Cette autre accumulation compliquera le travail des employés de la Ville et des entrepreneurs.

Grosse journée de tempête pour Québec... et une semaine pour tout déblayer [VIDÉO] [PHOTOS]

Après l’imposante tempête de mercredi, la neige donnera aux Québécois un répit... d’une journée. Un autre 10 à 15 centimètres est attendu Vendredi. La Ville de Québec croit qu’il faudra attendre au minimum jeudi prochain avant de pouvoir faire disparaître des rues et trottoirs les dernières traces de ces deux bordées consécutives.

«C’en était une bonne, lance au bout du fil, le conseiller Jérémie Ernould, responsable du déneigement à la Ville de Québec. En plus, le gros de la tempête est passé juste au moment idéal, dans la nuit avant le début de l’heure de pointe matinale», ajoute-t-il, sur un ton sarcastique. C’est en effet le pire moment puisque les camions de déneigement ne peuvent déblayer convenablement les rues à travers le trafic matinal.

Somme toute, la journée s’est bien déroulée, juge-t-il, malgré la fermeture de quelques routes. Une fois cela dit, le plus gros du travail reste à faire: déblayer et ramasser.

L’opération déneigement débute dans la nuit de mercredi à jeudi et se poursuit jeudi soir. Il faut faire vite et bien, surtout qu’une autre bordée se dirige sur la capitale vendredi.

«Il y aura un autre soubresaut de la nature», dit Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada. L’expert s’attend à une accumulation d’environ 1 cm de neige jeudi matin. Mais les flocons reviendront en force le lendemain avec une bordée de 10 à 15 cm de neige pour la région de Québec.

Un record hivernal? «C’est certain que dans les dernières semaines, incluant le mois de janvier, ça fait beaucoup de neige, dit Simon Legault. Mais on ne peut quand même pas se comparer avec l’année 2008 où on avait reçu vraiment beaucoup de neige.»

M. Legault a recensé au moins trois tempêtes de plus de 35 cm en 2008, ce qui n’a pas encore été le cas cette année.

Record ou pas, cette autre accumulation complique le travail des employés de la Ville et des entrepreneurs. «On va en faire le plus possible avant vendredi. On va peut-être ramasser de la neige dans certaines rues en fin de semaine, mais il faudra vivre avec la neige parce que la prochaine opération de déneigement se fera seulement dans la nuit de dimanche à lundi», explique le conseiller. 

Il s’attend que le ramassage se poursuivra jusqu’à jeudi. C’est dire l’ampleur de la tâche. Et les coûts qui y sont rattachés.

La tempête qui s’est abattue sur la région de Québec a perturbé, mercredi, le quotidien de centaines de milliers de citoyens qui ont dû affronter l’intense poudrerie.

Dure journée

La tempête qui s’est abattue sur la région de Québec a perturbé, mercredi, le quotidien de centaines de milliers de citoyens, qui ont dû affronter l’intense poudrerie sur les routes ou sont restés cloués à la maison. 

Au réveil, les nuages avaient laissé une couche d’une quinzaine de centimètres de flocons au sol. Les voitures étaient recouvertes, les entrées obstruées et la poudrerie tournoyait dans l’air, fouettée par les bourrasques. 

«On a reçu une bonne grosse bordée», dit Simon Legault, météorologue à Environnement Canada. «C’est la plus grosse de l’hiver jusqu’à maintenant».

Tôt en matinée, les parents ont pu confirmer ce qu’ils avaient anticipé la veille. Toutes les commissions scolaires ont annoncé la fermeture des écoles primaires, secondaires, services de garde et centres de formation professionnelle et d’éducation des adultes.

Les cégeps ont fait le même choix. Et même l’Université Laval, habituellement imperturbable face aux tempêtes, a fermé. 

La plupart des élèves se sont réjouis de pouvoir rester en pyjama et de passer une journée de congé à la maison en plein milieu de la semaine. Mais pour les parents, c’était un casse-tête. Prendre congé? Travailler de la maison? Demander aux grands-parents ou à des voisins de garder la marmaille?  

Rue et autos enneigées à Québec, mercredi matin

Le pire était à venir sur les routes. Par endroits, la poudrerie était si intense qu’elle empêchait les automobilistes de voir devant. 

À Québec, les accidents et les sorties de route ont forcé les autorités à fermer de nombreux tronçons d’autoroutes. Laurentienne, Félix-Leclerc, Dufferin-Montmorency et Henri-IV ont toutes été entravées, entraînant d’importants bouchons de circulation et de longs détours. 

Le pont d’île d’Orléans, où la visibilité était nulle, a été fermé lui aussi. Les automobilistes ne pouvaient traverser qu’à travers des convois escortés par la Sûreté du Québec. 

Au centre-ville, l’abrupte côte Salaberry a aussi été bloquée par la Ville, les camions de déneigement ayant eux-mêmes eu du mal à faire leur travail. La côte Gilmour a connu le même sort. Des portions de l’avenue Jean-Gauvin et de la route de l’Aéroport ont aussi été fermées.

Il va falloir déneiger les pelles avant de déneiger la cour!

Sur la Rive-Sud, l’autoroute 20 et la route 132 ont été fermées durant une bonne partie de la journée entre la route Lallemand, à Lévis, et Montmagny.

Les autres moyens de transport ont aussi été chamboulés par la tempête. Le traversier Québec-Lévis a été fermé jusqu’en milieu d’après-midi. Orléans Express a annulé ses déplacements en provenance et en direction de l’Est-du-Québec pour la journée. Des bus du Réseau de transport de la capitale ont été ralentis et des parcours ont été détournés. 

Fait rarissime, la Ville de Lévis a fermé ses bureaux administratifs, incluant les bibliothèques, les piscines intérieures de même que les locaux et gymnases municipaux. À Québec, la Ville a suspendu la collecte des matières résiduelles dans plusieurs secteurs.

À l’aéroport de Québec, les voyageurs qui comptaient se rendre dans une autre ville nord-américaine ont vu leurs vols retardés ou annulés. Des vacanciers qui s’envolaient vers le Mexique ou la Floride ont toutefois pu échapper au rude hiver québécois.

Des usagers du transport en commun attendent dans la tempête à Beauport.