Lors de sa visite à Maskinongé, François Legault a eu l’occasion de discuter avec une résidente touchée par les inondations, Madeleine Joinville-Croteau.

Inondations: «Le pire est derrière nous», dit François Legault

MASKINONGÉ — Tout en se faisant rassurant concernant la situation des inondations dans la région, François Legault rappelle que les riverains devront bientôt faire des choix concernant l’avenir de leur propriété afin que les contribuables québécois cessent de payer à répétition pour des réparations consécutives à la crue des eaux.

Le premier ministre du Québec était de passage à Maskinongé, lundi après-midi, afin de rencontrer les autorités locales et de constater de visu l’état de la situation. Il était heureux d’annoncer que le niveau de l’eau affiche une baisse qui devrait se poursuivre au cours des prochains jours: selon la sécurité civile, les niveaux d’eau devraient être sous le seuil d’inondation majeure à partir de jeudi.

Le rang de la rivière Sud-Ouest est toujours sous l'eau à Maskinongé.

«On est dans la bonne direction. Le pire est derrière nous. La situation va s’améliorer. Ça peut prendre un certain temps, jusqu’à un mois, mais la plupart, d’ici deux semaines, devraient être capable de retrouver un état normal.»

C’est à ce moment que les riverains devront sérieusement réfléchir à ce qui les attend. Le premier ministre a rappelé que le gouvernement offre un programme maximal de 100 000 $ pour des réparations. Ce montant sera cumulatif à compter de 2019. Aussitôt que cette somme sera atteinte, les gens ne pourront plus réclamer de l’aide gouvernementale.

Le premier ministre François Legault s'est aussi rendu à Nicolet pour apporter son soutien aux sinistrés de l'endroit.

Un autre programme prévoit le versement de 200 000 $ par le gouvernement du Québec pour que les gens cèdent leur propriété et déménagent.

«Ce sera un choix à faire, expose calmement M. Legault. Je veux inciter les gens qui ont des dégâts importants à songer à déménager.»

À Port Saint-François, le premier ministre s'est entretenu avec la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, en présence du député Donald Martel.

Cette option risque d’entraîner un manque à gagner pour les municipalités en terme de revenus de taxes municipales. François Legault est bien conscient de cette réalité et affirme qu’une réflexion sera amorcée après que la période d’inondation sera chose du passé. «Il faut se poser des questions, les petites municipalités, comment on fait pour les aider à passer au travers si, à la suite de déménagements, il y a une perte importante de l’assiette fiscale? Ce sera la priorité dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. On va regarder financièrement comment on peut les aider.»

À Maskinongé seulement, quelque 130 résidences sont touchées par les inondations. Selon le maire, Roger Michaud, les discussions qu’il a eues avec le premier ministre l’amènent à penser que ce dernier a saisi le message. «Il a compris ce que ça représente pour l’assiette fiscale. Je ne sais pas comment il va régler ça. Mais ici, après les inondations de 2017, on a perdu cinq maisons qui ont été démolies. Si on fait une moyenne de 100 000 $ par maison, ça fait 500 000 $ de valeurs foncières. La Municipalité rachète le terrain pour un dollar et on ne peut plus permettre de nouvelle construction sur le terrain», raconte M. Michaud, qui croit que les natifs de la place seront peu nombreux à se prévaloir du programme de compensation pour un déménagement.

Madeleine Joinville-Croteau et son beau-frère Maurice Lebrun habitent le chemin Montréal depuis les années 1980. Ce n’est pas la première crue des eaux qu’ils traversent. Ils ne savent pas s’ils vont profiter de ce programme gouvernemental pour leur maison respective. «Mon épouse préférerait vendre si on a une bonne offre. Il faut y penser», raconte M. Lebrun.

Nicolet et Bécancour

Le premier ministre s’est également rendu constater les conséquences des inondations à Nicolet. Celles-ci étaient à leur plus haut niveau samedi dernier notamment en raison des fortes vagues sur le fleuve. Depuis, le niveau de l’eau est à la baisse. François Legault a également rencontré quelques citoyens ainsi que la mairesse de la municipalité, Geneviève Dubois. Ils ont tous demandé au premier ministre de l’aide pour pouvoir retirer les sacs de sable ainsi que les nombreux débris qui se trouvent désormais sur les terrains. Le premier ministre a affirmé que l’armée pourrait être présente pour aider au nettoyage.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, est aussi allé à la rencontre du premier ministre. Il lui a mentionné que le rehaussement de certaines routes sur son territoire devrait permettre d’éviter des inondations futures. François Legault a soutenu en point de presse que «ça serait possible de faire des travaux pour rehausser les routes».

Ça baisse lentement

Les pronostics de la sécurité civile sont encourageants. Selon le porte-parole, Bernard Létourneau, les niveaux d’eau vont diminuer. «On revoit nos prévisions d’heure en heure et ça baisse. On n’a pas de pluie au moins jusqu’à vendredi. Il fait froid, donc la fonte des neiges est au ralenti. Ça nous aide énormément. On est sous haute surveillance pour les rivières Saint-Maurice, Batiscan, Mékinac et du Loup.»

Selon M. Létourneau, la diminution du niveau des cours d’eau sera lente. À partir du 5 mai, ceux-ci se situeront sous les trois mètres.

Ginette Bellemare, mairesse suppléante de Trois-Rivières, fait le même constat. «Plusieurs facteurs nous permettent de constater que le niveau devrait baisser plus bas que 2017 d’ici mercredi», a dit Mme Bellemare.

Même son de cloche du côté de Saint-Alexis-des-Monts. La rivière du Loup offre un important débit d’eau, mais les autorités observent une diminution. «La rivière baisse continuellement chaque heure, déclare le maire, Michel Bourassa. Il faisait -3 degrés ce matin (lundi), ça va aider. Il reste un bon couvert de neige dans la réserve Mastigouche.»

Le débit de la rivière du Loup a passé de près de 132 mètres cubes par seconde à moins de 110 m3/s entre dimanche et lundi. Il devrait être d’environ 94 m3/s en fin de journée, mardi.

La baisse du niveau de l’eau fait en sorte que la situation s’améliore sur la route 349. La circulation s’effectue en alternance depuis très tôt lundi matin.

Le constat est comparable sur la rivière Maskinongé. À la hauteur des chutes de Sainte-Ursule, le débit a frôlé les 200 mètres cubes d’eau par seconde en fin de semaine. La journée de mardi devrait se conclure avec un débit d’environ 150 m3/s. «Ça descend. On est encore à 180 mètres cubes d’eau par seconde ce matin (lundi), c’est encore haut, mais ça baisse», confirme le maire de Sainte-Ursule, Réjean Carle.

En Mauricie, quelque 501 résidences sont inondées et 606 sont isolées par la crue des eaux. Du côté sud du Saint-Laurent, 115 maisons sont inondées et 144 sont isolées.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle.