La SOPFEU vit son plus petit début de saison depuis sa création en 1994.

Feux de forêt: un début de saison beaucoup plus calme

La longue fonte du couvert blanc et les précipitations qui font rager les Québécois n'ont pas que des effets négatifs. La Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) vit son plus petit début de saison depuis sa création en 1994.
«Cette année avec toute la pluie, et aussi la fonte tardive des neiges, on a un printemps qui est beaucoup plus calme», indique l'agente à la prévention et à l'information, Émilie Bégin. «Depuis le début du printemps, on enregistre 28 incendies, mais seulement 10,5 hectares de brûlés. Donc ce sont vraiment de petits feux, ce sont de petites superficies. On n'a pas eu de feux qui ont pris de l'ampleur encore.»
À pareille date, la moyenne des 10 dernières années est de 116 incendies de forêt pour 117,5 hectares rasés. Le 9 mai 2001, le pire printemps des annales, la SOPFEU dénombrait déjà... 270 incendies qui avaient avalé quelque 513 hectares de verdure.
«Le printemps, ça peut être très variable», poursuit Mme Bégin. «C'est principalement des feux de cause humaine qu'on va retrouver. Et ça va vraiment jouer énormément avec les conditions météo. Quand il fait beau, que c'est sec en forêt, le combustible s'allume facilement. Puis quand il fait beau, on a aussi beaucoup de gens qui vont faire des activités en forêt ou à proximité. Tout ça va de pair.»
Les feux de cette année sont donc moins nombreux et moins voraces. Et puisqu'ils ont été observés près de municipalités, les pompiers des villes ont pu les éteindre facilement.
Les équipes de la SOPFEU n'ont donc pas eu à sortir encore; les avions-citernes ne sont intervenus sur aucun incendie. Les pilotes volent pour garder la main et former la relève, mais pas pour éteindre des flammes. 
Risque faible
«Le danger d'incendie, à l'heure actuelle, c'est bas sur tout le Québec.», ajoute Émilie Bégin. «Et c'est la prévision également pour toute la semaine. C'est sûr qu'on a reçu de bonnes quantités d'eau partout. Et dans la portion plus au nord de notre territoire, on est encore dans la neige! Donc, à ce moment-là, les risques sont assez faibles!»
En plus, les herbes et les arbres profitent de l'eau abondante, verdissent. Gorgés d'eau, ils repoussent les flammes. «Ça réduit aussi les risques d'incendie et ça réduit le potentiel d'intensité des feux.»
Bon an, mal an, le Québec est touché par un peu moins de 500 brasiers dans la nature. «C'est autour de 70 % des feux de forêt qui sont causés par l'être humain. [...] Il y en a une grande proportion qui survient au printemps et il y a une grande proportion qui est imputable aux gens qui font des activités de récréation en forêt - qu'on pense camping, excursion, chasse, pêche - qui vont laisser soit traîner des mégots de cigarette, qui vont mal éteindre les feux de camp, les laisser sans surveillance.»