Hier, la Journée de la consigne aux Galeries de la Capitale tenue par Consignéco a permis d'amasser plus de 11 000$ grâce à 25 000 canettes pour la Fondation Maurice Tanguay. Une grande source d'aide, selon Pascale Demers, porte-parole  de Consignéco, organisateur de l'événement.

La consigne, une histoire de gros sous

Seulement cinq sous par canette? Pour Consignéco, la canette est une vraie manne inexploitée pour les gens dans le besoin. Tous les ans, 390 millions de canettes consignées ne sont pas retournées; une affaire de 21 millions$.
Hier, la Journée de la consigne aux Galeries de la Capitale tenue par Consignéco a amassé plus de 11 000$ grâce à 25 000 canettes. Le chèque a été remis à la Fondation Maurice Tanguay pour venir en aide aux enfants handicapés. «La consigne, ça peut vraiment aider les gens dans le besoin», a souligné la porte-parole de Consignéco, Pascale Demers.
Pour l'industrie, ce genre de collecte de fonds mérite toutefois réflexion. «Si la consigne devient un moyen de faire des levées de fonds, il faut se poser des questions. Ça n'a jamais été le but de la consigne», avance Maryse Vermette, d'Éco Entreprises, une coalition de détaillants. Mais le ministre de l'Environnement semble quant à lui sensible à l'aspect social de la consigne québécoise. «Lorsque je regarde ce qui est fait dans la Fondation Maurice Tanguay, je sais que la consigne aide aussi à plusieurs groupes d'économie sociale. Ça aide énormément, plaide Pierre Arcand. Il y a un potentiel philanthropique important, lorsqu'on aide les handicapés, par exemple. C'est un élément dont on doit tenir compte pour l'avenir.»
La consigne en examen
Les bouteilles d'eau, de jus et de boissons fruitées ne seront peut-être plus exclues de la consigne et condamnées au bac bleu. En entrevue au Soleil, le ministre de l'Environnement Pierre Arcand défend le système de consigne québécois et ne ferme pas la porte à son élargissement.
La loi de la consigne est jugée désuète et dépassée par beaucoup d'organismes gouvernementaux, qui réclament son renforcement. Votée en 1984 et presque intouchée depuis, elle consacre encore la même somme de cinq sous pour les canettes. Elle laisse aussi en pan une myriade de produits apparus sur le marché depuis plus d'un quart de siècle.
«Il y a des choses qui méritent d'être corrigées», admet le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand. «Moi, je ne suis pas fermé à une extension», ajoute le ministre, tout en précisant que toute inclusion de jus ou d'eaux embouteillés requiert une modification législative. «Si on veut regarder d'autres contenants, il va falloir ouvrir la loi complètement. Et ce n'est pas une tâche simple. Mais je n'exclus rien pour l'avenir.»
Taux de récupération
Des modifications à la consigne sont envisageables à court terme, indique le ministre. «C'est clair que s'il y a des choses qu'on peut faire facilement, on peut les faire dans les prochains mois.»
À ceux qui réclament l'abolition de la consigne au Québec, Pierre Arcand se montre rassurant. «Le bac bleu ou la consigne, ce sont deux systèmes qui peuvent coexister. Je n'essaie pas d'être doctrinaire sur cette question-là. Il y en a qui mettent un système en conflit avec l'autre. Ce qui est important, ce sont les taux de récupération. Dans certains cas, les taux sont plus efficaces par la consigne, et, dans d'autres cas, le bac bleu semble répondre à des besoins.»