Même si des efforts importants ont été investis pour réduire ses émissions toxiques, l'incinérateur municipal demeure une des causes de la mauvaise qualité de l'air.

La piètre qualité de l'air de la basse ville de Québec est confirmée

Les environnementalistes disent vrai : l'air respiré dans certains quartiers de la capitale est souvent de piètre qualité, ce qui affecte la santé des résidants. Et l'incinérateur de la Ville de Québec est au nombre des coupables.
«Oui, il y a un problème de qualité de l'air qui se retrouve plus spécifiquement dans certains quartiers», confirme Renée Levaque, biologiste et coordonnatrice de l'équipe santé et environnement de la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale. 
Elle corrobore ainsi le constat de militants écologistes qui ont tenté, en milieu de semaine, de réinscrire ce dossier à l'agenda des politiques en campagne électorale. Les habitants de Saint-Roch, de Saint-Sauveur et de Limoilou sont particulièrement affectés : «On le voit par les effets sur la santé.» 
Ces quartiers étant déjà réputés pour avoir une partie de sa population défavorisée, la piètre qualité de l'air s'ajoute aux autres facteurs de risque. 
Allergies, crises d'asthme, problèmes cardiorespiratoires... «Ça peut aller jusqu'à des cancers.» Le taux de mortalité serait aussi plus élevé.
Faut-il s'alarmer? Non, répond Mme Levaque. Mais il faut être préoccupé. Les relevés des stations de prélèvements du ministère de l'Environnement sont éloquents : dans Limoilou, l'air est jugé «bon» seulement un jour sur trois. Le reste du temps, il est tout juste «acceptable», parfois carrément «mauvais», déplore-t-elle.
La source du mal
Quelle est la source du mal? «C'est la question qui tue! Il n'y a pas une source unique. On a identifié quatre grands générateurs de risques. 
«Au premier chef, c'est le transport, ensuite, c'est le chauffage au bois, l'industrie et l'incinérateur.» Tous ces polluants se mélangent dans le vent qui se dirige souvent vers la basse ville et y déverse sa cargaison. Le tout est retenu sur place par la falaise.
L'incinérateur municipal continue donc de souiller l'air, même si des efforts importants ont été investis pour réduire ses émissions toxiques, expose-t-elle. 
«Il y a beaucoup de polluants qui sortent de l'incinérateur. [...] Les quatre fours fonctionnent encore à pleine capacité. C'est le volume [de déchets brûlés] qui continue d'augmenter.»
Attention avant d'accuser la municipalité... Ces déchets proviennent souvent de nos poubelles! «C'est une responsabilité citoyenne aussi.» Nous consommons plus, nous jetons plus.
Et vous, de la banlieue, vous pensez vous en tirer? Vos poêles à bois vous rendent malade à petit feu. La station de prélèvement installée vers l'aéroport se réveille avec l'arrivée de la froidure. La qualité de l'air chute alors et ne se rétablit qu'au printemps.
Chaque Québécois doit être conscient de son impact, indique Renée Levaque. En voiture, devant une attisée, en remplissant la grosse poubelle sur roues, même en embarquant dans l'autobus municipal qui crache sa fumée noire, chacun fait sa part pour polluer l'air. 
«Si on se compare à Montréal, on est en meilleure position ici. Mais il ne faut pas s'asseoir sur nos lauriers.»