel à des entreprises spécialisées et débourser pour se défaire du papier, du carton, du verre, du plastique et des autres matières résiduelles recyclables. Résultat : plusieurs choisissaient de larguer le tout pêle-mêle dans le bac à ordures.
À partir d'avril, les ICI pourront s'inscrire à une collecte entièrement gratuite des matières recyclables. En contrepartie, ils devront se procurer à leurs frais les contenants bleus nécessaires.
Économie de 500 000 $
La Ville fait le calcul qu'il en coûtera moins cher de financer la collecte que de devoir traiter une quantité importante de déchets à l'incinérateur.
Selon ses calculs, la collecte dans les ICI permettra de détourner 25 000 tonnes de déchets de l'incinérateur au cours des trois prochaines années. À 20 $ la tonne incinérée, cela représente une économie de 500 000 $.
Sans compter les bénéfices que la Ville pourrait retirer du verre et du plastique sauvés de l'incinérateur et revendus sur le marché, précise le conseiller responsable de l'environnement, Steeve Verret. Le papier et le carton sont déjà retirés des ordures par la plupart des industriels, précise-t-il.
«C'est une décision politique pour sensibiliser la population», fait valoir M. Verret, qui rappelle que la collecte de matières recyclables est aussi gratuite pour les propriétés en multilogements, mais qu'«il y en a qui ne veulent pas embarquer».
Investissements à faire
Et les économies que la Ville prévoit dégager, seront-elles retournées aux citoyens? «Je pense qu'on a beaucoup d'investissements à faire avec notre incinérateur pour qu'il soit conforme et qu'il reste performant», répond Steeve Verret.
Le centre de tri devra d'ailleurs répondre à la demande supplémentaire. Des travaux réalisés depuis le début de l'année permettront d'augmenter la capacité du centre qui traite chaque année 55 000 tonnes de matières du secteur résidentiel.
En comparaison, à Lévis, «les contenants pour la récupération sont fournis gratuitement par la Ville et il n'y a aucuns frais directs, ni pour la location de l'équipement ni pour la collecte et le transport des matières recyclables jusqu'au centre de tri», lit-on dans le guide à l'usage des ICI lévisiens.