Le ministère de l'Environnement estime qu'il y a suffisamment d'éléments pour demander au Directeur des poursuites criminelles et pénales s'il y a matière à poursuite contre Hydro-Québec concernant le déversement, en septembre 2014, de 100 000 litres de diesel aux Îles-de-la-Madeleine.

Hydro menacée de poursuite criminelle pour un déversement

Le ministère de l'Environnement considère qu'il y a suffisamment d'éléments pour demander au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de déterminer s'il y a matière à poursuite contre Hydro-Québec concernant le déversement, en septembre 2014, de 100 000 litres de diesel provenant de son oléoduc des Îles-de-la-Madeleine.
Ce sont les conclusions auxquelles en vient le rapport d'enquête du Ministère. «Chose certaine, je ne peux absolument pas présumer qu'il y a matière à poursuite criminelle, nuance le directeur régional du Ministère, Jules Boulanger. C'est au DPCP à le déterminer.»
Pour le maire des Îles, le dossier suit son cours. Jonathan Lapierre s'en remettra à la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales. «C'est pas à nous à présumer, croit-il. S'il y avait poursuite, les gens ne pourront pas dire que c'est un coup monté ou du favoritisme parce que c'est Hydro-Québec. Quand des gens polluent notre environnement, on doit s'attendre à ce qu'ils dépolluent et qu'ils assument leurs responsabilités.»
La fuite d'hydrocarbures provenait d'une défaillance dans l'oléoduc d'Hydro-Québec, qui s'étend sur trois kilomètres, dans la zone du port de Cap-aux-Meules. Celui-ci alimente en carburant la centrale thermique située à Lavernière, permettant ainsi aux quelque 12 000 Madelinots d'être approvisionnés en électricité. La quantité déversée, dont une partie s'est écoulée en mer, équivaut à 3 % du volume d'eau d'une piscine olympique.