La fuite d'hydrocarbures provenait de l'oléoduc de la société d'État qui approvisionne l'archipel en électricité.

Déversement de diesel aux Îles-de-la-Madeleine: Hydro-Québec accusé

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales dépose des accusations contre Hydro-Québec pour le déversement de 100 000 litres de diesel. L'incident est survenu du 10 au 12 septembre 2014 au port de Cap-aux-Meules aux Îles-de-la-Madeleine.
La fuite d'hydrocarbures provenait de l'oléoduc de la société d'État qui approvisionne l'archipel en électricité. «J'ai des motifs raisonnables de croire que le défendeur [Hydro-Québec] [...] a émis, déposé, dégagé, rejeté ou permis l'émission, le dépôt, le dégagement ou le rejet d'une matière dangereuse dans l'environnement ou dans un système d'égout», peut-on lire dans l'un des deux constats d'infraction rédigés par la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Maryse Blais. Dans le deuxième constat d'infraction, Hydro-Québec est accusée d'avoir omis, sans délai, d'aviser le ministre de l'Environnement à la suite du rejet accidentel d'une matière jugée dangereuse dans l'environnement. 
Les deux infractions renvoient au règlement sur les matières dangereuses et à la Loi sur la qualité de l'environnement. La société d'État est passible d'amendes minimales totalisant 42 500 $. Elle dispose de 30 jours pour répondre à l'accusation.
Au Directeur des poursuites criminelles et pénales, on est avares de commentaires. «On respecte le processus judiciaire», a fait savoir le porte-parole du procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Jean Pascal Boucher. «On ne peut pas en discuter dans les médias.»
Du côté d'Hydro-Québec, une porte-parole confirme que la société a reçu les deux constats d'infraction. Catherine Bujold souligne que la société a toujours offert sa collaboration. «On réserve nos commentaires tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas fini d'examiner l'ensemble du dossier», s'est toutefois empressée d'indiquer Catherine Bujold. Donc, pour l'instant, Hydro-Québec refuse de dire si elle plaidera coupable ou non.
Quatorze mois après le déversement, les travaux de récupération et de nettoyage ne sont toujours pas terminés. Quelque 66 000 litres de diesel ont été récupérés sur les 100 000 litres répandus. «Il n'y a plus de résurgences à la mer, précise Mme Bujold. Il y a encore de la décontamination des sols à faire et deux unités de bioaspiration traitent 1,5 million de litres d'eau par mois. Au havre de Cap-aux-Meules, il y a beaucoup d'infrastructures d'enfouies et des remblais. C'est pas simple.»