Les deux navires échoués entre L'Anse-Pleureuse et Gros-Morne, en Haute-Gaspésie, risquent de demeurer dans leur fâcheuse position encore quelques jours avant d'être renfloués.
Les deux navires échoués entre L'Anse-Pleureuse et Gros-Morne, en Haute-Gaspésie, risquent de demeurer dans leur fâcheuse position encore quelques jours avant d'être renfloués.

Échouement en Haute-Gaspésie: aucun pétrole n'a été déversé

Johanne Fournier
Le Soleil
Tant le Service d'intervention maritime, Est du Canada (SIMEC) que le Groupe Océan confirment qu'aucun déversement d'hydrocarbures ne s'est produit lors de l'échouement de deux barges survenu dimanche soir à Saint-Maxime-du-Mont-Louis, dans le secteur entre L'Anse-Pleureuse et Gros-Morne.
Une équipe composée de cinq employés du Groupe Océan, qui est propriétaire des deux navires de dragage, est arrivée sur les lieux lundi après-midi, accompagnée d'un représentant du SIMEC. Deux officiers en évaluation environnementale de la Garde côtière canadienne ont quitté Québec le lendemain. 
Arrivés sur les lieux mardi, ils ont monté une cellule de commandement afin de dresser un portrait de la situation.
Les deux navires de dragage ont une capacité de 3000 litres de diesel. «SIMEC confirme qu'il n'y a pas eu de déversement», assure le directeur des affaires publiques du Groupe Océan, Philippe Fillion.
Pourtant, certains témoins ont rapporté avoir senti une forte odeur de pétrole et aperçu une nappe qui était noire comme de l'encre. «Je suis surpris que les gens disent qu'ils ont senti une odeur d'huile», dit le directeur du centre d'intervention de Québec du SIMEC, André Desjardins. «C'est peut-être dû au déversement d'un pétrolier, suppose M. Fillion. Nos barges ne transportaient pas de pétrole brut. Si c'était du diesel, ce ne serait pas de cette couleur-là.»
Les étapes à suivre
La priorité de l'équipe est actuellement de retirer les hydrocarbures des chalands. Mais les vagues encore très fortes de mardi empêchaient les manoeuvres. 
«Les conditions atmosphériques jouent contre nous, observe le porte-parole du Groupe Océan. On attend que la marée descende.»
L'étape suivante, pour le Groupe Océan, sera d'élaborer un plan de renflouement. «On veut savoir comment le propriétaire entend renflouer les bateaux», indique la porte-parole de la Garde côtière canadienne, Nathalie Legendre. «Ensuite, on va déterminer si ça rencontre nos critères.»
Pour le chasseur d'épaves Samuel Côté, cette histoire ressemble à celle de l'échouement de la barge Pointe-Lévy, survenu à Matane en décembre 1985. «Le remorqueur avait échappé la barge lors d'une tempête, relate-t-il. Cette dernière avait délesté une partie de sa cargaison de mazout dans le Saint-Laurent.»