Huit arbres ont déjà été abattu rue Barrin, dans Saint-Sacrement, laissant un grand vide dans le quartier.

La densification menace des arbres matures dans St-Sacrement

L'administration Labeaume est de nouveau montrée du doigt et accusée de sacrifier des arbres matures au profit de la densification. Un nouveau front pour la protection des arbres s'est ouvert rue Barrin, dans Saint-Sacrement, où des citoyens tentent de sauver de l'abattage une dizaine d'arbres condamnés par un ensemble résidentiel. La Ville a réagi rapidement et a promis de demander au promoteur de limiter ses coupes.
<p>Le spécialiste en foresterie urbaine Jean Lamontagne a estimé la valeur des arbres à plus de 20 000 $.</p>
Une dizaine de citoyens ont rencontré les médias jeudi, rue Barrin, dans le quartier Saint-Sacrement, pour dénoncer la coupe prochaine de neuf arbres appartenant à la Ville et situés dans la baquette de rue, devant un terrain où on a démoli une maison unifamiliale. Le promoteur Immofab construira à la place deux jumelés. Déjà, huit arbres situés aux extrémités du lot ont été abattus pour faire place aux immeubles.
Les citoyens dénoncent l'abattage des arbres publics et demandent à la Ville de revoir sa décision. La perte de ces espèces créerait un vide dans la rue ombragée, ont déploré Guillaume Simard, Henri-Paul Blanchard et Michel Beaumont. «On veut protéger notre îlot de fraîcheur», a exprimé M. Simard.
Appelé à évaluer la valeur des arbres, le spécialiste en foresterie urbaine Jean Lamontagne l'a estimée à environ 20 000 $ à 25 000 $. Il a blâmé l'administration Labeaume pour la perte de couvert végétal à Québec. «Ce que M. L'Allier avait fait dans le temps, il avait créé une belle forêt urbaine, M. Labeaume est en train de le détruire au complet. On est tout en train de perdre. Si on ne réagit pas, les rues vont y passer une après les autres. [...] On perd nos arbres à une vitesse folle», a-t-il lancé.
Sacrifiés pour les taxes
Pour lui, la Ville sacrifie feuillus et conifères pour engranger encore plus de taxes. «Ce qui est regrettable, c'est le bien public qu'on coupe pour faire plaisir à un promoteur. [...] On n'a aucune protection pour les arbres. On ne réfléchit pas du tout à la conservation. On dit automatiquement oui au promoteur parce qu'il amène des sous à la Ville.»
Le conseiller de l'opposition Yvon Bussières était présent jeudi à la conférence de presse. Il a manifesté son inquiétude devant la hausse du nombre de permis d'abattage délivrés depuis que Régis Labeaume est au pouvoir. Ce nombre est passé d'environ 2000 en 2007 à plus de 3000 en 2013. Le maire insiste depuis plusieurs années sur l'importance de densifier les quartiers centraux pour stopper l'étalement urbain. «Mais est-ce que la densification douce doit amener la désertification?» demande M. Bussières, qui aimerait que la Ville se dote d'une politique de conservation des arbres.
En après-midi jeudi, la Ville a répondu aux doléances des citoyens. «Face à l'évolution du dossier, la Ville compte rencontrer le promoteur dans les prochains jours et s'asseoir avec lui pour voir comment il peut modifier son projet pour sauver le plus d'arbres possible», a indiqué le porte-parole David O'Brien.
Ceux qui devront être sacrifiés seront replantés dans la banquette de rue une fois le chantier terminé, a-t-il aussi assuré.