Eau potable: entente souhaitée d'ici deux semaines

D’un conflit devant les tribunaux, le litige de la protection des sources d’eau potable entre le maire de Québec et ses homologues de la couronne nord pourrait maintenant se régler à l’amiable d’ici deux semaines.

«J’ai rencontré un homme affable, éclairé, intelligent et soucieux de protéger ses citoyens», lance d’entrée le maire de Stoneham, Claude Lebel, à l’endroit de Régis Labeaume. «Tout le monde a le même objectif et est de bonne foi. Le maire de Québec est en mode ouverture», perçoit le maire de Lac-Beauport, Michel Beaulieu.

Les deux maires ont fait cette déclaration à la sortie d’une réunion tenue jeudi, à laquelle participaient aussi les maires de Lac-Delage et de Sainte-Brigitte-de-Laval. 

Le but de la rencontre était de faire le point sur le récent jugement de la Cour supérieure, invalidant un règlement de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) qui visait à freiner la construction d’habitation dans les municipalités de la couronne nord pour protéger les prises d’eau potable de la Ville de Québec

Pour le moins qu’on puisse dire, c’est un changement de ton radical avec les administrations précédentes. Depuis l’élection de novembre, quatre nouveaux maires sont à tête des municipalités visées par le règlement contesté.

Selon le maire Lebel, élu il y a quatre mois, une entente est possible aussi tôt que dans deux semaines. «On va laisser nos urbanistes travailler. J’ai bon espoir.»

Écoresponsable

Autrefois conseiller de l’opposition, il s’est présenté à la mairie, disant ne plus vouloir de développement «en rasant des montagnes», prenant exemple de celui situé près de la station de ski. «Je n’en veux plus. Ce n’est pas des affaires dont je suis fier. On a du terrain, du territoire. On peut développer différemment», assure-t-il.

Et pour cela, pas besoin du règlement de contrôle adopté en 2016, qui empêche dorénavant à des centaines de propriétaires de se construire. «Le maire Labeaume a mentionné qu’il ne fallait pas créer de drame humain. Il y a des gens qui ont été dépossédés de leur valeur. Ça n’aura pas lieu», soutient-il, confiant.

«Je pense qu’il y a moyen d’améliorer le précédent règlement de 2010. Je pense aussi que nous n’avons pas laissé le temps de voir les effets de ce règlement (2010). Si on fait un autre diagnostic du Lac-Saint-Charles dans deux ans, les résultats seront peut-être positifs.»

Le maire de Lac-Beauport est ressorti tout aussi encouragé de sa rencontre. «Ça s’inscrit dans l’espoir d’une entente. Je pense sincèrement qu’on arrive quatre nouveaux maires très conscients du développement écoresponsable. On comprend les doléances de M. Labeaume de protéger ces prises d’eau. Mais il faut s’entendre sur les moyens. Tu ne peux pas être contre la vertu, mais pas à n’importe quel prix et nous bloquer totalement.» 

Mercredi, le maire Régis Labeaume avait dit vouloir donner une chance aux discussions. Il précisait aussi vouloir en appeler de la décision de la Cour supérieure pour préserver les droits de la CMQ devant les tribunaux si les pourparlers n’aboutissent pas. 

Dans sa décision, le juge Michel Beaupré remet en question la validité des principes scientifiques sur lesquels la Communauté métropolitaine de Québec a basé son analyse pour adopter son règlement de contrôle intérimaire contesté en Cour par les municipalités de Stoneham et de Lac-Beauport.

M. Labeaume trouvait aussi surprenant la décision du tribunal de rejeter le «principe de précaution» invoqué par la commission pour vouloir adopter rapidement ledit règlement.