Le metteur en scène Dominic Champagne est l'un des porte-parole du Pacte de transition.

Dominic Champagne, porte-parole du Pacte, a rencontré François Legault

Le premier ministre François Legault doit consacrer à sa nouvelle préoccupation environnementale une partie de son discours inaugural, le 27 novembre, qui marquera le début de la nouvelle Législature.

C'est ce qu'a affirmé vendredi le metteur en scène Dominic Champagne, un des porte-parole du Pacte de transition, au sortir d'un entretien de plus d'une heure qu'il avait sollicité auprès du premier ministre dans ses bureaux à Québec. La ministre de l'Environnement, MarieChantal Chassé, y a aussi pris part.

Le Pacte de transition est ce vaste mouvement lancé cette semaine qui demande au gouvernement et aux citoyens de s'engager à agir rapidement pour freiner les dérèglements climatiques. Les adhérents relaient ainsi l'appel du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui conclut qu'il reste deux ans aux États pour prendre des décisions fermes afin d'éviter un désastre irréversible.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a été souvent critiquée pour son absence de programme environnemental lors de la dernière campagne électorale. Récemment, M. Legault a été aussi critiqué pour avoir refusé de se rendre à la prochaine Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, en décembre, comme l'avaient pourtant fait d'autres premiers ministres du Québec avant lui.

Le Pacte de transition a déjà recueilli plus de 120 000 signatures de citoyens qui s'engagent à poser des gestes pour réduire leur empreinte écologique et l'objectif est d'atteindre au moins un million.

M. Champagne a laissé entendre qu'il ne s'attendait pas à ce que M. Legault signe le pacte, à titre de premier ministre. Par contre il a dit être «agréablement surpris», puisqu'il a senti une volonté du premier ministre de répondre aux demandes.

«J'ai eu un entretien privé pour essayer d'établir un lien de confiance», a-t-il expliqué en mêlée de presse après la rencontre.

Le premier ministre n'a pas pris d'engagement officiel parmi ceux qui étaient réclamés dans le pacte, dont adopter des lois forçant le respect de nos engagements internationaux en matière de réduction des gaz à effet de serre, lancer un chantier d'efficacité énergétique, etc.

Toutefois, M. Champagne ne s'en est pas formalisé et entend surveiller l'action du gouvernement, entre autres les sorties à venir du premier ministre.

«On se donne rendez-vous au discours d'ouverture de la rentrée parlementaire (le 27 novembre), c'est un discours déterminant qui va donner les orientations prioritaires de son gouvernement, on va le prendre au mot et l'Histoire le jugera. Moi, j'ai envie de souffler dans la voile du gouvernement, pas d'être campé dans la contestation pendant quatre ans.»

Une rencontre entre les scientifiques qui ont rédigé le pacte et ceux qui conseillent le gouvernement devrait avoir lieu bientôt, selon ce qu'a précisé M. Champagne.