Invité d’honneur au troisième Sommet jeunesse sur les changements climatiques, Xiuhtezcatl Martinez, militant environnementaliste mondialement reconnu de 19 ans, a chaleureusement été applaudi par le public réuni à Lévis, vendredi, lors de son premier passage au Canada.

Jeune leader écologiste aztèque de passage à Lévis

Teint basané, cheveux noirs longs et d’origine aztèque, Xiuhtezcatl Martinez contraste avec la horde de jeunes étudiants réunis à Lévis. Ils sont venus écouter son discours enflammé, teinté d’histoires personnelles et de hip-hop sur les causes environnementales. Un premier passage au Canada réussi.

Âgé de 19 ans, Xiuhtezcatl Martinez était l’invité d’honneur au troisième Sommet jeunesse sur les changements climatiques. Un arrêt parmi plusieurs autres pour ce jeune militant reconnu mondialement pour son engagement dans les causes environnementales. Sa mission : mobiliser les jeunes. En plus d’être l’un des principaux plaignants de l’action de justice environnementale Youth v. Gov. contre le gouvernement américain, il est le directeur jeunesse de l’organisme environnemental et social Earth Guardians.

Sa première apparition publique remonte à l’âge de six ans. Déjà, il témoignait d’une grande sensibilité pour l’environnement. «Je n’ai jamais voulu être activiste. En tant qu’autochtone, j’ai la responsabilité de prendre soin de la nature», témoigne-t-il. À l’âge de 10 ans, il a mis les pieds pour la première fois à l’école. «Mes 10 premières années de ma vie étaient en harmonie avec la nature. J’ai appris les traditions de mon peuple. L’environnement regroupe autant les humains que la nature et il ne devrait pas y avoir de séparation», explique-t-il, reconnaissant de l’expérience qu’il a vécue. 

Lorsqu’il entre sur scène, de chauds applaudissements retentissent. Très heureux par cet accueil, il débute sa conférence avec un extrait de rap qui raconte son parcours très unique. «J’aime partager mon histoire et rendre la cause environnementale plus inclusive», indique le jeune homme. 

La jeunesse, un terreau fertile

Les yeux rivés vers lui, les étudiants écoutent attentivement ce symbole du mouvement environnemental. Malgré sa grande popularité, et son horaire très chargé, il dîne avec quelques étudiants, qui sont honorés d’être en sa compagnie. Pour Xiuhtezcatl Martinez, la jeunesse est au cœur de sa mission. «Il y a de plus en plus de jeunes qui vont dans la rue et nous avons besoin de ce genre de mobilisation», déclare-t-il. Selon lui, son âge lui permet d’avoir une certaine crédibilité. «Ma jeunesse est un outil puisque cela inspire beaucoup de personnes et les adultes sont toujours étonnés», s’esclaffe-t-il.

Très fier du mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde, il indique toutefois qu’il ne faut pas baisser la garde. «Il ne faut pas excuser notre manque d’engagement parce qu’il y a des jeunes ou des personnalités publiques qui sont engagés, il faut lutter tous ensemble», affirme-t-il, avec sérieux. 

Une musique engagée

En 2018, Xiuhtezcatl Martinez s’est concentré sur sa musique, et a donné plus d’une soixantaine de représentations à l’international. «La musique rejoint les gens d’une autre façon. Les faits et la science parlent à l’intellect, tandis que la musique parle au cœur», croit-il. 

Selon lui, la musique permet d’apporter une autre perspective à la lutte contre les changements climatiques. «L’activisme peut parfois être négativement perçu. Tandis que la musique permet de rassembler tout le monde et de s’engager dans le mouvement de sa propre façon», explique-t-il, passionné par son travail. Pour cette personnalité publique depuis un très jeune âge, écrire et chanter a aussi un volet thérapeutique. «La musique m’a permis de ne pas seulement parler des enjeux environnementaux, mais de ce que je ressens. Il y a beaucoup de pression d’être vu comme un leader», confie-t-il, humblement.

Très charismatique, il n’hésite pas à faire quelques blagues dans son discours très bien construit. Heureux de parler devant une jeunesse engagée, il témoigne d’une grande solidarité pour la cause environnementale au Québec. «J’aime beaucoup la jeunesse d’ici. Je risque de revenir», confie-t-il, très satisfait des rencontres qu’il a faites au cours de la journée. 

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UNE RELÈVE ENGAGÉE

Près de 350 étudiants au secondaire se sont rassemblés vendredi pour participer au 3e Sommet jeunesse sur les changements climatiques qui se termine samedi. Leur point commun : se mobiliser pour faire avancer la cause environnementale. 

Des centaines de jeunes, munis de leurs sacs de couchage et de leurs bagages, se retrouvent à l’École Pointe-Lévy pour ce Sommet organisé par la Fondation Monique Fitz‑Back dédiée au développement durable.

Issus de 13 régions différentes au Québec, ils viennent passer deux jours à Lévis pour en apprendre davantage sur la lutte contre les changements climatiques. Au programme : une dizaine de conférences, un parcours théâtral immersif, des jeux interactifs et des rencontres avec des figures de proue du mouvement environnemental, telles que Xiuhtezcatl Martinez, populaire activiste, et Dominic Champagne, l’instigateur du Pacte.

Pour Juliette Lafond, âgé de 17 ans, cet évènement lui permet d’aller à la rencontre d’étudiants qui partagent les mêmes valeurs. «Nous rencontrons d’autres gens qui sont touchés par les enjeux environnementaux», déclare-t-elle. Même constat pour Maya Roberge, 15 ans. «Je vis un peu d’écoanxiété. Cette cause influence toutes mes actions et je suis heureuse de pouvoir en discuter avec d’autres», confie celle qui confectionne son propre déodorant par soucis environnemental.

Des jeunes «ministres»

Parmi les élèves, quelques jeunes se différencient. Vêtus d’un chandail noir, où il est inscrit «sors de ta bulle», le slogan de l’évènement, ces 18 jeunes ont la fonction de «ministre». Chacun représente une région au Québec. «Nous avons été élus l’année dernière par nos pairs. On se rencontre tous les mois», explique Laurence Bergeron Pilote, «ministre» de la Capitale-Nationale. Ensemble, ils développent des idées pour contribuer à la cause. 

Pour la «ministre» de Lanaudière, Ève-Gabrielle Grégoire, le Sommet de l’année dernière a été une révélation. «Ma participation a été un réel évènement déclencheur. J’ai réalisé que nous devions nous impliquer maintenant pour faire une différence», affirme-t-elle. Très impliqué, le «ministre» de Montréal Mustafa Qureshi est à sa troisième participation. «Nous apprenons beaucoup et les plans d’action nous motivent grandement», explique ce jeune homme âgé de 15 ans. 

Rassemblés pour ce troisième Sommet, ces jeunes sont heureux de contribuer à la lutte contre les changements climatiques. Ils espèrent que cette initiative permettra de sensibiliser la population à cette cause qui leur tient grandement à cœur. Maude Petel-Légaré