Les dégâts matériels de 413 résidences, dont une vingtaine de commerces, occasionnés par la crue de la rivière Sainte-Anne survenue en avril à Saint-Raymond se chiffrent à 3 millions $.

Front commun contre les inondations à Saint-Raymond

Alors que la valeur des dommages causés par la crue de la rivière Sainte-Anne survenue en avril à Saint-Raymond est maintenant partiellement connue, plus que jamais, citoyens, élus, représentants de ministères ou d'organisations locales et chercheurs se mobilisent en vue de prévenir une nouvelle catastrophe.
«Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de travaux dans la rivière actuellement qu'il ne se passe rien, bien au contraire!» a d'emblée réagi le maire de Saint-Raymond, Daniel Dion, invité par Le Soleil à faire le point sur le dossier des inondations qui ont touché la municipalité portneuvoise il y a près de quatre mois.
Pour la première fois, un groupe formé de résidents et de représentants de la Ville, le comité Rivière, a effectué du porte-à-porte dans le but de prendre le pouls des sinistrés et de dresser un bilan sommaire des pertes encourues et des réclamations acheminées aux assureurs et au ministère de la Sécurité publique.
Au total, 413 adresses ont été visitées, dont une vingtaine de commerces, et on a ainsi pu estimer les dégâts matériels à un peu plus de 3 millions $. Le chiffre en question comprend les dommages causés aux bâtiments et aux biens de même que le coût du nettoyage, mais exclut les pertes subies par la Ville.
«Ce qu'on a notamment constaté, c'est que seulement 104 foyers avaient réclamé. Plusieurs ont choisi de réparer eux-mêmes, d'autres ont jugé que le montant des réclamations n'était pas suffisamment élevé et il y en a qui se sont découragés devant la paperasse à remplir», commente le maire.
L'exercice a également permis de déceler une détresse encore vive chez certains sinistrés. Si les gens ont aimé que l'on «s'occupe d'eux», ils ont, pour quelques-uns, montré des signes évidents d'épuisement physique et psychologique et ont dit craindre un nouvel événement le printemps prochain.
En ce qui concerne les biens publics, on ignore toujours à combien se chiffrent les dégâts. «On ne sait pas encore parce que la réclamation n'est pas finalisée à ce moment-ci, mais ce sera assurément assez important», indique M. Dion, qui rappelle que le sous-sol de l'hôtel de ville, qui comptait neuf bureaux, a été complètement inondé.
Dépôt d'un rapport d'études
Tout sera relocalisé puisque l'administration municipale planche sur un projet d'agrandissement de la mairie destiné à loger 10 nouveaux bureaux en plus des archives de la Ville. Des plans sont présentement en préparation et la mise en chantier pourrait avoir lieu dès cet automne.
Les semaines à venir seront aussi marquées par le dépôt d'un rapport d'études. Un mandat de recherche a en effet été confié à un spécialiste du génie civil et du génie des eaux de l'Université Laval. Le diagnostic et les recommandations du professeur Brian Morse, qui a récemment sillonné la rivière, sont très attendus.
«On vise des mesures à court, à moyen et à long terme et on recherche en parallèle du financement», lance le premier magistrat de la Ville, qui ajoute que «le dossier des inondations, il faut garder cela en priorité» et qu'un comité d'experts réunissant «les gens les plus compétents qu'on a trouvés dans la province» avait été mis en place.
Le comité Rivière comme clé de voûte
Coordonné par l'organisme de bassin versant CAPSA, localisé à Saint-Raymond, le comité Rivière représente la clé de voûte de la municipalité dans la gestion du passé, du présent et du futur de la rivière Sainte-Anne.
À l'origine de l'opération porte-à-porte ayant permis de dresser un portrait de la situation après les inondations qui ont forcé l'évacuation de quelque 400 personnes en plus de causer des dommages à 250 résidences et commerces les 15 et 16 avril derniers, le comité Rivière travaille à une multitude d'initiatives depuis sa création, ce printemps. «Les citoyens sont engagés dans la démarche et ça facilite bien des choses, à la fois sur le plan de la concertation, mais aussi à l'égard des communications avec la population», justifie le responsable du comité à la CAPSA, Marc-André Demers, dont l'un des objectifs consiste à «développer des projets sur la vulnérabilité des gens face aux inondations».
La confection d'une liste de personnes susceptibles de vivre des difficultés importantes et de requérir une aide particulière en cas de sinistre figure ainsi au nombre des sujets que compte aborder le groupe composé d'élus, de fonctionnaires municipaux et de résidents. «À court terme, nous allons également préparer la réception de l'étude de M. Morse, étude qui nous fournira une matrice avec des scénarios et des recommandations. [...] Sur la table, il y a aussi un projet de documentaire qui deviendrait une trace historique», révèle M. Demers. Le comité Rivière est en outre parvenu à recueillir la signature de plus de 1100 personnes en déposant, à l'hôtel de ville et dans certains commerces, une pétition demandant aux députés des deux paliers de gouvernement de le soutenir dans ses démarches.