Selon les données envoyées par le conseil de quartier, c'est la concentration de mercure à la sortie d'un des quatre fours de l'incinérateur qui surpasse le plus les normes. En juin et septembre, des tests ont même révélé un excès de deux à trois fois la norme.

Incinérateur: bref dépassement des normes pour le mercure

L'incinérateur de Québec a enfreint les normes sur la pollution au mercure l'automne dernier, rejetant 35 microgrammes par m3 (µg/m3) de ce métal toxique dans l'air alors que la loi l'oblige à maintenir ses émissions à 20 µg/m3. Tout indique que l'épisode fut bref, mais la Ville de Québec entend tout de même resserrer sa surveillance.
Ce sont des fonctionnaires municipaux qui ont informé les conseils de quartier de Limoilou du dépassement, a appris au Soleil le chimiste Yvan Ouellet, qui siège dans celui de Maizerets à titre de citoyen. Les teneurs en mercure qui s'échappent de l'incinérateur sont mesurées deux fois l'an, trois jours au printemps et trois jours à l'automne. C'est en octobre que l'infraction a été constatée sur une des trois cheminées de l'incinérateur.
M. Ouellet admet de lui-même qu'il s'agit d'un incident isolé, le seul dépassement des normes sur le mercure enregistré depuis 2002. «C'est plutôt rassurant, ça montre qu'il n'y a pas de problème chronique de pollution au mercure», dit-il.
Mais il ajoute du même souffle que cet épisode montre les trous qu'il y a dans le suivi des émissions de mercure à la Ville de Québec. «Deux campagnes d'échantillonnage de trois jours, ce n'est pas suffisant pour bien représenter ce qui se passe à l'année. Il y a un principe qui dit qu'un incinérateur doit respecter les normes en tout temps, pas seulement en mai et en octobre», critique M. Ouellet.
On ignore en outre si le pic de mercure de l'automne a duré une seule journée ou s'est étendu sur une plus longue période. Pour le savoir, dit-il, il faudrait que la Ville se munisse d'un appareil capable de faire un suivi du mercure en continu - soit quelques fois par jour, 365 jours par année.
Et vérification faite à l'hôtel de ville, il semble que ce sera fait. «Quand on a eu vent de ça, les travaux publics se sont mis à la recherche d'un appareil de suivi en continu, dit la porte-parole Marjorie Potvin. (...) Ça existe en Europe, et on va essayer de s'en procurer un.»
Il semble que les pics de mercure surviennent dans plusieurs incinérateurs d'un peu partout dans le monde sans que l'on sache trop pourquoi.