Malgré tous les efforts mis en oeuvre depuis 2011, l'état de la principale source d'eau potable de la ville de Québec, le lac Saint-Charles, continue de se détériorer.

La détérioration du lac Saint-Charles force Québec à repenser ses plans de développement

Mauvaise nouvelle. Malgré tous les efforts mis en oeuvre depuis 2011, l'état de la principale source d'eau potable de la ville de Québec, le lac Saint-Charles, continue de se détériorer. L'administration Labeaume envisage maintenant de prendre des mesures «draconiennes» pour corriger la situation. Et cela pourrait vouloir dire restreindre fortement le développement dans la couronne nord.
«Nous avons un grand défi qui nous attend : 225 000 personnes s'abreuvent à même la prise d'eau du lac Saint-Charles au nord de Québec. Et le rapport que nous avons est que le lac se détériore. Et ce, malgré que nous ayons pris des décisions importantes il y a trois ou quatre ans. Avec des règlements très sévères de gestion des bassins versants. Malgré que nous ayons tout fait pour contrôler le développement autour du lac, il se détériore.»
Le maire de Québec a dressé ce constat implacable mardi devant une assemblée réunissant
400 spécialistes en environnement qui participaient au Salon des technologies environnementales du Québec, au Centre des congrès.
«Et il n'est pas impossible que dans les prochains mois, avec nos collègues, nous prenions des mesures draconiennes pour s'assurer qu'à l'avenir, le lac cesse de se détériorer. Et peut-être que ça voudra dire de stopper beaucoup, beaucoup de développement autour des bassins versants.»
Questionné par Le Soleil en marge du dîner-causerie où il a émis ces inquiétudes, Régis Labeaume a rappelé que les maires des municipalités formant la Communauté métropolitaine de Québec s'étaient concertés en 2011 pour adopter le Plan métropolitain d'aménagement du territoire. Celui-ci prévoyait des règles plus strictes pour encadrer le développement et assurer la protection des bassins versants de deux prises d'eau majeures de la ville : celles du lac Saint-Charles et de la rivière Montmorency.
Pollueurs industriels
«On est en train de se donner un plan d'action. J'ai bien l'intention d'être assez drastique parce que je ne veux prendre aucune chance.»
Le maire n'a pas voulu s'avancer sur les contraintes auxquelles il songe, ni sur les implications pour les résidents qui vivent actuellement autour du lac. «Le développement sauvage, ça a des effets sur l'eau. C'est assez simple. [...] On n'aura pas le choix», a-t-il laissé entendre. «Ou les villes devront se doter d'un système de canalisation.»
M. Labeaume a montré du doigt les gros pollueurs industriels situés aux abords des affluents du lac, mais aussi certaines municipalités, qui ont un impact sur la qualité de l'eau qui est puisée dans les prises d'eau. Entre autres Lac-Beauport, pour le lac Saint-Charles, et Sainte-Brigitte-de-Laval, pour la rivière Montmorency.
«Sainte-Brigitte-de-Laval a fait quasiment de la coupe à blanc pour développer dans les montagnes et là, les résidus descendent dans la rivière Montmorency. Et le lac Beauport est en train de mourir.» La rivière Jaune, qui prend sa source dans ce lac, se déverse dans la rivière Saint-Charles, en amont de la prise d'eau de la ville.
Parallèlement à cette démarche, le maire de Québec sait qu'il doit faire respecter la réglementation sur les fosses septiques de son territoire. Il compte aussi s'attaquer au problème des cimetières d'autos et des clubs de golf, qui rejettent dans l'environnement - et dans les cours d'eau - des matières polluantes.