La Ferme Roulante de Tingwick, une entreprise familiale en place depuis près de 70 ans, souhaite faire passer son cheptel de 599 à 1420 vaches laitières sur une période de 5 à 10 ans.

La Ferme Roulante de Tingwick, un projet ambitieux

L’ambitieux projet de la Ferme Roulante de Tingwick de faire passer son cheptel de 599 à 1 420 vaches laitières sur une période de cinq à dix ans en ferait la plus grande ferme laitière au Québec dont les animaux sont tous regroupés sur un seul site.

Le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) a annoncé mardi la tenue le 13 février d’une séance d’information sur le projet d’augmentation du cheptel laitier de la Ferme Roulante, une entreprise familiale en place depuis près de 70 ans dans cette municipalité située entre Victoriaville et Asbestos.

Prévus pour débuter au mois d’avril, les travaux d’augmentation du cheptel laitier dépendraient de la possibilité d’achat de quotas et de terres en culture pour l’épandage des lisiers. Ils incluraient l’agrandissement du bâtiment d’élevage et l’ajout de deux fosses d’entreposage des lisiers. À terme, la ferme abriterait 1 400 vaches et 100 veaux. Le BAPE estime à environ 70 millions $ le coût total du projet.

Maxime Roux, coactionnaire de la Ferme Roulante avec son père Yves Roux, sa mère Yolande Perrault, son frère Anthony et sa soeur Caroline, affirme pour sa part que le coût total serait certes de plusieurs millions $, mais tout de même moins élevé que l’estimation du BAPE.

«Ça fait six ans qu’on attend pour pouvoir lancer ce projet. Nous rencontrons d’ailleurs le ministre de l’Environnement vendredi», explique M. Roux.  Celui-ci ajoute que le projet ne fera pas de l’entreprise fondée par son grand-père René Roux en 1950 la plus grande ferme laitière au Québec.

«Cependant, nous serons probablement les premiers producteurs de lait au Québec à demander à avoir 1 400 unités animales sur le même site. D’autres fermes ont déjà plus d’unités animales, mais sur des sites différents», poursuit-il.

Origine 

Le projet est né du fait que la croissance de la Ferme Roulante était déjà saturée dans les conditions actuelles. «On visait à agrandir et tant qu’à faire la démarche pour avoir 700 animaux, on a décidé de la faire pour 1 400 animaux. On a l’équipement qu’il faut pour traiter une production de cette ampleur et c’est un avantage pour nous de regrouper toutes les vaches sur un même site.»

Selon  l’étude d’impact, la manutention des déjections animales directement au site d’élevage principal est un choix qui avantage le promoteur au plan économique, agronomique et environnemental. La Ferme Roulante pourrait aussi installer une haie brise-vent pour protéger la résidence plus à l’ouest de l’agrandissement de l’étable.

Le promoteur prévoit aussi faire la rotation des cultures pour maintenir le taux de matière organique des sols, ce qui augmenterait la résistance à l’érosion. La Ferme Roulante maintiendrait aussi l’approvisionnement en eau potable et réaliserait l’épandage des déjections de façon à respecter la dose de phosphore selon le plan agroenvironnemental de fertilisation.

Comme l’explique M. Alexandre Corcoran-Tardif, conseiller en communication du BAPE, la période d’information de 45 jours donne aux citoyens jusqu’au 9 mars pour faire une demande d’audiences publiques sur le projet.

M. Corcoran-Tardif a indiqué en terminant qu’il était très rare que le BAPE se penche sur des projets de production animale et cheptel laitier. «Je crois que la dernière fois, c’était à Saint-Lambert il y a deux ans et ce n’était pas pour un projet d’expansion.»