Lors de la dernière campagne électorale, le député-ministre Pascal Bérubé s'était opposé à l'exploration et à l'exploitation des gaz et pétrole de schiste dans la Matapédia. Aujourd'hui, il soutient le projet annoncé par son gouvernement d'investir 115 millions $ dans l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti.

Gaz et pétrole de schiste: Pascal Bérubé pour et contre

Lors de la dernière campagne électorale de 2012, le député sortant de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, s'était farouchement opposé à l'exploration et à l'exploitation des gaz et pétrole de schiste à Saint-Léon-le-Grand, dans la Matapédia. Un an et demi plus tard, il se dit favorable à l'exploration pétrolière dans l'île d'Anticosti.
Le député et ministre délégué au Tourisme se défend bien de dire qu'il a changé d'opinion. «En 2012, la position que j'avais prise concernait un enjeu très local, soit précisément celui de Saint-Léon-le-Grand, argumente-t-il. La différence, c'est l'acceptabilité sociale. Les gens de Saint-Léon n'en voulaient pas, tandis qu'à Anticosti, le maire et la population sont favorables à l'exploration pétrolière.»
Selon l'hebdo L'Avant-Poste d'Amqui, le parlementaire avait déclaré : «On ne peut mettre en danger la santé publique et notre environnement par l'entremise de notre eau. Je suis intraitable sur ces questions. Une expérimentation de ces projets par fracturation est très risquée sur le plan environnemental et non rentable pour les Québécois.»
Pour démontrer sa solidarité à la population de Saint-Léon-le-Grand, il s'était engagé, en 2012, à assurer le suivi du dépôt d'une pétition contenant 725 noms d'opposants à l'exploration pétrolière.
Pascal Bérubé n'y voit aucune contrariété et réitère qu'il souscrit à l'engagement de son gouvernement concernant Anticosti, en rappelant que cette île est 17 fois plus grande que celle de Montréal et qu'une démarche serait mise en place pour évaluer les impacts environnementaux. Il souligne également qu'un mandat sera confié au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) s'il s'avérait que l'exploitation puisse être rentable. «Dans une région comme la nôtre, c'est une alternative pour créer de la richesse, soutient-il. Il n'y a pas un État qui a des ressources comme ça et qui ne les exploiterait pas.»
Sur le réseau Twitter, le navigateur Didier Épars a traité Pascal Bérubé et «sa garde rapprochée de menteurs». Le principal concerné a exigé des explications et des excuses.
Des voix s'élèvent contre l'exploration à Anticosti
De plus en plus de groupes s'élèvent contre l'exploration et l'exploitation gazières ainsi que pétrolières, dont le mouvement Tache d'huile. Il soutenait une manifestation tenue hier soir devant le conseil municipal de Gaspé et donne son appui à une autre qui est prévue cet après-midi devant le bureau du député de Bonaventure, Sylvain Roy.
«Il est étrange que le gouvernement ait lancé une commission sur les enjeux environnementaux et que, sans connaître les conclusions du rapport, il aille de l'avant en investissant 115 millions $ pour l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, s'indigne la porte-parole de l'organisme, Maude Prud'homme. On demande un BAPE avant que se fasse l'exploration parce que la fracturation hydraulique comporte des risques. L'industrie elle-même ne peut le garantir. C'est scandaleux d'investir des fonds publics alors qu'il n'y a pas eu de consultations.»